La solitude de ma grammaire


 
 
tasse de the dessin aquarelle palette
 

Dans mon rêve, je ne pouvais pas avancer. La rue plongeait dans le noir, m’angoissait. Impossible d’aller plus loin. Et puis j’entendais Hibou se réveiller, il pleurait et c’était un peu une excuse pour ne pas aller là-bas dans cette rue… Dans mes rêves maintenant, je symbolise mon incapacité à écrire des histoires tirées de mon imagination.

Hier j’ai avalé une règle de grammaire. Comme je n’en connais absolument aucune, il est sans doute intéressant que je signale son existence – la toute première – mais également pourquoi je ne les connais pas : elles sont haïssables, pleines de noms alambiqués, incompréhensibles. Lorsque j’ai eu l’âge d’être enfermée légalement dans une salle de classe où je n’écoutais pas parce que je me racontais des histoires, il y a eu la grammaire régurgitée sur le tableau vert foncé – les noirs tiennent d’une époque éloignée de coups de bâtons sur les doigts ; il y a des couleurs qu’il est bon d’oublier. Très souvent malade, j’étais également très souvent absente et avec le temps il est évident que les règles grammaticales me sont devenues obscures. Je ne pense pas avoir fait le moindre effort pour les comprendre, ce n’était pas suffisamment intéressant pour que je m’y penche.

Je suis donc nullissime en grammaire. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’est un attribut du sujet, un COI ou un groupe verbal.
Je me suis très souvent demandé comment je faisais pour écrire plus ou moins sans faute, comment je faisais pour accorder les mots aux autres, et je n’ai toujours pas d’explication autre que « c’est évident ». La grammaire m’est une évidence sans règle et à l’opposé les explications me sont impénétrables.

[su_quote]« Une subordonnée à l’imparfait introduite par « si » articulée avec une principale au conditionnel exprime l’hypothèse, l’espoir, la peur, le rêve. (…)
Chaque fois qu’une éventualité dépend d’une condition, il faut utiliser l’imparfait.

Silvana de Mari, Le chat aux yeux d’or »[/su_quote]

Honnêtement la première phrase me file des boutons, je me raidis et ne comprends pas – mais enfin qu’est-ce qu’une subordonnée, et puis une principale de quoi ? La seconde phrase m’est évidente – la grammaire se devrait d’être expliquée simplement. Et puis il n’y a rien à expliquer. Les mots se posent avec facilité, les phrases se tournent d’elles-mêmes et si je fais des erreurs elles ne se signalent pas.

Enfin. Tout ceci ne m’explique pas pourquoi je n’arrive pas à écrire des histoires, pourquoi la page blanche m’envahit, pourquoi tout n’est pas plus simple dans ma tête. Et sur le même registre, je ne sais écrire qu’ici. C’est là un phénomène curieux mais répétitif. Chaque fois. Chaque fois que j’écris ailleurs que sur mon blog, je ne sais plus écrire. Et même ici je ne sais pas dire une histoire, je ne sais pas l’inventer, je ne sais pas. Pourtant il y a longtemps, j’en ai écrit des tonnes – pour les jeter un soir. Je les trouvais sans intérêt.
Depuis je fais semblant d’écrire. Des bouts, par-ci par-là.

Je ne comprends pas le blocage.
Je sais écrire mais je ne sais pas écrire.

 
 

Dame Ambre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement.

(Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

D'autres mots d'hier et d'avant avant-hier

4 Comments

  1. Alors, pour corriger ce problème tout en se faisant plaisir et en brillant en société, apprendre les déclinaisons latines (surtout ce à quoi elles se réfèrent) débroussaille énormément la grammaire. Je l’ai constaté et c’est là-dessus que j’ai basé mon introduction au Latin, mais commencer par les déclinaisons donner à la fois un bon départ en Latin et réconcilie les allergiques avec la grammaire française. Compte même pas trente minutes pour savoir à quoi sert quelle déclinaison et comprendre la base de la grammaire française.

    Ce à partir de quoi, les manuels Bled sont excellents et je les utilise même pour les cours aux adultes (moi le premier, car je déteste la grammaire).

  2. Je ne comprends rien à la première phrase. Et la deuxième me fait penser qu’une éventualité repose souvent sur une condition… c’est plus de la philosophie que de la grammaire pour moi ^^
    J’aime beaucoup la tasse, surtout le petit chat :p
    Je me dis que tu écris déjà ici. Et que c’est déjà très bien.

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