Pensine

Toute à la blancheur de l’instant


 

Je remonte

coccinelle grimpe je remonte de face mur blanc


 

Il y a eu comme une mise en confiance – à la lecture de ce livre. C’était sans doute de cela que je manquais, et puis je suis remontée de toute façon par des chemins détournés dont j’ai le secret. Je ne suis jamais certaine de bien comprendre pourquoi j’ai des fonctionnements aussi particuliers, mais l’essentiel est le résultat : je vais mieux et je recommence à écrire en douceur. Je me suis permis de sombrer, j’ai pleuré j’aurais pu hurler et comme dans cette histoire de vases communicants j’ai la vague impression que Prince en profite pour de nouveau aller moins bien. C’est intéressant – enfin pour que cela le soit vraiment il nous faudra un peu plus de temps pour voir si c’est le cas ou non. Je remonte et malgré tout j’ai ce doute permanent concernant l’IEF, suis-je capable de m’en occuper sans m’oublier ? En attendant de savoir si nous réussissons quoi que ce soit dans cette affaire, je leur apprends le langage des signes – je ne sais pas pourquoi j’ai cette sensation que c’est important. Après les quelques mots d’usage pour les passionner – rien de mieux qu’apprendre le mot chat pour cela – nous démarrons l’alphabet.

Il est arrivé quelque chose à quelqu’un que je ne connais pas dans un pays où je ne suis jamais allée. J’ai pleuré. La boule d’angoisse ne m’a pas quittée de longtemps et je n’ai pas compris cette sur-réaction, cette impression d’être touchée vous savez, parce qu’on connait la personne ne serait-ce qu’un peu et que cela semble du coup arriver trop proche de nous… Je me tenais sur ce fil là. Sans raison particulière. Le fil est un nœud, je n’ai rien démêlé et son visage me hante.

J’ai pratiquement écrit mon court texte pour l’atelier d’écriture, je voudrais l’étoffer davantage, le réécrire sans doute et il sera terminé. Il me semblait que je n’y arriverai pas, que c’était hors de ma portée, que j’étais nullissime de ne pas arriver à écrire sur ma propre photo… Je remonte, je remonte. De loin.

J’ai cousu aux enfants des ronds de serviettes avec leur prénom tissé, le résultat est plaisant. Hibou l’a immédiatement mis à son poignet comme un bracelet, trophée précieux. Maintenant il serait bon que j’arrive à créer deux tee-shirts noir pour le déguisement des enfants… Oui non là tout de suite je prends peur. Un peu comme les deux pantalons. C’est quand l’instant où j’ai confiance, où je suis une grande couturière, où je réussis tout ce que je fais ? Oui forcément, c’est après avoir beaucoup raté, je ne suis pas prête à rater pour l’instant alors je vais attendre encore un peu d’être arrivée un peu plus haut dans mon estime de moi.

Il va falloir sortir. Le froid et la pluie me disent tous deux de rester au chaud, dans la maison avec une tasse de thé. Pourtant il va falloir sortir, dire bonjour, faire des courbettes et s’enfuir. Et ce soir alors qu’il fera noir nous ressortirons pour récupérer Prince, attendre avec des parents muets et hautains qui refusent d’adresser la parole aux autres. Je souris, je dis bonjour et il y a ce silence. Cet incroyable silence en réponse. Je sais bien, ma manière de m’habiller qui ne convient pas à l’esprit, je sais bien que nous ne nous comprenons pas. Mais tout de même, parfois, je me sens seule ici. Montpellier et son éclectisme me manque, là tout de suite.
 
 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

7 commentaires

  • Pidiaime

    Cette timide remontée fait plaisir à lire, j’espère que le positif va bien s’installer. Ai un peu plus confiance en tes créations, même si tu n’es pas une grande couturière, j’imagine que tes enfants ne verraient pas les défauts et seraient ravis de porter quelque chose que tu as fait 🙂
    La création n’a pas besoin d’être parfaite, finalement, tant que l’acte de créer fait son effet.

    • Dame Ambre

      Je ne la connais pas et je crois que j’ai toujours voulu apprendre… (petite j’avais appris l’alphabet depuis un livre que j’avais lu sur Hellen Keller) Mes enfants étant eux aussi dans l’envie, nous glanons sur le net 🙂 J’ai commencé par quelques mots intéressants pour les petits à partir d’ici : http://www.elix-lsf.fr/ et l’alphabet je le prends là : http://lsf.wikisign.org/wiki/Langue:Alphabet
      Je ferai un article si ça vous tente ?

      • la souris

        Pareil ! Un livre sur Helen Keller quand j’étais petite ! J’avais juste appris à épeler mon prénom à la suite de cela. Ma curiosité est plus portée sur la syntaxe et la grammaire, j’avoue : comment parle-t-on au passé, au futur ? comment indique-t-on de qui l’on parle ? s’il s’agit d’une hypothèse ou d’une assertion ? etc. Je serais curieuse de voir aussi s’il y a des recoupements avec la pantomime du ballet (balletomane un jour… on ne se refait pas).

        • Dame Ambre

          Je n’en ai pas la moindre idée, pour l’instant ^^
          « comment indique-t-on de qui l’on parle ? » Je sais juste que pour les noms et les prénoms (trop particulier pour qu’il y ai un vocabulaire associé), il s’agit d’un signe précis des mains associé à une personne, ce qu’on appelle un nom-signe (si mes souvenirs sont bons, c’est la tante de mon mari, interprète de par sa profession, qui nous l’a appris lors de notre passage au Québec), souvent en rapport avec le physique ou un trait particulier de la personnalité. [Je trouve ça passionnant].
          Quand j’en saurai plus, je vous dirai alors 🙂

        • Dame Ambre

          J’ai une réponse :
           » Il n’existe pas de conjugaison en LSF, il suffit au signeur de situer l’action sur la ligne du temps (perpendiculaire à lui : derrière son épaule le passé, au niveau de son corps le présent et devant lui le futur). »

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