Un sapin de branches ramassées

campanule d'hiver

 
Le réveil dans les cris bien trop matinaux parce qu’un coussin mal mis et que la fin du monde était en marche. Et pourtant la journée s’arrondit, prend des formes douces sous le soleil lumineux de décembre. Tout n’est que le sens qu’on lui donne, Tout passe à autre chose. J’ai peu dormi mais je me sens mieux, peut-être parce que je l’ai écrit, peut-être parce que la crise de l’après-midi ayant duré des heures le soir il n’avait plus rien à sortir et que tout a coulé tranquillement, peut-être est-ce juste nous qui n’avions plus de résistance et lui plus rien sur quoi s’appuyer, mais à 22h nous avions bien nos deux enfants dans leur chambre – c’est tard mais c’est bien. C’est un magnifique enfant qui ne gère pas ses émotions et nous finirons bien par frapper à la bonne porte pour avoir de l’aide.

Je me sens comme dans une bulle. J’ai fait mes gâteaux et je ne sais pas pourquoi aujourd’hui on dirait des sablés bretons on les mange et on ne peut plus s’arrêter. Il y a l’odeur dans toute la maison et quand nous sommes revenus de notre excursion, l’odeur du résineux s’est mêlée à celle des sablés et c’était presque noël mais sans encore les décorations. Vous avez noté comme l’humeur d’une maison peut se lire dans son odeur ? J’ai le sentiment que tout continuera de bien aller tant qu’il y aura des odeurs de pain tout chaud ou de gâteaux – l’allégresse voyez. Ces saveurs écrivent notre bien-être et mon dieu après oui, tout va comme il se doit. Ou peut-être plus simplement, je prends. Tout. Les odeurs, les soupirs, les caresses, les douceurs, les promenades, je prends tout je puise et je ressors de là avec tout le bien-être nécessaire, je est toujours cet autre qui fait un pas de côté et le monde l’a oublié.

Nous avons marché dans la forêt, nous cherchions les branches qui seraient à l’origine de notre sapin. Et pendant que les enfants jouaient et sautaient au milieu du chemin en pente, pendant que le soleil descendait doucement, pendant que LeChat cherchait les branches et pendant que tout ce petit monde descendait à la rivière en contre-bas, je prenais des photos – évidemment. Je suis entrée dans ce monde étonnant fait d’arbres et de branches qui griffent, Hibou nous a crié j’ai trouvé une feuille morte et c’était celle là et pas toutes les autres autour –c’est ainsi qu’on aime n’est-ce pas? J’ai découvert les dernières campanules, sublimes et pétillantes, j’ai fait des photos dont je suis fière et qui m’ont emplies d’une joie profonde – sous mes doigts la beauté et dans mon regard la sérénité de l’instant. Il m’a semblé que l’hiver était la plus belle période à prendre en photo, mais sans doute n’était-ce là que l’effet de l’instant présent car il me semble bien que je me dis ça tout le temps, quel que soit le mois.

Un jour je serai ermite dans les bois.

Alors nous sommes donc rentrés manger des biscuits et boire du thé, les enfants plongés dans leur bain et LeChat a taillé nos belles branches pour qu’elles rentrent dans les trous de la buche de bois. Nous avons tourné le canapé dans l’autre sens et j’ai cette certitude intime qu’ainsi il est plus accueillant, même si finalement, il n’y a presque jamais personne pour entrer chez nous, ou alors tous les deux ou trois mois peut-être, enfin parfois quand les étoiles sont bien positionnées dans ce ciel sauvage. Demain, nous disposerons les guirlandes et les boules, et j’attends avec impatience que LeChat nous crée les jolis cubes en origami. Au pied du sapin, avec des lumières entre les branches, et à ses pieds ses petites loupiotes enfermées donneront à penser que des petits cadeaux sont dispersés, déjà, comme un appel à bien davantage.

J’ai hâte. De notre noël à nous. Pas de ce qui va suivre ensuite, mais le notre déjà. De la joie des enfants. J’ai hâte je crois, parce que mon cadeau de noël je l’ai déjà reçu, parce que je n’aurai pas dans notre maison, le stress de l’inconnu, que le bruit sera le seul notre. Tant que nous ne serons pas dans la voiture, je pourrai croire que nous ne partirons pas, que nous n’irons pas, que nous vivrons notre vie comme nous l’entendons. Jusqu’au 24, je suis libre. Ce qui me fait de la peine, c’est de voir que LeChat ressent la même chose que moi, ni lui ni moi n’avons envie de quitter notre nid. Nous nous le sommes promis, les anniversaires et les noëls futurs, c’est chez nous, entre nous, juste nous. Le reste du monde familial devra s’en accommoder.
 


 

sapin nu branches


 
 
 

Dame Ambre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement.

(Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

D'autres mots d'hier et d'avant avant-hier