Il suffit d'un mot

La synesthésie : musique, couleur, douleur

surexposition feuilles arbre

Il m’arrive de me perdre dans des musiques. Je flotte. Quand j’ai mal, la chance que j’y plonge est plus conséquente et je mets la musique vraiment fort, souvent avec le casque pour ne pas déranger autour de moi – et ne pas avoir trop de regards désapprobateurs de LeChat qui s’inquiète pour mes oreilles. La douleur a une tonalité et une teinte particulière, elle est rouge, elle vibre, elle cogne, elle est épine. Avec la musique, je l’accompagne. En rythme, je lui fais prendre le tempo de la musique sa teinte change, elle est toujours rouge mais lumineuse et elle est sur la même tonalité. Les filaments de lumière qui se créent sur la musique se mêlent à la couleur que j’émets, dansent, vivent. Il y a les couleurs, la lumière, la douleur, moi et je m’oublie, j’existe sur un autre rythme. Je me fonds en elle.

La synesthésie m’aide. M’accompagne. N’empêche pas la douleur. Elle me permet simplement de plonger en moi, ne pas me perdre dans la souffrance.
Rares sont les personnes qui savent la douleur en permanence. Trente-huit années, c’est une longue solitude.
Alors, la musique. Les lumières et les couleurs parce que je suis synesthète, la couleur de la douleur ainsi que la mienne parce que je fais de la méditation et que c’est encore là que je le vois mieux. Petit, Prince me disait où j’avais mal, il me disait tu es rouge là, là et là. Il semble avoir perdu cette capacité ou alors il ne m’en parle plus. Hibou me dit souvent, tu es brillante maman, il voit d’autres choses, différemment, et il le gardera, ou non.

Avec la musique, j’ai ce rapport particulier qui me rend le sourire, me fait supporter les peines et les aléas. D’une certaine manière, et bien que je sois très casanière et que la foule m’angoisse, les boites de nuits me manquent. J’aime danser, me perdre dans les mouvements, n’exister que dans les gestes, fermer les yeux et ne plus être là. Oui, danser me manque, la sensibilité du corps qui se fond dans la musique me manque. J’en ai un besoin viscéral. Je suis coincée dans un corps qui ne supporte pas de bouger, c’en est insupportable si vous saviez. Alors parfois, je mets la musique très fort et je danse dans le salon. Cela fait hurler de joie les enfants, je danse le temps d’une chanson à m’en épuiser et après.. après j’ai mal et je souris. Parfois, j’abandonne l’idée de rester sage. Ce n’est pas possible de vivre et de rester sage tout le temps.

J’écoute cette musique en boucle, la main qui hurle avec la colonne vertébrale, le rouge qui se mélange à toute cette lumière. Cela me fait me sentir moins seule.
On ne devrait jamais rester seul face à la douleur.

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