IEF – méthodes (personnelles) pour enfant surdoué

prince lit manga Chi

 
Enfant surdoué ? Je devrais sans doute plutôt dire « pour enfant qui comprend très vite ». Mais je n’aime pas tourner autour des mots – sauf si c’est pour jouer avec – et cela ne rendrait service à personne que je n’en parle pas. Nous ne les avons toujours pas fait tester, essentiellement par manque d’argent. Mais plutôt que d’attendre un diagnostic dans un sens ou un autre, la seule chose que nous pouvons faire c’est nous adapter aux enfants que nous avons.

Je vais m’axer ici sur Prince parce que c’est lui qui est concerné par l’obligation d’instruction, et laisser un peu de côté dans cet article mon second enfant bien qu’il soit également concerné.

Parcours

Prince a marché à 10 mois et à partir du moment où il s’est tenu debout et que ses pieds ont avancé, il a commencé à parler. A un an et demi il avait au moins une cinquantaine de mots (on a soudain pensé à les noter dans un carnet avec ce repère de date là, mais nous n’avons pas le souvenir du premier mot : il a commencé à parler, il les a enchainé) et à deux ans et demi il est certain qu’il parlait en phrase je/verbe/complément depuis un moment. Nous nous sommes contenté de noter sa phrase (2 ans et demi donc), un jour de promenade et le regard dans le vague il a dit « dès fois la vie c’est bizarre. La vie, ça surprend » (non, on ne s’est pas posé de questions. Nous étions naïf). C’était notre premier enfant, il allait peut-être un peu vite mais on ne voyait pas où était le problème. D’ailleurs il n’y en avait pas. Enfin peut-être parfois, quand il dessinait et qu’il s’énervait de ne faire que des gribouillages au lieu de ce qu’il y avait dans sa tête – les feuilles se froissaient et volaient dans la pièce, on a simplement tenté de lui apprendre à respirer et à persévérer. A trois ans et demi il est allé à l’école, ça s’est mal passé, il a fait une phobie scolaire ET sociale alors nous avons fait l’école à la maison pendant deux ans. Il a beaucoup travaillé sur sa phobie, a réussi à retourner en classe pour la GS et le CP (un très bon carnet sur l’année, chute le dernier mois : il s’est conformé à ce qui lui était demandé jusqu’à craquer), avec le résultat désastreux d’avoir désormais la phobie du travail scolaire. Nous l’avons donc déscolarisé en septembre 2015, avec son petit frère en train de prendre le même chemin.
Depuis que nous faisons l’école à la maison, nous sommes confrontés à de gros problèmes :
. comment faire travailler un enfant qui panique dès qu’il voit un exercice ? (au point de ne plus savoir répondre à 8+1=?)
. sur quoi faire travailler un enfant qui se désintéresse de tout ce qui tient du programme (CE1) ?
. que faire quand l’enfant s’ennuie parce qu’il avait compris l’exercice avant même de savoir qu’il existait ?
. comment rendre intéressant un programme pénible pour lui ?
. Est-ce que cet enfant va réussir à apprendre quelque chose (insérer toute panique parentale ici) ?
. J’ai rien à montrer à l’inspecteur AAAAAAHHHHH je fais quoi ? (c’est faux, je n’ai juste rien à montrer de standard, de classique. C’est flippant).

Nos bases

J’ai cherché l’apprentissage pour un enfant surdoué, je n’ai trouvé aucune réponse efficace sur le net, aucune qui nous aide dans notre quotidien. Nous tâtonnons, nous essayons, nous lâchons, nous recommençons différemment, nous inventons. Sans cesse. Nous nous épuisons aussi, parfois, alors nous faisons une petite pause. Nous travaillons parfois le matin, parfois l’après-midi, parfois sept jours sur sept et parfois trois fois dans la semaine. Nous suivons son rythme, ses demandes, sa fatigue, ses fragilités. Je crois que le terme adéquat est que nous jonglons et que chaque jour nous devenons de plus en plus doué dans le rattrapage des balles 😉 La routine l’angoisse rapidement, alors on bouscule.

Mise en place actuelle

Ce sont des éléments qui s’imbriquent, et qui ont tous une importance capitale dans nos journées d’apprentissage : ils sont indissociables.

