La réincarnation, puisqu’on en parle

La réincarnation, puisqu’on en parle

arbre ciel branches

 

Hibou parle de la mort, il veut bien mourir et vraiment ça avait l’air normal, cette conversation prenait des allures anecdotiques. J’aurais voulu approfondir sa pensée car habituellement il en parle plutôt pour dire qu’il ne veut pas que nous mourrions nous, mais nous avons été coupé et je n’ai pas osé le relancer. Est-il habituel de parler de la mort avec un enfant de pas encore quatre ans ? Je n’ai pas de repères, Prince en parlait à deux ans et l’idée le bouleversait, continue de le bouleverser, et puis Hibou également en parle depuis si longtemps, deux ans déjà, mais lui c’est différent il pose des questions pour savoir et cela ne le rend pas triste. Il me donne l’impression, d’une manière générale, d’appréhender la vie avec douceur et fatalisme. J’aurais bien aimé que cela soit aussi simple pour – ou avec, si je dois être franche – Prince, que cet enfant cesse de s’écrouler à chaque respiration. Nous le lui enseignons pourtant, mais sans doute lui faudra-t-il lui-même découvrir que la rudesse de la vie ne doit pas nous anéantir. Travailler au bonheur de son chemin, qu’y a-il d’autre ?

Et donc il veut bien mourir. C’est venu de la nourriture, du repas exactement. Nous insistions pour qu’il mange autre chose qu’une tartine de chocolat, pour qu’il mange au moins des frites. Il a mangé ses trois frites et il a demandé
_ On meurt si on mange pas ?
_ Oui en effet, on a besoin de manger.
_ Mais moi je veux bien mourir (= dans le sens j’accepte). C’est pas la peine de m’embêter pour je mange.

C’était hier soir. Ce midi, Hibou est revenu sur le sujet d’une autre manière. Il mangeait ses pâtes quand il a relevé la tête. Il m’a regardée et il m’a demandé – avec une écoute hyper attentive de Prince qui a glissé un « moi aussi je me demande » et qui avait compris dès la première question de Hibou – j’avais compris aussi, je voulais être certaine de ne pas interpréter.
_ Est-ce qu’on est mort déjà ?
_ C’est à dire ?
_ Est-ce qu’on est mort déjà et puis on est là.
_ Tu veux dire, est-ce qu’on est mort et puis on est revenu ?
_ Oui c’est ça.

Aujourd’hui j’ai parlé réincarnation /croyance avec mon fils de pas encore quatre ans.
On ne s’ennuie pas, à la maison.
Ça ne me poserai aucun souci tous ses sujets louches pour leur âge – après tout il suffit juste de répondre – si Prince ne nous hurlait pas son mal-être plusieurs fois par jours depuis sept ans sept mois dix huit jours deux heures et dix minutes.
Cela commence à être long.
Dans une vie précédente, j’ai du être vraiment méchante.
 
 
 

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4 Comments:

  1. Mon fils de 4 ans ne parle pas de la mort, alors qu’il l’a côtoyée. La mort du chat était la première expérience, celle d’un oiseau sur la terrasse peu après. Et à Noël, il m’a demandé où étaient la mère de ma mère et le père de mon père, j’ai répondu qu’ils étaient morts et la première tellement jeune (35 ans) que je ne l’avais jamais rencontrée. A chaque fois, il répond : « ah oui ils sont morts. » Sans poser plus de question et quelque part, c’est cela qui m’inquiète. Je me demande pourquoi il n’insiste pas pour avoir d’autres informations, sans savoir si je saurais quoi lui répondre. Parce qu’il ne s’y intéresse pas ? Parce qu’il ne comprend pas ? Ou parce qu’inconsciemment, je donne l’impression de ne pas avoir envie de lui répondre ? Cela n’a pas eu l’air de modifier son comportement en tout cas.
    J’avais lu quelque part – je ne sais plus où – qu’un enfant de moins de 5 ans ne comprenait pas le concept de mort dans ce qu’il a de définitif, et qu’il était surtout sensible aux sentiments de ses parents. En gros, quand ses parents sont anxieux vis à vis de la mort, l’enfant l’est aussi. J’ignore si c’est vrai ou non. En tout cas, je pense qu’il n’y a pas à s’inquiéter quand ils en parlent. Là où il faudrait s’inquiéter, c’est quand ils y sont confrontés sans en parler et manifestent un comportement anormal (cauchemar, angoisses, etc.). Après, je suis sure que tu sais comme moi que mettre tous les enfants dans une norme (à tel âge, on fait ci ou ça) est stupide puisque chaque enfant évolue différemment et à son rythme. Par conséquent, les tiens peuvent être précoces sur ce point, de toute façon. Mais, et ce commentaire ne sert guère qu’à ça, à mon avis, s’ils en parlent et s’ils demandent des réponses, c’est que ça va.

    1. Prince a fait ça a deux ans.. il s’y est retrouvé confronté et n’a plus dit un mot, à fait une forte fièvre etc. On a du tout démanteler pour qu’il en parle et aille mieux.
      Oui là moi aussi je considère que ça va ^^ (c’est Prince qui nous pose des souci, pas Hibou). Je me demande d’ailleurs si pour Prince il n’y a pas un lien avec la peur de la mort/la séparation (ça expliquerait peut-être le calvaire du soir pour s’endormir).

      Ton petit posera des questions plus tard, tout simplement ?

  2. Je doute que tu aies été méchante si vie antérieure il y a eu. C’est vrai que vous avez des conversations assez profondes pour des enfants si jeunes, Hibou ne réalise peut-être pas qu’il n’y a pas de retour en arrière après la mort – bien que… si on revient sur terre sous une autre forme et que nous ne nous souvenons de rien, tout recommence jusqu’à la prochaine fin et au prochain cycle de vie ?.= Je me souviens du jour où je me suis tournée vers ma mère en disant « Maman, ça veut dire quoi mourir ? ». Elle en a tellement peur qu’elle m’a répondu « Tu as le temps de vivre, alors n’y pense pas ! ». Cette peur que j’avais lu dans son regard a conditionné ma perception de la mort jusqu’à ce que je calme cette angoisse en moi et que je vois la mort comme l’étape finale de la vie…

    1. Terrible évitement de ta maman… Pour nos enfants je l’ai présenté sous un « on ne sait pas etc », mais si, Hibou a bien compris qu’il n’y a pas de retour en arrière et que c’est définitif. Notre lapine est morte l’année dernière et il a bien intégré que c’était terminé, par ex.

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