Il suffit d'un mot

Nanowrimo jour 5 – 2em partie – Raconte-moi ton sommeil

texture
Et je vous mets au défi de trouver ce que c’est, sur la photo 🙂

 
Et donc premier jet et blablabla.
Fabrice Guénier (encore lui, mais il m’a fait l’honneur de me parler, je peux bien le citer deux fois dans la même journée), a dit ceci :
Le premier jet, c’est ce qui est essentiel, c’est ce qu’il faut garder.
Alors je vais l’écouter lui, plutôt que ma voix là-bas.
 
 
Raconte-moi ton sommeil

«Je dors beaucoup. Trop. C’est ma fille qui le dit, que je dors trop, moi je trouve pas mais je comprends bien que ça lui pose un problème. Le matin elle me secoue et c’est dur de se lever voyez, c’est que j’aime ça dormir. Et dès fois je me lève même pas, ça demande trop, je sais pas ouvrir les yeux. Elle dit que y’a un truc dans ma tête que je dois sortir mais je sais pas ce que c’est. Elle dit qu’aux psy, on leur parle et qu’après ça va. Alors je viens vous voir. Moi si on vous parle bas et que vous entendez tout le vacarme que y’a dans la tête, ça me va. Parce que moi je sais pas bien parler. C’est difficile. On dit quelque chose et les gens ils entendent autre chose, ou alors ils entendent pas et moi après je comprends rien. Je préfère dormir. Là y’a personne qui me fait dire ce que j’ai pas dit ou ce que je sais pas. Mais c’est pas attendu de dormir, ça va pas aux gens. On vous veut là-bas au boulot et puis à revenir avec des sous. Ma fille, elle fait des ménages chez les gens bien comme il faut, et elle pleure quand elle me trouve à dormir quand elle rentre. J’aime pas qu’elle pleure alors j’suis là. Mais j’aime pas être réveillé alors c’est compliqué. De faire les deux je veux dire. Dormir et se réveiller. Je veux pas choisir. Et puis y’a mes rêves, je les aime voyez. C’est pas que je préfère mes rêves à ma fille hein, j’essaye vraiment de me réveiller. Mais ils m’appellent et je veux juste la voir, dans mes rêves elle est là. Et on danse, je fais les voyages avec elle qu’on n’a pas fait ou des fois juste ben on se regarde. Je dors et je veux pas la laisser. Je veux bien me réveiller pour ma fille mais après je veux retourner dormir. Bon dès fois c’est ma femme qui me réveille, avec le bruit de ses talons. Mais je me rendors et je rêve.
— Il y a quoi dans vos rêves ?
— Y’a des fenêtres. Des fenêtres et des portes qui s’ouvrent. Le vent qui me balaye la pluie sur le sol. Y’a une table ronde elle est pas bien grande, et une boite à musique, vous savez ce truc qu’on remonte avec une clé. La clé elle est à côté et si j’y touche pas il y a cette musique qui joue sur la table. Aussi y’a des feuilles qui tournent depuis dehors, par les fenêtres. Elles rentrent avec le vent et la pluie mais elles tombent comme de la neige et je vois son visage à travers, je vois ses mains et on danse sur la musique. Et puis on part avec les feuilles et on voyage, je respire mais comme dans un autre sens, je vis vraiment voyez… Et puis des fois je prends la clé je tourne et je vois les souvenirs dans la boite et y’a ce bruit que fait la boite on dirait un rire, il y a ce rire de la boite et puis y’a les talons de ma femme et ça se mélange les bruits. Quand la boite rit trop fort et que les talons essayent de couvrir le bruit, je me réveille parce que ma femme est là à côté et puis parce que ma fille me secoue. Mais ma femme s’en va alors je me rendors et ça énerve ma fille alors je suis venu vous voir.
— Ce sont toujours les mêmes rêves ?
— Un peu, ça se ressemble beaucoup. C’est rassurant, que ça se ressemble. Je me perds pas comme ça.
— Vous n’aimez pas vous réveiller.
— C’est déchiré dehors voyez, y’a un trou. Un grand. Alors je dors.
— Vous cherchez quoi en dormant ?
— Ben vous écoutez pas ? Je rejoins ma femme.»

6 Comments:

  1. J’aime vraiment beaucoup, mais alors beaucoup trop beaucoup, comme dirait mon fils. Honnêtement, ça me plaît davantage que les deux extraits du Nanowrimo que tu as publiés, mais il faut dire aussi que pour ces derniers, ce n’est pas le genre que je préfère en littérature. En tout cas, ce n’est pas celui auquel je suis habituée puisque je n’en ai plus lu depuis l’adolescence.
    J’en profite pour te remercier. Oui parce que cet après-midi, j’ai vu que Fabrice Guénier avait cliqué sur « like » pour ma page Facebook de blog et je ne comprenais pas trop comment il avait pu arriver dessus. Je crois que c’était grâce à toi.
    Continue d’écrire, mais garde des forces malgré tout, je veux dire : prends soin de toi aussi.

    1. Merci de tes mots, je suis bien contente que quelque chose plaise, au milieu de cette course (moi je vois plus ce que j’écris, c’est fini, j’écris et puis je suis trop fatiguée pour le recul) ^^ Pour la fantasy, je crois que ce n’est pas mon style. C’est ce que je lis, mais pas ce que j’écris. J’aurais aussi appris ça, avec le nanowrimo ^^
      Si je reprends des forces j’essayerai d’écrire ce soir pour prendre de l’avance et pas me mettre dans ces états de fatigue tous les jours ^^ Sinon repos oui 🙂
      Oh, il est venu chez toi aussi ? 🙂 Je crois qu’il a besoin de parler. Beaucoup.

  2. J’aime le texte, j’aime particulièrement son ton juste, feutré, équilibré. Il est meilleur que ce j’avais lu sur le dragon, même si j’aimais l’humour du dragon, j’avais ce problème de « ton » qui était hésitant. Ici, ce n’est pas le cas. Est-ce le deuxième roman que tu écris ? Celui que tu décris plus sombre ?

    Et pour l’image, c’est… hum… la peau d’un fruit ?

    1. Dragon : premier jour, premier texte. Ça se ressent. Ça, et le fait que ce n’est pas finalement, ce que je suis capable d’écrire. La SF, la fantasy, tout ça.. non. Je réalise que je suis beaucoup trop ancrée dans le réel pour ça.
      Et les textes depuis trois jours, je les arrache, je vais plus loin. Je me trouve, je suppose. Ca ne veut pas dire que je vais aimer tout ce que j’écris (là je suis même incapable de dire si c’est bon, mauvais, ou autre, j’écris, j’arrache et je vais dormir :p

      Bravo pour l’image ! Oui c’est la peau d’un fruit. Du quel ?

Leave a Reply:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *