Pensine

Entre deux pensées, l’intensité


 
 

carnet d'écriture


 
Les bûches de noël qui deviennent des bûches de réveillon, ont malgré tout un point commun année après année : je les effondre. Pourtant cette fois j’ai suivi un conseil judicieux que je compte conserver : je n’ai pas utilisé de torchon. Je suis donc particulièrement ravie de ne pas avoir à laver un tissu dont un gâteau l’aura marqué durablement, je n’ai rien à récupérer – c’était ma bête noire, le torchon. Mais la génoise s’est tout de même brisée quand j’ai voulu la rouler, elle était peut-être encore trop chaude. Je ne sais jamais à quel moment exact je dois rouler cette génoise, il y a pourtant un avant et un après catastrophique et j’y suis toujours, dans l’avant ou dans l’après j’y suis toujours. Je pense que l’année prochaine, j’aurai le recul nécessaire pour faire une recherche adéquate et réussir ce roulé sur la crème. En attendant, je les effondre et celle-ci n’échappe pas à la règle, même le petit père-noël glisse dessus – la seule décoration que j’ai avec le houx doré. Le goût seul sera important tout le monde sait ça ; nous ne retiendrons que l’amande et le chocolat – quoi d’autre ?
Pour l’accompagner je souhaitais des crêpes, avec du fromage au cumin, de l’oignon et des cornichons et j’ai oublié de prévenir LeChat, qui est revenu avec du fromage au cumin que nous n’achetons pourtant jamais sauf une commande de l’un ou l’autre – il m’a bluffée, il lit dans mes pensées cet homme. Ma conception du repas de fête : aimer ce que je mange, m’en faire une joie en l’anticipant. Comme je n’ai nul besoin de découper la nuit en deux, l’avant 2015 et l’après 2016 se vivra dans la même continuité, avec l’intensité des chats, à savoir sans doute depuis mon lit : malgré le désir que j’exprimais hier, je crois que je ferai ce que mon corps me dira. S’il a sommeil, ce n’est pas un passage découpé arbitrairement par des humains qui me dictera ma soirée. J’ai découvert que mes insomnies étaient liées à l’écran, c’est fou, je me suis mise à dormir de nouveau depuis que je ne regarde plus de séries le soir. La lecture m’ouvre les bras ^^
 

buche amande chocolat

buche effondrée
Quand je dis qu’elle est effondrée cette bûche ^^


 
Blanche est un petit peu là et un petit peu ailleurs, et c’est étonnant de la voir se disperser. C’est étonnant aussi de la voir devenir street-artist dans sa ville comme eux, là, et pourtant oui dans la rue elle colle ses dessins et le nouveau blog est ici. Elle égare également des courriers que des inconnus liront et cette idée me touche tout autant que la première. Je vais écrire aussi, si j’ai trois minutes de libre, mais je suis pour l’instant avec un emploi du temps complètement hors temporalité – help.
Le troisième blog – vous savez compter je le sais, je n’ai effectivement pas transmis le premier – expose ses photos, superbes.
 


 
Je me suis offert un carnet. Mon but premier était qu’un dessin superbe me fasse chavirer, comme tous les autres avant lui, que mon cœur batte plus fort et que je cède à son enchantement. Tous les carnets appellent, j’en ai eu une flopée et maintenant encore j’en ai quelques uns que je pourrais utiliser ou à tout le moins terminer. Ils restent posés dans l’étagère, ils prennent une poussière indécente que je pourrais décrire, grain après grain parce qu’ils ont une histoire – si je la laisse s’installer elle a une histoire, forcément.

