Voyage

Je t’emmène en automne – 1

J’ai reçu un texto, il m’a chuchoté on partirait ce we, ça serait presque le Canada et j’étais déjà perdue dans mes rêves. J’avais dit oui avant de savoir combien ça allait couter, cette histoire. C’est doux parfois, de ne pas regarder, mais surtout LeChat venait de faire deux nuits supplémentaires et nous avions un argent qui n’était pas censé compter. Alors s’il pouvait compter quelque part au Presque-Canada, ce n’est pas moi qui allait dire non – pas cette fois. Il m’a dit viens, je t’emmène en automne et vraiment, comment résister ?

Ben j’ai résisté.

C’était le matin du samedi, j’avais passé une mauvaise semaine, une mauvaise nuit, je sentais notre couple souffrir de nos relations avec les enfants et de ma maladie – maudite sensibilité qui me fait ressentir la moindre fausse vibration de sa part – et je me sentais mourir de voir LeChat comme distant – à prendre avec ma maudite sensibilité élevée, donc. Alors le matin du départ, s’il m’avait redemandé, j’aurais dit non. Pas capable, pas en état, besoin de mon oxygène, besoin de me rouler en boule dans un coin. Il ne m’a pas demandé, mais j’ai trainé pour me préparer ; je n’arrivais pas à faire les sacs, je n’arrivais à rien. Je ne sais toujours pas comment je me suis retrouvée dans la voiture avec mes cheveux trempés de la douche. J’étais dans le brouillard, comme la campagne environnante. J’étais tendue, fatiguée, sans patience, irritable. Il allait pleuvoir, il allait faire gris, il allait faire froid. C’était de l’évidence de grognon. Il a fait beau.

brouillard dans campagne

Très vite – enfin.. trente minutes de fatigue plus tard – les couleurs chatoyantes nous ont entourées avec les rayons du soleil. J’ai ouvert la vitre de la voiture, accusant la fraîcheur de l’air – et râlage à l’arrière du véhicule d’enfants aussi bien lunés que leur mère – j’ai mis de côté mes idées noires et je me suis concentrée sur ce que je sais faire. Photographier – il n’y a pas de retouches. Certaines sont peut-être parfois légèrement floues, vous pardonnerez je pense, la vitesse de notre coccinelle.

route automne arbres rouge jaune

route automne arbres jaune

route automne arbres rouge jaune orange

route automne arbres rouge jaune orange vert

route automne arbres rouge jaune vert

route arbres automne

route arbres automne jaune

route arbres automne feuilles jaunes

route arbres automne jaune orange

route automne auvergne maison

Les enfants ont demandé une pause pour discuter avec la vache. Si, vraiment. Alors on s’est garé le long du pré et on a appelé la vache. Elle a fait trois pas, et une seconde qui était plus bas et invisible pour nous, a suivi le mouvement. Et puis une troisième. Et puis elles étaient six soudain, à regarder des humains les regarder. C’était un peu un jeu absurde alors j’ai attrapé de l’herbe et la noire est venue plus proche, si curieuse, si douce. Je me suis prise d’une soudaine affection pour ces belles bêtes avides de contact et un peu inquiètes.

LeChat et Prince

champs automne

vache

vaches deux

vaches trois

vache et Ambre

vache regard

Nous avons repris la route, après une dizaine d’au revoir des enfants et sous le regard des vaches abandonnées.

Demain sera un autre voyage. Demain, parce que la fatigue et la douleur a raison de moi. Mais ne me plaignez pas, ce serait à refaire, je re-partirai de même à l’assaut des pierres et de la montagne. Demain, je vous emmène au lac Pavin.

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *