Pensine

Le monde éclatant des matins dorés

lever du soleil visite paysage doré

 

Nous partions en visite de trois maisons et le monde se dorait sous nos yeux. Il était 8h30, le soleil se levait doucement sur la brume environnante, nous n’en finissions plus de nous extasier. J’ai pris des photos mais à travers la vitre et en mouvement, la netteté s’est souvent faite sur les taches du pare-brise !

Nous sommes allés doucement dans les virages. Doucement et pourtant l’enfant devenait blanc, blanc, si blanc qu’on aurait dit un nuage – il prenait la teinte de la neige qui apparaissait au fur et à mesure que nous montions. Doucement et pourtant Mappy s’était finalement encore trompé, de 45 minutes prévues nous en avons mis 35 et nous pensions cela presque raisonnable.
Hibou est descendu de voiture, son estomac à la suite – le bitume s’en souvient. De blanc-craie, il est revenu à quelques couleurs normales et il a joué dans la neige avec Prince, comme si de rien n’était. Longtemps. C’est que nous avons beaucoup attendu l’agent immobilier – parce que nous étions en avance de quinze minutes, parce qu’il était en retard de douze minutes. Nous écoutions les oiseaux, j’ai regardé à travers la vitrine de la toute petite merveilleuse bibliothèque, nous profitions du décor sublime. Il est arrivé avec sa voiture tagguée au nom de l’agence, s’est arrêté au milieu de la route, a baissé sa vitre et sans se pencher nous a demandé c’est vous pour la visite ?. C’était nous et nous avons détesté l’homme. Sans un mot d’excuse, il a annulé la maison à 61 000 euros, celle qui avait une eau de source, celle qui était dans nos moyens, celle qui était merveilleuse : il l’avait vendue, entre notre coup de fil, une journée sans nous et ce matin. Il n’a pas jugé bon de nous rappeler, de nous prévenir, d’annuler le lieu de rencontre pour le déplacer, il n’a jugé bon de rien cet homme. Nous avons repris la route pour un autre village et j’avais envie de pleurer de cette perte que je sentais grande. Il roulait à vive allure, même dans les villages où il aurait du ralentir, il roulait tellement vite que nous le perdions sans cesse : nous roulions doucement, pour le respect des villages, pour le respect de notre petit à l’estomac fragile. Hibou redevenait blanc pourtant. L’agent nous attendait parfois à des intersections, parfois pas. Une fois, alors que nous hésitions sur une route à prendre et que la route faisait des boucles dans la montagne, j’ai signalé sa voiture là-bas dans un lacet, et avec LeChat nous étions consterné de si peu de savoir-vivre. Quand nous sommes finalement arrivés sur les lieux de la maison à visiter, il nous a demandé si nous étions tombé en panne – le mufle. J’avais très envie de lui répondre que nous respections les limites de vitesse, pardon vraiment. Nous sommes restés polis.

La maison était vraiment belle, toute en pierre, un terrain très particulier, entre terrain communal mais avec un portail illicite, un bout de terrain appartenant à un inconnu (délimitation pas évidente) et le reste, grand et plat de 900m² – en résumé un terrain mixé d’appartenance aux uns et aux autres. L’agent n’a ouvert aucun volet, nous avons du le faire nous-même. Il disait « les filles suivez votre papa » parce qu’ils ne voulaient pas nos garçons dans ses pattes et je l’ai un peu heurté en rectifiant la chose. La maison m’a plu, profondément. Mais même en faisant baisser le prix de vente, elle restait bien chère : électricité à refaire, isolation du toit inexistante, fenêtres simple vitrage, chauffages à installer, toiture du garage à rehausser car mal faite (fissures apparentes, l’agent qui l’a mal pris disant que ça ne s’effondrerait jamais)… et cerise sur le gâteau, cette maison-là était à 45 minutes d’ici, on s’en est aperçu au retour.

Nous sommes repartis – sans troisième maison à visiter, il a assuré qu’il n’y en avait que deux – Hibou a de nouveau été malade et nous avons rayé l’agence immobilière de nos recherches.
Et finalement, nous avons de nouveau évoqué cette possibilité un peu effrayante, de construire nous-même.

 


lever du soleil paysage doré

lever du soleil paysage doré lumiere

lever du soleil lumière paysage dorés

maison dans la neige
La neige à 10 minutes d’arriver – 1000m d’altitude


 
 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

7 commentaires

  • Grr Méchant Grr

    Ah, oui, effectivement, vous êtes tombés sur un cador.
    C’est bien dommage, mais dites-vous que si, déjà, ce que vous avez vu vous a déçu, alors pensez à tout ce qu’il vous a caché.
    Construire, pourquoi pas, mais ça implique de faire très attention, le monde de la construction est majoritairement composé de cadors.

    • Dame Ambre

      Oh on ne compte pas sur l’agent immobilier pour nous signaler les problèmes ^^’ LeChat a quelques notions, il a déjà aidé à construire des maisons ; il voit donc pas mal de choses.
      Pour la construction, ce qui nous retient c’est notre fatigue.

      • Grr Méchant Grr

        La fatigue, ça va, ça vient.
        Déjà, ce que vous pouvez faire, c’est établir un plan avec tout, si ce n’est déjà fait. Sans doute dans vos têtes, mais là, le coucher sur le papier, proprement, de façon définitive, afin de prendre pied réellement dedans : vous franchissez le premier pas (le plus dur, toujours) et enclenchez le mouvement ; là, vous saurez vraiment à quel point vous êtes fatigué.
        Mais bon, la fatigue, c’est comme la vie, c »est du début à la fin, alors autant vivre comme on respire, c’est-à-dire sans y penser (d’où mon concept de résignation : je ne suis jamais courageux, je suis toujours résigné et fait donc ce qui doit être fait sans me poser de questions qui ne serviraient qu’à me retenir de le faire).

        • Dame Ambre

          C’est une fatigue installée (elle ne fait pas de va-et-vient), la mienne vient de la maladie, celle de LeChat de tout ce qui pèse sur lui. Nous ne voulons pas faire construire mais dans l’absolu cela serait construire nous-même, et nous avons déjà posé tout ça. Le plan approximatif, ce que nous voulons et pas, etc. Le temps, l’argent, l’énergie manquent pas mal. Nous y repensons de temps en temps malgré tout.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *