Il suffit d'un mot

Quelques instants en suspens

arbre secoué feuilles volent
Oui, un petit peu colorée 😉

 

Le chocolat fondait en douceur sur le feu, j’avais les mains fatiguées et je ne sais pas. Pas exactement. Je n’ai pas bien regardé ce que je faisais, je n’avais pas les yeux dessus, le vieux bocal à conserves est tombé et s’est brisé, je me suis pris des éclats sur les bras – ils m’ont heurté, piquants et légers. Il n’y avait plus qu’à ramasser. Sur le sol, sur l’évier, dans l’eau chaude, au milieu des bocaux et de la vaisselle.
Tout se brise,ça me dit tout le danger du monde, le déséquilibre, la vie qui bascule. La vie qui tremble, un peu, lorsqu’on ne regarde pas. Peut-être qu’il ne faut pas, regarder, peut-être que la chute tremblante et les éclats qui nous touchent, c’est cela, la vie qui bascule.

Hibou écrit son prénom sous la direction de LeChat, et sur le A de son prénom, aux intersections de la barre il a fait des petits ronds, pour que ça tienne bien. Et puis finalement il en a mis à toutes les lettres, il ne faudrait pas qu’elles s’échappent. Je n’ai pu m’empêcher d’imaginer les lettres s’envoler parce qu’elles ne tenaient pas bien entre elles.

J’ai reçu un courrier de la Sorbonne, avec un joli en-tête sur l’enveloppe, un courrier qui doit faire vibrer la terre entière ou au moins les étudiants, et dans l’enveloppe une carte. Il était écrit merci… Juste merci et des petits points qui ne disaient par leurs noms, juste l’incertitude des points et puis un petit sourire juste à côté. J’ai une petite idée de la personne mais pas de réponse encore et j’ai beaucoup souri de ce cachet. J’étais presque importante soudain, après ma révélation à moi-même. La synchronicité de l’instant, j’ai pensé eux aussi ils savent, car enfin, il faut bien que d’autres soient au courant, que je ne suis pas bête. Il arrive après un rêve où mon inconscient m’a bien expliqué que je devais me nourrir et avec du solide. Alors je souris beaucoup de ce courrier.
Je reste dans le flou et je crois que j’aime beaucoup ne pas savoir. C’est comme une confirmation, c’est comme un chemin devant moi.

Il y a une personne inconnue qui m’envoie de la lumière. Ce n’est jamais perdu de la lumière, je vais briller encore plus c’est sûr. Est-ce que Hibou me reconnaitra, si je brille plus ? Est-ce que je peux briller indéfiniment et l’offrir à tous ?

Je n’ai pas reçu mon petit colis, le site ne répond pas – mais ils ont effacé mon commentaire signalant le problème… Je dérange ? Ça va sinon pour Noël, pas trop de souci ? – j’ai perdu un cadeau et cela me rend encore plus triste que l’argent associé. J’ai perdu un cadeau et la maison d’édition ne me reverra plus, je la bannis définitivement de mes achats à venir, j’en retiens trop de tristesse, trop de perte. Et je crois que je leur ai renvoyé beaucoup de tristesse, c’est terriblement dommage.

Dans la maison une odeur inégalable de je-ne-peux-prononcer-le-nom. C’est mon second parce que je trouvais le premier un peu trop quelque-chose. Je dois coder sur mon blog et éviter les photos, c’est un comble non ?

Je suis épuisée, cela fait quatre jours que je suis en cuisine pour un résultat tout petit et personne ne saura le temps et l’énergie que cela m’a demandé. Je crois que si cette année encore personne ne me dit rien, que je n’ai pas de retour, c’est la dernière fois que je prépare quelque chose pour Noël pour eux et ça ne sera pas important, pas tant, juste triste un peu.

J’étais si fatiguée, j’ai oublié de retirer la pâte à sel du four qui séchait, en sécurité. J’ai pré-chauffé le four et elle a commencé à cuire, 180°C. Depuis, elle semble un peu faire la tête, je suis bien ennuyée pour les créations.
Et puis parce que je n’écoutais pas les signes qui disaient de s’arrêter, les fils qui tenaient la journée ont continué de lâcher. Pensant poser mes doigts sur le tissu, je les ai posé sur le verre sortant du four. J’ai crié, j’ai retiré ma main sans rien casser, mes doigts ont cloqué et je n’ai plus eu mal. C’est particulièrement déroutant de voir les cloques se former et de ne rien ressentir. LeChat parle de mauvais signe. Moi depuis ma fatigue je me savais incapable d’arrêter le feu que je ne sentais pas brûler, alors beaucoup pour rassurer LeChat qui me tournait autour et un peu parce que je sentais que c’était la seule chose à faire, j’ai appelé Blanche et nous l’avons arrêté à deux. Les cloques ne se sont pas étendues, je n’ai toujours pas mal mais quand je touche les cloques j’ai une sensation étrange sous les doigts. C’est que cela doit aller.
J’aurais du m’arrêter quand j’ai senti la fatigue guider mes gestes. J’aurais dû penser la chute, l’instant fragile, que tout se brise si on ne regarde pas.

J’ai rêvé. J’étais dans une maison avec des toiles d’araignées tendues à travers la pièce principale, en hauteur, LeChat les a enlevées à ma demande, j’avais un bébé dans les bras et je passais par la fenêtre. Et il était terriblement important que je nourrisse ce bébé avec de la nourriture solide.
Je demande, comment je me nourris ?

Je suis prête. C’est le chaos, un peu. Pourtant, je suis prête même si cela flotte, même si cela frotte un peu, aux encornures.

J’ai écrit au hasard de ma fatigue. Je me demande si. L’informulé, peut-être, continuité peut-être. En suspens.

Je ne l’aime pas encore. Il y a ses yeux, cette vie dans le regard qu’il se cache, cette envie de plaire et ce besoin d’être vu sans qu’il fasse d’effort. Il n’est là que pour me répondre et il me fait la bise, il n’est là que par hasard et il repart en lui. Je ne l’aime pas encore, et ce regard et cette voix, sa main qui se pose sur moi c’est un signal particulier qui met en brillance ce « encore » indéfini qui a déjà basculé.

 
 

Je pars quelques jours.
Je vous souhaite un petit peu en avance, de belles et douces fêtes de Noël, et bien des joies 🙂

 
 

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