Comme sur un coussin

pierres Allier herbe ile

 
Je suis sur cet autre versant et cela tombe au plus mauvais moment, enfin j’en ai la sensation et sans aucun doute elle est fausse : il n’y a jamais de moments adéquats. Février se tient sur mon canapé, je vois depuis ma couette le vent se déchainer contre nos carreaux. Les branches tapent la fenêtre, les feuilles se font arrachées des bras de leur mère pour fouetter les rares passants assez fou pour être dehors un jour de tempête. Les fenêtres tremblent, inquiétant les petits loups. Nos poubelles se sont envolées dans la rue sans que personne ne les voient disparaitre, heureuses de cette liberté rare. Un monsieur les a parquées avec beaucoup de justesse à l’abri sur la terrasse des voisins. Le vent déchirait les arbres mais les nuages ont tenu bon et sont passés finalement sans se déverser malgré leur noirceur ce matin. Les enfants en ont profité pour aller patiner avec le papa qui vient de s’acheter sa paire de rollers – et de s’en faire engueuler parce que la souffrance m’arrache la pensée trop vite et que la douleur d’un compte en banque se rajoutant, j’ai trouvé la chose particulièrement stupide et dangereuse – et ils se laissaient pousser par le vent dans leur dos. J’aurais aimé les voir, les filmer. J’aurais aimé avoir la forme nécessaire – de celle qui se présente debout sur ses jambes – pour moi aussi sentir la force du vent dans mon dos, enfin si j’avais eu des patins ce qui n’est pas le cas. Cela devait être quelque chose, tout de même. Je me suis demandé ce qu’on pouvait bien ressentir de la vie à être poussé ainsi. Prince a devancé ma question, c’était être comme sur un coussin.
 
 

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