Je me suis offert un carnet de grandes pensées. Comme ceux de mon grand-père, un peu. Noir et donc forcément sobre, un marque-page en tissu tressé marque le dernier tracé de ce qui me traverse, avec ce petit rabat élastique qui referme bien les mots à l’intérieur pour qu’ils ne tombent pas. Il est noir par hasard, il a un rabat par hasard, le hasard n’existe pas et tout a une raison et je crois que je me suis offert un carnet dans lequel je peux poser ma personnalité, où je peux être moi, où je peux apprendre à me découvrir. Sans fioriture. Sans féérie. Ma profondeur, entière. Je voulais y dessiner, je l’ai choisi pour ça et depuis je ne fais qu’y écrire. Je retrouve ma pensée manuscrite et elle diffère de ma pensée digitale. La dichotomie est intéressante, je me croyais à pensée unique – dans l’écriture à proprement parler – je ne suis que pluralité.
Je grandis dans un carnet noir que je n’attendais pas. Il accompagne ma lecture de Noireclaire de Christian Bobin – offert ce Noël – et celle de L’épuisement – trouvé à la médiathèque. Une fois par mois je leur demande un livre qu’ils n’ont pas, un thème qu’ils ne connaissent pas. Avant hier, je leur ai demandé s’ils avaient des livres sur le DIY, et j’ai du expliquer le concept, je me suis sentie dépassée – elles aussi. Il n’y avait bien sûr rien, cette médiathèque a couté très cher, la carte coute tout autant, mais les livres pour l’instant ne sont pas très présents dans leurs rayons. Je continue de bénir l’invention de la liseuse – et le cadeau de LeChat – qui me permet l’accès à la lecture.

Je me sens bouillonnante, tout ce que j’effleure me semble vibrer avec intensité. Il y a en moi l’écriture qui voudrait avoir déjà été posée et qui s’esquisse en douceur, trop, je voudrais pouvoir m’immerger dans les mots mais les interruptions sont si fréquentes que je perds le fil. J’ai peur de ne pas arriver à l’organiser suffisamment pour en faire un livre. Je crois qu’il me faudrait une personne qui prenne toute cette matière brute, la digère, l’organise et fasse un livre de ce que je libère. Il n’y a pas de logique dans ce que je pose, je mélange, je ne fais qu’écrire ce qui me vient. Un jour pourtant, il faudra bien donner un sens à son passage. J’en ai le besoin intense.
 

carnet noir

 
 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

8 commentaires

  • Blanche

    merci Belle Dame
    J’ai la maison qui sent la brioche (je ne l’ai pas laissée avoir froid), ça ne m’aurais pas empêcher de gouter ta buche effondrée ou pas 😉

  • Junko

    Le carnet que j’utilise pour résumer les journées de mon fils depuis sa naissance ressemble beaucoup au tien. Enfin, il est tantôt rouge, tantôt noir, et il y a deux marque-pages (l’un tressé, l’autre non) peut-être en raison du sommaire au début (les pages sont numérotées). Et c’est maintenant, en te lisant, que je m’aperçois qu’il ne ressemble pas à mon fils tel qu’il est maintenant (il faudrait plutôt un carnet avec un camion de pompiers dessus) mais vraiment à moi. Le petit rabat élastique y est aussi et, certainement, il est indispensable.
    A propos d’une de tes dernières phrases, cette personne pourrait être un écrivain public ou, en fonction de ce que tu attends, un éditeur qui aura perçu le potentiel de cette matière brute, non ?
    Joyeuse soirée gourmande ! Je la trouve appétissante moi, cette bûche, et pourtant j’ai perdu mon attrait pour le sucré ces dernières années.

    • Dame Ambre

      Je ne sais pas pourquoi je crois ce rabat élastique indispensable en effet ^^

      L’éditeur s’arracherait les cheveux je pense (en tout cas moi, dès que j’y pense j’ai envie de mes les arracher tant le travail est immense), et puis j’ai envie de sortir du circuit de l’édition classique, je ne suis pas d’accord avec la rémunération au lance-pierre, etc. Un écrivain public, il lui faudrait y passer trop de temps et je n’ai pas d’argent de toute façon (un salaire pour 4, ça paye pas grand chose à part les factures ^^’). Je crois surtout qu’il va falloir que je prenne mon courage à deux mains à un moment !

      Merci 😀 Je ne la trouve pas extra moi cette buche, décidément le chocolat je n’adhère pas beaucoup beaucoup ^^
      Douce soirée de réveillon à toi 🙂 (mon grand fait la misère ce soir… grmph)

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