. Rendre les exercices (simples) compliqués : En CE1, ils apprennent les centaines, seulement les additions c’est trop simples, les soustractions n’en parlons pas. Mon mari a détourné un jeu de société, en a fait un système complexe d’achat et de là Prince manipule les chiffres à 6 chiffres sans problème (et le tout à l’oral sans rien poser sur papier : il fait des erreurs, il réfléchit, recommence sans s’énerver). Mais mettez lui une addition sous le nez et il perd pied. Nous allons donc devoir en parallèle, travailler sur sa phobie. En attendant, mon mari a un don particulier pour rendre les choses plus compliquées qu’elles ne le sont, et cela nous aide énormément.

. L’écriture : c’est long, fastidieux, ça ne va pas assez vite pour lui, il efface sans arrêt pour que ce soit parfait et pire que tout : c’est répétitif. Sauf si la demande vient de lui, il est difficile de le faire écrire mais j’arrive à contourner un peu le souci en lui faisant faire de mini-exposés sur ce qui l’intéresse sur le moment. L’exposé comprend une recherche sur le net, parfois imprimer deux ou trois photos, écrire un peu.

. Le programme scolaire : j’ai au départ fini par tout abandonner. Prince piquait des crises de nerfs plusieurs fois dans la journée (sans rapport avec l’IEF ou avec), c’était ingérable. Nous avons arrêté l’instruction (à partir des cahiers) un temps et au bout d’un moment il s’est stabilisé dans ses émotions et sa peur de l’échec. J’ai eu soudain une illumination, et je lui fais faire le programme en survol : on lit le livre, il répond à quelques questions à l’oral, et on passe à la page suivante (avec des interruptions parce qu’il fait des liens avec des milliers d’autres choses qui n’ont rien mais alors rien à voir : c’est riche). Cela s’est très bien passé, même si cela le fragilise un petit peu sur ses bases. Moi cela me rassure dans le fait qu’il possède bien les bases, lui n’a pas vraiment l’impression de travailler, et lorsque nous aurons terminé (je n’ai pas intérêt à trainer trop) je passerai au programme de CE2. Tout simplement. Il arrivera bien un moment où le programme rejoindra ce qu’il y a dans sa tête ? Et puis si ce n’est pas le cas, ce n’est pas très important. Il a montré qu’il avait besoin qu’on s’occupe de lui, et c’est ce que je fais.

. L’indépendance : justement, il n’y en a que peu. La peur panique de mal faire, l’échec possible le terrifie. Je suis en permanence avec lui, parfois au détriment de son frère qui voudrait bien mon attention également pour apprendre lui aussi. C’est compliqué, c’est pénible et je crains que pour l’instant, nous devions attendre un peu que le temps passe. Dès que nous le pouvons, nous travaillons sur le mode « un adulte par enfant ».

. Le dessin : suite aux conseils d’un twitteux formidable, j’ai investi dans des feutres effaçables. Ça a mis fin à l’éternelle boule de papier jetée dans la pièce, non seulement parce que c’est effaçable bien sûr, mais aussi et surtout parce que Prince a pris confiance dans son trait – il ne part plus perdant.

. Le sac à ennui : j’ai trouvé l’idée quelque part sur le net, je l’ai adapté aux activités possibles de Prince (avec son accord) : sur des bouts de papier cartonné, j’ai inscrit une activité (une vingtaine de différentes) et s’il choisit de tirer un papier il a alors obligation de le faire au moins quinze minutes, nous passons bien le contrat avant. Ça le lance ensuite durablement sur quelque chose et ça apaise les tensions dans la maison. Sur ce principe ce soir, il a ressorti son cahier de mots-croisés et il en était très heureux.

. La lecture : il lit de lui-même en permanence, diverses BD et un manga (le chat Chi), ou des histoires pas trop longues. Il arrive même qu’il en lise à son frère. Du coup de ce côté là, je ne m’en occupe absolument pas sauf pour l’emmener à la médiathèque.

. Activités détournées : on apprend beaucoup hors des livres. Il m’aide parfois à cuisiner et donc à peser, il fait des origamis et apprends donc la géométrie et les formes, etc. Aussi inquiète que je puisse être parfois – et je le suis uniquement quand je pense au contrôle de l’académie, cet enfant apprend en permanence. Cette après-midi je le croyais sur un dessin animé, il regardait un documentaire sur le récif de corail. Je ne vois vraiment pas pourquoi je m’inquiète.

. Divers : il apprend à coder (python) [merci spécial à Pouloucoq], ainsi que la LSF… C’est un enfant très occupé, qui s’ennuie aussi très vite.

