Il suffit d'un mot

Replacer les ailes de l’enfance

coccinelle mur gris bleu
J’ai cherché dans mes photos, point d’ailes bleues de dragon
Mais ici, un reflet, quelques secondes,
J’ai du briller dans le soleil

 

Il m’a dit maman attention tu vas froisser tes ailes, et il était catastrophé. Avec le recul je me dis qu’il n’avait pas tort puisque la douleur m’a submergée et que peut-être, ce n’était pas mon épaule, c’était mes ailes : j’avais mal à mes ailes – allez savoir. J’étais appuyée contre le mur, sur son lit, et j’ai cru que je lui lisais une histoire alors que c’était lui qui m’en racontait une. Il a observé pour être sûr que je n’avais rien abimé, il m’a dit elles sont bleues, des ailes de dragon. Ca paraissait bien grand, bien bleu, bien dans mon dos. Pas de doute possible, je suivais son regard et il regardait mes ailes bleues de dragon. Alors mon fils de trois ans et demi et moi, avons parlé de dragons, de leur existence, de leurs ailes, et qu’il fallait se signaler pour ne pas se faire écraser parce que lui il est petit et qu’un dragon c’est énorme. Comme une planète. Et il me racontait, sérieusement yeux dans les yeux. Et je le sais qu’il dit vrai, je suis sous le charme de ses mots, de son regard – après tout il a une maman qui leur parle aux dragons alors il peut bien se permettre de les voir.

Je cherche à m’abandonner dans l’enfance, celle qu’il me faudra inventer puisque la mienne il vaut mieux ne pas la réveiller. Je veux retrouver cette ouverture – que j’ai froissée pour .. – et que seule l’enfance garde intacte. Le regard qui porte loin, si loin dans la transparence des mondes. La mienne est encore bien étroite, le Temps encore trop tendu de contraintes. J’ai oublié. Je cherche l’insouciance, celle que nous volons aux enfants en les pressant. Je ne veux plus me presser, je ne veux plus oublier, je veux me souvenir.
Je veux voir mes ailes bleues de dragon.

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