Comme de la neige en novembre

neige novembreHypnotique.
Après la vague de douceur et presque chaleur inattendue et complètement décalée, est survenue la neige. Elle tombait comme des gouttes de pluie : avec une force et un désir de présence qui bouleversait le paysage. Pendant dix minutes elle a fait savoir qu’elle était là et avec la même soudaineté d’apparition elle est repartie. Le temps de s’habiller, il n’y avait plus rien dehors. Comme si nous l’avions rêvée, cette neige. Prince en a pleuré, il voulait la filmer et ce fut un drame terrible – c’est un enfant qui filme, qui met en scène, qui s’éclaterait s’il avait une caméra mais qui a un petit appareil photo pas terrible. Dans une ambiance un petit peu stressée, nous sommes partis à la médiathèque – celle qui ferme à seize heures un samedi parce que c’est tellement mieux les horaires serrés. Prince n’a plus quitté son livre. Dans la bibliothèque assis sur le sol puis les marches, sur la route en marchant, dans la voiture, jusqu’à la maison puis sur le canapé où il avait gardé sa grosse veste et son écharpe. Il est atteint du virus familial, il n’y a aucun souci à se faire de ce côté là. Pendant ce temps, assis à une petite table pour enfant, un père se fâchait sur chaque mot de son fils qui tentait de lire à haute voix et qui se faisait reprendre sur chaque syllabe. L’agacement, c’est ce que je retiens. Et la tension. Mais pourquoi tu inventes des lettres qui n’y sont pas ? ce fut difficile de ne pas intervenir, tant j’étais touchée. Je crois que ça m’a rappelé les leçons avec ma mère, je crois que j’aurais aimé parler de ces lettres qui se glissent là où elles doivent et que c’est comme l’imagination, elles finissent par trouver leur place à tous les niveaux du monde. Mais moi ce matin la douleur m’a tendue et je n’étais pas mieux avec mes enfants. Il y a des jours difficiles pour tous les parents. Ça m’a rappelé à moi de respirer avant de parler.
La douleur est devenue ce matin plus forte et si à la maison l’oxygène m’a permis de garder les yeux ouverts, à la médiathèque je ne l’avais pas. J’ai perdu soudainement l’équilibre sur une étagère, ma jambe ayant flanché – j’avais monté trop d’escaliers. Nous avons ri avec la bibliothécaire parce que le rire sauve de tout, et je me suis fait mal un peu plus loin, la jambe ne voulait vraiment plus se poser et je me suis demandé si je repartirai de là sur mes pieds. Les chaises, ça sauve autant que les rires et j’ai profité des deux. La main droite refuse que je m’en serve dès qu’il est question de tenir ou serrer, la douleur a gagné, mais comme celle de la colonne vertébrale s’est tue la journée ne s’est pas perdue dans la déprime. LeChat a une tête épuisée, celle des jours sans sommeil alors qu’il a fait une sieste. Je m’inquiète de le voir ainsi, fatigué comme s’il portait le poids du monde. Comme s’il nous portait nous, un peu trop. C’est sans doute le cas.
Et puis j’ai écrit ces jours-ci, du bout des doigts, du bout du passé que je ne tiens plus à distance et qui se pose. Avec Balthazar.
C’est difficile. Ça se fait.
Je voudrais avoir terminé.

La neige depuis ma fenêtre, ce matin

 
 
 

Dame Ambre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement.

(Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

D'autres mots d'hier et d'avant avant-hier

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