 
Rien de ce que nous faisons n’est parfait, mais nous faisons de notre mieux. Vous pouvez commenter, mais pas critiquer négativement – mon privilège de maman fatiguée.
 
 

17 commentaires sur “17”

  1. Une bonne paire de claques, avec un bon coup de pied au derrière !

    Sinon, laisse-le progresser à son rythme sans faire une psychose des bases. Dans le meilleur des cas, il va de lui-même se rendre compte de ce qui lui manque et aller le chercher, ce qui rentrera d’autant mieux, au pire, tu devras combler les trous au cas par cas dans les exercices où elles sont requises mais pas encore acquises. Mais je pense que de lui-même, il les prendra à partir du moment où il en aura l’usage. Ce n’est pas un esprit sériel, c’est un esprit aléatoire, au sens où il ne va pas bêtement suivre les instructions en attendant que cela se passe, mais s’intéresser à énormément de choses qu’il va ensuite ensuite regrouper au sein d’un système fonctionnel qui lui sera propre.
    (Je dis cela par rapport aux informations que tu donnes et à mon expérience de la chose.)

    Ici, ce qui m’embête vraiment, c’est sa psychose de l’échec. Là, il gagnerait à voir une personne tierce, non pas parce que tu n’es pas une bonne mère, c’est tout le contraire, mais justement parce que tu es sa mère, il y a aura toujours certaines choses que tu ne pourras pas faire avec lui et je pense que son angoisse fait partie de ces choses-là. De fait, vous ne pouvez pas soigner vos angoisses respectives ensemble, vous devez chacun la soigner de votre côté, surtout que, finalement, vous vous alimentez l’un l’autre à ce sujet.
    (Je ne le dis pas pour te faire culpabiliser — je réserve cela à BillieOh, qui a d’ailleurs besoin que tu lui envoies plein de photos de nourriture appétissante —, c’est juste un constat froid destiné à te donner une piste de travail.)

    Sur ce, je retourne à ma dépression animée.

    1. J’ajoute vite fait une chose au sujet de l’esprit aléatoire de ton pokémonfils : John von Neumann expliquait que la force de l’informatique était que tout est information, y compris le programme qui manipule l’information, ce qui veut donc dire que le programme lui-même est modifiable. Ce qui rend les informaticiens encore plus stupide que les ordinateurs — qui sont pourtant la parfaite illustration de la bêtise — est qu’ils oublient cela : tout est information. Or, l’ordinateur n’est jamais qu’une tentative en perpétuelle évolution de réplique du cerveau humain, ce qui fait que la remarque de Neumann vaut finalement pour tout un chacun : nous manipulons l’information, mais sommes nous-mêmes l’information, au sens où nous pouvons nous « reprogrammer », c’est-à-dire changer notre façon de faire qui ne convient pas ou plus par une nouvelle plus adaptée. Un gus dans son garage du nom de Darwin a d’ailleurs écrit deux-trois pages là-dessus. Aujourd’hui, 99% des (ingénieurs-)informaticiens sont sériels, au sens où ils ne sont pas moins fanatiques que les barbus qui s’explosent dans les salles de concert ou les cathos qui battent le pavé contre l’homosexualité familiarisée (uh uh uh). Les meilleurs informaticiens sont aléatoires, au sens où ils improvisent systématiquement par rapport à la situation qui se présente à eux et ce sont ces derniers qui créent les innovations que les 99% restant suivront en bêlant avec prétention. George Bernard Shaw l’a dit lui-même : « L’homme raisonnable s’adapte au monde ; l’homme déraisonnable persiste à essayer d’adapter le monde à lui. De fait, le progrès dépend repose entièrement sur l’homme déraisonnable. » — George Bernard Shaw
      (Et je vais transformer cette note en article, je pense.)

    2. Je suis entièrement d’accord avec toi, il ira chercher ce dont il a besoin. C’est pourquoi nous survolons le programme. En le survolant, je vise deux choses : m’arrêter sur ce qui l’intéressera, arriver au moment où il ne saura pas « intuitivement » et où il lui faudra réellement travailler ses sujets. LeChat s’y est retrouvé confronté au collège (ou lycée ? bref) et à partir de là les choses sont devenues compliquées pour lui, il l’a mal vécu. Je préfère ne pas attendre qu’il ait 12 ou 15 ans pour qu’il se rende compte qu’on doit travailler certaines choses. On va avancer rapidement, trouver son niveau et à partir de là il pourra également trouver ce qui le passionne et ce qu’il veut laisser de côté. Il est lui-même en demande, je précise 😉

      Il voit une psy, mais en résumé rapide il refuse d’aborder avec elle le moindre sujet personnel du coup ils n’avancent pas. Ils ont un très bon contact, elle est vraiment bien, très respectueuse, par contre dès qu’il s’agit d’émotion personnelle Prince refuse de communiquer (blocage depuis qu’il est allé à l’école à 3 ans et demi).

