Décousue, les bouts le tout le nœud

Décousue, les bouts le tout le nœud

Je s’échappe.

resultat deco mur my lovely things
Il y a comme un truc qui manque, un déséquilibre, non ?

Je crois ne plus savoir me dire, ne plus savoir me retrouver. Je suis dans cet après qui m’a volé les mots, dans cet après où le corps tente de respirer alors qu’il n’est plus réglé pour le faire. Je suis le nœud – Je voulais écrire, je suis sur le nœud. Je le laisse ainsi. Va pour le nœud si j’en suis un. – je suis le nœud donc qui m’empêche de me réjouir du mariage de ma belle-sœur – je n’y vois que l’insupportable journée où où il y aura trop de monde, où tout sera normé, où je vais étouffer et où le brouillard m’envahira parce que le bruit insupportable va m’isoler. Je suis l’affreuse personne qui ne se réjouit pas. Je suis dans la tristesse d’être cette personne là, en colère, si en colère. Peut-être que j’attendais des excuses pour son comportement, je n’ai plus de paix. Je hais le noël qui approche, plus encore que tous les autres que j’ai pu détester. Je n’en peux plus que le spectre de ma mère se retrouve dans tous les éléments de ma vie et me la gâche, je veux qu’elle me rende mon noël, ceux dont je n’ai pas le souvenir et qui forcément, n’ont pas tous pu être si glauques.

J’ai plongé la tête sous l’eau. Je me suis allongée dans la baignoire et la tête sous l’eau calmait les démangeaisons qui sont revenues sous le stress, l’impact, la colère. Et la pensée m’a traversé que j’étais dans le ventre de ma mère. Les bruits me parvenaient, éloignés, fous, inconnus. Le calme à l’intérieur, la tempête à l’extérieur. Je disais tout à l’heure cette pression qu’elle me mettait pour que je sois la première. A l’école, au conservatoire, au violon – ce qui n’est même pas une manière de parler.. elle me voulait premier violon dans un orchestre – dans la vie, le métier prestigieux et la fille présentable. Je n’ai jamais rien pu atteindre de ce qu’elle me fixait, je mourrais les projets. A six ans déjà je les tuais, j’effaçais mes devoirs de mon cahier de texte, je refusais de travailler, je ne voulais pas réussir. Je ne cherchais pas à lui plaire. Pourquoi ? Pourquoi je n’ai pas cherché à être première en tout ? Pourquoi réussir m’a paru plus dangereux que rater, quand mes résultats si mauvais me valaient des coups ?

Je sens que je tiens le nœud. Je n’ai pas de réponse mais je n’ose pas lâcher.
Comment la réussite a pu me terroriser plus que ma mère. Ça, ça tient du prodige.
Je résous ça, j’écris.
L’équation est simple pourtant la réponse m’échappe.

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3 Comments:

  1. Blanche

    Vu les circonstance on en a pas reparlé. Mais ça je voudrais qu’on en rediscute. Tendresse

  2. C’est peut-être une bêtise, mais c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit en vous lisant : est-ce que ce ne serait pas pour éviter un amour maternel acheté à coups de bonnes notes et de conduite d’enfant modèle (et du coup, moins de l’amour, inconditionnel, que de l’admiration, occasionnelle) ? Comme l’affirmation enfantine d’un désir de vérité, de sentiments sincères ?
    (Sinon, je pense bêtement que l’impression de déséquilibre vient de ce que le dessin de droite est le seul à n’être pas encadré de noir. Mais c’est bien aussi, l’asymétrie, non ? On a l’impression que l’arbre va continuer à grandir, comme ça.)

    1. Cela me parle beaucoup.. Merci. Je vais le travailler également en ce sens, je pense que c’est juste.

      Sans doute pour la couleur noire qui n’est pas, il m’a été impossible d’y mettre un cadre noir, ce rouge d’origine me semblait suffisant. J’aime l’asymétrie en effet 🙂 Quelque part, il est certainement bien ainsi.

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