Je fais quoi des virgules qui se taisent

dessin aquarelle arbre hiver


Je me demande. Je fais quoi. Je fais comment. Je fais qui. Je me demande l’écriture le dessin la couture. Et puis je me suis souvenue. Pourquoi l’arrêt pourquoi la couture : les mains. Les doigts tétanisés sur les minutes. L’envie le besoin de créer et puis le corps qui s’y refuse qui bloque qui fige. Alors je me demande et la musique ? Le piano pourrait-il m’aider est-ce que ça serait pire ? Je tenterais je crois je me dis je ne suis sûre de. Rien. Et puis je me suis souvenue. Pourquoi l’arrêt pourquoi l’écriture : l’intérêt. On se tue dans les cimetières, on se tue dans les deuils on frôle le plongeon dans le cercueil d’un autre et ça ne mérite pas de l’écrire. Ça ne s’écrit pas que le son d’une voix s’est perdue mais pas le rire et que ça n’a pas de sens.
Quel intérêt.
Je refroidis les thés. Il joue avec la tasse que je lui ai offert il expérimente la chaleur du café la chaleur des doigts les couleurs de la tasse ses dégradés ses semi-teintes ses teintes franches. Il joue et moi je me demande comment il fait pour se sentir bien pour ne pas être frustré et puis je sais que juste c’est par période. Une non-envie un non-intérêt et le rire revient sans avoir été invité. Je suis juste avant le rire. Si je lis je lis combien ? Pour remonter pour savoir que ça vaut que je peux rire et créer et on s’en fou de si c’est bien on s’en fou de si l’argent manque je lis combien ? Si je m’insère dans le livre je compte ou je rien ? Qu’est-ce que ça fait si j’y tombe et que j’y reste ? Si ça ne se sait pas je disparais ou vous me voyez enfin ?
Alors le temps. De remonter, de passer l’avant du rire, de croire. De lire. D’écrire.

Je m’ennuie de créer. Presque même quand je crée. Je cherche à résoudre le je fais qui.
L’intérêt.
De.
L’être.

Dame Ambre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement.

(Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

D'autres mots d'hier et d'avant avant-hier

12 Comments

    1. 11 janvier 2016 à 9 h 26 min Modifier

      Contre l’intérêt des possibles.
      Mais je commence à cerner. C’est que par exemple, écrire un livre, je me rends compte qu’il n’y a pas d’intérêt pour moi. J’ai besoin de sens. Quel intérêt, quel sens lui donner pour que l’écrire soit une évidence, pour qu’il soit légitime ? Tout a déjà tellement été écrit.
      C’était un exemple, c’est valable pour tout. J’ai besoin de sens.

      Ça se met en place.

      1. Le sens c’est l’élan donné sur un point de départ et une direction. Pour avoir du sens, il faut les deux, mais rien ne nous oblige à connaître la finalité. Le sens n’est pas une position mais un choix pour une direction donnée.

          1. Je suis d’accord avec toi. Cependant j’ai depuis compris ce que tu disais sur Schrödinger et je suis à présent persuadée que le sens n’est pas la boite plutôt que l’autre mais bien le mouvement qui te mène d’une boite à l’autre. Pour l’écriture par exemple. Il y a (notamment) deux sens envisageables : écrire vers la création, ou créer vers l’écriture. Tu réfléchis à l’intérêt des possibles, en mathématiques cela revient à envisager que chaque possible puisse avoir un poids différent d’un autre, ce qui influencerait le sens. En faisant ça, en cherchant le poids de chaque boite, n’oublie-tu pas qu’un sens, même à contre-courant, pourrait être un sens légitime ?
            Pour parler très concrètement par rapport à ta réponse précédente : « tout a déjà tellement été écrit », n’est-ce pas que déjà tu as privilégié le sens écrire vers la création plutôt que l’autre ?
            Que tu aies besoin de sens, ça je veux bien le croire, d’ailleurs je le comprends personnellement, mais le sens se trouve aussi là où on ne regarde pas.

            1. Le mouvement d’une boite à l’autre, et la simultanéité de ce mouvement vers les boites (ce « dans le même temps » à toute son importance). Mais je n’avais pas pensé à en rapprocher l’écriture (du livre), les deux sens dont tu parles ont leur beauté et leur légitimité. Je peux même être sur les deux sens à la fois (sans vouloir être présomptueuse. Juste une autre possibilité).

              Le seul discours que j’ai eu est « tu es nulle en mathématiques » (et je me rends compte de tout cet échec pour un mot, de tout ce qui en a découlé de ma pensée) alors tout est nouveau pour moi, je découvre ce que je comprenais, je découvre que je peux aller plus loin, je découvre que je peux ne pas y aller, je découvre tous ces possibles, je découvre les poids, les sens, les mouvements, les pas à côté, je suis complètement bousculée dans ma manière de penser et d’être (d’écrire, peut-être ? Sans doute). Ma seule limite est ce que je ne comprends pas, non ce que je ne suis pas (ou suis) : nouveau pour moi. Je m’autorise à toucher mes limites (je ne les aime pas elles sont frustrantes, je les aime parce que cela veut dire que j’apprends à me connaître, elles m’indiffèrent parce que j’ai tout le reste à découvrir et plus que tout : une limite se dépasse), alors oui pour te répondre (que la phrase était longue…) je pense que j’oublie bien des sens. Je tâtonne, et je sens que ça va durer un moment. Alors n’hésite pas à les pointer, surtout.
              (Pardon si ma pensée va dans tous les sens ^^ )

  1. Il y a des choses que j’oublie avec sa mort. Sa voix. Et quelque part ça m’arrange. Qu’il repose en paix, je suis en paix maintenant.
    J’aime beaucoup l’arbre. C’est peut-être bête de dire ça comme ça, mais je n’ai pas d’autres mots. Ce bleu autour des branches, c’est hivernal, mais c’est beau, c’est fin. La petite touche de couleur rouge au pied de l’arbre, c’est la vie qui reste là, même toute petite. L’arbre sera vert un jour quand le froid sera parti.
    Il est là, il joue, peut-être ne se pose-t-il pas toutes ces questions qui te retiennent ? Il est dans l’instant, maintenant que les virgules ne t’encombrent plus, laisse couleur le flot 🙂

    1. Il y a une partie cachée à ce dessin. Mon mari le trouvait trop conventionnel, il voyait autre chose et je le voyais aussi mais je n’ai pas réussi à dessiner la danse fantomatique alors j’ai dessiné une lune et une pêcheuse d’étoile.
      Et si tu regardes bien le dessin, en haut à gauche, il y a une femme penchée au-dessus de l’arbre, du côté blanc de la feuille.
      Si le dessin te plait je te l’envoie. Je te le montre par mail ?

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