Le désarroi du papillon

papillon halluciné

La photo de ce papillon est catastrophique. Je sais photographier un paysage, mais un dessin, ça m’est complètement fermé. Les couleurs se sont visiblement pensées libres, et ça donne du grand n’importe quoi. Il me faudra m’habituer j’imagine, ou trouver comment régler mon appareil – que je ne maitrise pas le moins du monde, un jour je saurai à quoi servent tous ces boutons.

Je préfère, de bien loin, le hibou, mais il est plaisant malgré tout. Je l’aime bien et je ne m’attendais pas à me frotter à ses mots là – la fatigue toujours, la fatigue tient un discours décousu que je ne maitrise pas.

J’étais quelqu’un. Il y a encore une seconde j’étais quelqu’un.

Je flottais dans les vents et je regardais les océans, je filais dans les cieux sans bagages, libre de rides soucieuses. Les rêves me conduisaient, je ne distinguais ni le ciel ni la terre, ni le temps ni les sens. Les silences emplis de fierté me traversaient et j’étais tout à ma joie de la simple existence – comme la plume sur l’oiseau qui se détache et se balance, ivre de liberté. Je l’étais, ivre. La chaleur d’un regard me tenait, royal et délicat comme la rosée. Aurait-on pu voir une vie plus gracieuse, plus élégante, que ma naissance ? Il en aurait fallu de la folie, pour croire que cela ne durerai pas. Les routes me chatouillaient de joie, saluant mon passage coloré. Elles soulevaient mon désir par vague et la moindre caresse déclarait sa flamme à l’Univers.

Une virgule. J’étais une virgule dans l’humanité, celle que l’on devine tant elle brille et je relevais la tête sur l’Existence. Je me trouvais dans l’exact instant de l’illusion qui fait soulever des montagnes.

Et puis la folie des Hommes, tenace, qui amène la peur dans les cœurs – mais comment survivent-ils à tant de larmes ?

Je n’ai pu ouvrir les yeux. Je me tiens là, parfaitement immobile.

Saisi en plein vol.

Quand tu ouvriras ta main, je ne serai qu’un chagrin planté dans ta peau.
Un de plus.

 

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