nuages sombres ligne bleue arbre souffle


A l’intérieur c’est très serré. De temps en temps ça coule et ça se desserre, un peu, quelques espaces apparaissent. La couture est encore ce qui me laisse le plus de soulagement, je trace les arrondis, je me découpe avec – ça compartimente -, l’aiguille passe à travers le tissu, passe à travers moi, je ne pense plus je ne fais que récupérer l’aiguille passage après passage, entre mes doigts. Je couds et j’éloigne les ombres. Parfois je tremble, toutes les fondations chavirent. Un autre coup d’aiguille.

J’apprends à respirer sur la lenteur de l’aiguille.
Je cherche mon souffle, ma respiration, mon existence. Mon silence.

Je pleure entre, quand je pose l’ouvrage, doucement. Ça coule, c’est simple, c’est rien. C’est juste là. Je ne songe à rien de particulier, je suis simplement fatiguée. Et tendue. Je sens ce lien prêt à se rompre de temps en temps et puis je m’apaise et cela revient un peu plus éloigné ou un peu plus proche.

Je n’ai plus l’envie de jouer à parler répondre. Je n’ai plus l’envie de beaucoup de chose, je m’éloigne, je fatigue de l’agitation. Oh la toute première est bien chez moi mais je ne peux l’apaiser d’une baguette magique alors je tais les autres. Pour continuer à être au moins chez moi. C’est compliqué, les autres. Je l’ai entendue tomber je me suis glacée et je songeais que le téléphone était la pire invention du siècle dernier quand il nous laisse comme ça, longtemps, sans nouvelle. La distance est un concept qui ne devrait pas exister.

LeChat me soigne. Il m’a repris du gingembre, j’en ai pour toute une vie. Le fromage à raclette m’a fait fondre, et puis le fromage au cumin dans les crêpes c’est juste la perfection culinaire et je me rattrape avec toutes ces douceurs là. Nous avons découvert par hasard la despe citron-menthe – Desperados Verde -, et nous sommes devenus accro, quelque part entre la crêpe au cumin et la despé il y a un espace silencieux qui se savoure. Je m’y abandonnerais volontiers. La tête sur les bras, les larmes dans le vertige.

J’ai envie de rencontrer des personnes talentueuses, avec cette résonance, cette même tonalité que la mienne. Je ne pense pas une seconde leur apporter quoi que ce soit – et puis je ne veux pas parler, juste… je voudrais regarder. Beaucoup de ce que je ressens en moi se retrouve sur des sites anglophones et je me perds dans des mots inconnus. J’apprends, doucement. Je lis. Je ne comprends pas mais je lis. Parfois je garde mon incompréhension, les mots restent dans leur mystère et j’aime cet aspect de ma lecture. Je ne veux pas toujours savoir. Je n’imprègne juste de la sonorité, je savoure les photos. Je ne fais que passer.
Parfois je cherche la signification de ce que je lis et après je me dis, bien sûr parce que j’en sais juste ce qu’il faut pour comprendre le sens. Je suis dans toute cette lenteur de la langue, dans la contemplation. Je m’apprivoise, je ne force rien, j’apprendrai sans doute à lire dans une dizaine d’année – parce qu’un seul blog à le fois ça reste un seul blog ça reste pas grand chose. J’aime son univers, j’ai l’envie débordante de la lire et il faut bien commencer quelque part pour apprendre une langue – et je n’ai jamais été douée avec les débuts alors j’ai pensé que faire comme si je savais déjà c’était la seule chose à faire.

Et je reste sur cette phrase.
Suspendue.
What makes you breath?

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