feuilles et ombres zébréesJe m’absente.
J’ai l’inquiétude qui ne se tait pas.
Je suis tendue, stressée, inquiète c’est difficile de continuer, de forcer les choses pour être en accord avec les mots que j’ai prononcés pour mon fils. C’est compliqué, de continuer. Est-ce qu’écrire a du sens ? Un mot posé un autre à la suite l’accord qui se brise le sens qui s’échappe la tristesse qui envahit et toujours rien d’écrit sinon deux mots sans sens. Écrire ne se ressemble plus, l’acte s’est envolé. Les ombres, sans doute, des rapaces qui tournent.
Alors je me suis épuisée. Dans la maison je suis devenue une tornade, j’ai lavé, séché, plié, aspiré, listé, écolé, cuisiné et j’ai perdu le sens de la mesure, j’en ai fait trop. Même le repas, j’avais fait bien trop, nous aurons du riz pour encore deux repas. J’ai tant bougé que je me suis assise. Je suis retournée à cette inertie incroyable qui m’avait quitté hier et qui m’est revenue aujourd’hui avec bien trop – toujours ce trop – d’acuité. Je n’arrive pas à écrire, je ne passe à rien, je suis lasse de cette répression qui nous tombe dessus, de la liberté d’exister, de ce pas imposé à notre respiration : oui je veux pouvoir respirer sans qu’on m’en donne le rythme.
Je suis effarée par la tournure des événements.
J’ai froid. Ce que je vois, ce que je lis me donne froid. Je ne me reconnais en rien dans ce qu’il se passe, je ne suis pas représentée, le monde est flou – fou – et j’ai si froid à l’humanité.
Si froid.

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