Le sourire – mutin – dans les herbes

Le sourire – mutin – dans les herbes


 
Je l’écoutais j’habitais Marseille,
je l’écoutais j’ai rencontré Alone,
je l’écoutais j’entendais les autres
je l’écoutais et j’ai du m’écouter moi.

Je recommence ; je l’écoute et je m’écoute moi.
 
sourire dans l'herbe
Le Cheshire arrive…


 

Sur le feu grésille le repas qui se décongèle dans le bruit, il danse il rit il se prépare à être dégusté. J’aime avoir, enfin, des légumes dans le congélateur et n’avoir rien d’autre à faire que les mettre dans la casserole. Nous sommes revenus dans la chaleur de l’appartement, et j’attends le retour de l’autre moitié de la famille ; LeChat et Prince sont chez la psy, et pendant ce temps Hibou et moi sommes partis à la médiathèque. Je ne me déplace que pour deux livres, je les ai rendus et j’en ai pris d’autres, incapable d’attendre trois semaines de plus pour lire encore Bobin – et un magazine Le matricule des anges parce que je ne me souviens plus de ce que j’en pensais. Une heure de marche, il faisait assez bon, le froid n’était pas trop présent mais au retour nous nous sommes gelés. Le vent s’était levé, le soleil s’était caché et soudain des gouttes de pluie ont commencé à tomber. J’ai aimé. J’ai aimé sortir de chez moi, j’ai aimé marcher dans les rues avec mon fils qui parlait parlait parlait maman j’ai mis ma blessure dans la poche, j’ai aimé arpenter le rayon et découvrir entre deux livres Tout le monde est occupéje ne peux pas te le fournir je ne l’ai pas trouvé en epub -, j’ai profondément aimé cette sensation de liberté qui m’a accueillie. J’ai envie de partir ainsi au moins une fois par semaine : lire mes deux livres et/ou magazines, une sortie particulière qui m’appartienne ou que je la partage avec un enfant. Mais sortir. Je n’osais plus, je crois, prendre ce temps là pour moi parce que – et c’est paradoxal – il fallait sortir. Je me réapprivoise, j’accepte l’autre dans la rencontre fortuite et je vais aller respirer l’air qui se dérobait.

Je sais exactement ce dont j’ai besoin, je sais exactement ce que je veux faire de ma vie et si je n’ai pas la moindre idée de comment je vais m’y prendre je vais forcément le mettre en place d’une manière ou d’une autre. D’une manière ou d’une autre. Ce dont j’ai besoin pour vivre, c’est de voyager, de photographier les détails de cette vie là mais surtout de voyager, bouger, me remplir de beauté, me remplir de nature, d’arbres, nuages, montagnes, soleilS. Je sais que le compromis avec ma santé va être un équilibre certain à trouver, et que l’argent ne poussant pas sur les arbres il me faudra être inventive, pourtant je ne m’inquiète pas. Et puisque je sais exactement ce que je veux, nous partons cette après-midi en exploration de notre propre territoire – afin de connaitre les lieux avant de les dépasser. Je veux m’envoler, rencontrer des personnes dans leurs ailleurs, m’épanouir dans mes pas.
Apprendre l’anglais prend tout son sens dans mon besoin de voyage, je crois que je savais avant moi que je viendrais là, sur ce point précis, que j’aurais besoin d’apprendre la langue. Je sais bien que la véritable approche passe dans les yeux, le sourire, le corps, les mains mais tout de même, être à l’aise et m’accompagner vers l’autre dans sa langue cela me sera bien utile. Je me retrouve poussée malgré moi dans les blogs avec une autre langue, j’ai découvert Neil Gaiman et je voudrais le suivre, j’ai découvert Georges Martin et il m’inquiète plus, je le trouve plus brut dans sa manière de parler – je me crois surtout intimidée par ses auteurs monstrueux. Il est temps de m’ouvrir au monde, à l’ailleurs, à l’écriture, au dessin, il est temps que je m’exprime sans barrière et que j’ai des projets, des projets à aller au bout, des projets à rater, des projets à lâcher, des projets à réussir, des projets à vivre. Des projets, donc, et sans pression.

Je me donne deux mois pour terminer l’écriture de mon livre – pas de pression, nullement, juste une deadline pour ne pas l’écrire à soixante ans-, peut-être que si je ne fais que ça le soir après le douce nuit des enfants cela se trouvera être possible. Ce n’est pas que lui, ce n’est pas qu’une histoire, il y a là tous les deuils, tous les fracas, ils ricochent ils s’appellent ils se vivent et tout l’art du monde ne pourra les obliger à se poser – alors deux mois, est-ce que cela suffira ?.

J’ai retrouvé comment placer mes pieds sur le sol qui ne se dérobe plus si on lui explique qu’on a besoin de lui.
Je devrais me souvenir.
Expliquer à la Terre qu’elle ne doit pas se dérober et cette idée toujours que je suis au centre, que les rêves s’écoutent lorsqu’ils disent le silence des voyages. J’ai l’impression de savoir. Tout et rien. De savoir la beauté, la vie, les regards, le sourire.

Je ne me retourne plus.

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2 Comments:

  1. Reno

    C’est beau, et ça fait du bien. Merci de me montrer un chemin qu’il m’arrive de perdre de vue 🙂

    1. Oh <3
      Je suis rentrée, il faisait vraiment très très froid ^^ Donc si tu veux appeler, je suis relativement disponible 🙂

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