Sous la pluie

Un jour

Je suis frappée par la fragilité des instants, ce temps qui bascule dans le déchirement. Je ne sais pas, j’ai peut-être porté la bassine, j’ai peut-être tiré le canapé, j’ai peut-être vécu ma journée, et peut-être qu’aujourd’hui c’était une journée à ne rien faire. Elle est là, dans l’interstice. Entre le fragment d’os de droite et le fragment d’os de gauche, un peu au-dessus et puis un peu en dessous. Elle l’encercle de l’intérieur. Elle prend ses aises. A s’installer aussi bien, elle s’étend. Elle suit une nervure et puis une autre. De l’épaule qui cherche à se déboiter, elle file sur les cervicales, le coude, la colonne vertébrale, ça n’a plus de sens et je m’enfuie à l’intérieur moi aussi à l’intérieur dans la folie. Dans ce temps impardonnable où je me vois me frapper la tête contre les murs et où je suis assise sur ma chaise, dans ce temps où s’effrite la douleur, fragment d’os après fragment d’os.
Et moi, je deviens folle de douleur.
Un jour j’en crèverai.

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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