      Mais pourquoi donc BilliOh a besoin que je lui envoie des photos culinaires ?

      1. Parce qu’elle essaye de moins manger et que l’occasion est trop belle pour ne pas l’embêter. 😉

        (Ceci dit, fais juste semblant de le faire, hein, c’est un jeu, pas une agression, mais je pense que cela va sans dire avec toi.)

        Tu as raison de ne pas trop attendre. Vu la façon dont vous travaillez, en avançant rapidement sur les programmes, je pense qu’il n’attendra pas l’âge de LeChat, vu qu’il me semble que le parcours n’est pas le même. D’autant qu’il est déjà en demande, donc c’est juste une question de maturation (qui ne fonctionne pas comme un palier, mais comme différents domaines qui évoluent à leur rythme, en semi-indépendance les uns des autres). Donc, je ne pense pas que le problème se posera. Au pire, si tu sens qu’il arrive à ce point, essaye de lui inculquer la notion d’excellence des Grecs anciens, au sens où s’améliorer soi nous permet également d’améliorer le monde en tendant une main plus amicale et aidante à autrui.

        C’est plus embêtant avec la psy. Peut-être le blocage antérieur s’accorde avec une crainte à venir (tu as déjà été inspectée sur l’IEF ? Ma mémoire me fait défaut à ce sujet) qui sera balayée une fois l’épée de Damoclès esquivée ? En tout cas, il va devoir régler cela d’une manière ou d’une autre. Qu’il se taise par choix, pourquoi pas, mais cela ne doit pas être subi.

        1. Ben surtout, je ne vais pas l’embêter ^^ »

          Non pas encore inspectés. Il s’inquiète un peu effectivement de cette visite, mais le blocage est ailleurs c’est certain. Il finira par y arriver, ce serait juste bien que ce soit « tôt ».

  2. C’est un des grands avantages de l’IEF, n’est-ce pas ? Pouvoir inventer son propre programme. Celui que vous proposez à Prince m’a tout l’air très intéressant ! Il ne faut pas trop s’inquiéter je pense… Je me dis aussi que vous pourriez lui proposer des revues scientifiques/littéraires, il en existe plein des super pour les enfants plus ou moins grands. Quand j’allais à l’école, c’est ce genre de revues qui m’a permis de ne pas m’ennuyer ^^

    1. Oui, pouvoir l’inventer en fait partie mais ce n’est pas bien accepté par l’Académie. En soit tu me diras, on s’en fiche… mais en fait non : ils ont le pouvoir. Il y a des familles autour de moi (de personnes réelles, pas des cas sur le net) qui ont une injonction de rescolarisation abusive pour ce genre de raison (pour une famille, le rapport était positif, tout se passait bien, mais l’inspectrice « préférait » tout de même une rescolarisation… c’est vraiment fou).
      Alors je ne suis pas « tranquille ». Je ne suis pas inquiète, je garde juste en tête qu’on doit garder des traces de tout ce qu’on fait. Prince ne pourra sans doute pas accepté d’être testé (puisque ça le terrifie). Les tests ne sont pas permis légalement mais ils le font tout de même et ça se passe très mal lorsque c’est refusé. Alors je tente de compenser en gardant des traces de tout (mais pas évident avec sa phobie).

      Bref. C’est compliqué, même si je ne m’affole pas : ça sera comme ça sera.

      Pour les revues, nous n’avons rien trouvé pour l’instant qui soit à la fois accessible à sa tranche d’âge et intéressant (si on tape trop haut, le langage est compliqué ou les sujets traités sont violents), trop bas il se passionne pas ^^ Et ma médiathèque a très très peu de choix dans ce domaine. Mais on les essaye toutes les unes après les autres.. (côté achat, pas de sous).

      1. Rah, ça me fait un peu peur tout ça… Bon François me dit qu’on s’en fout, au pire on déménagera… Je ne partage pas tellement son optimisme, mais je reste confiante : j’ai vraiment lu que les inspections étaient faites pour s’assurer que l’enfant est instruit sans embrigadement, non pas pour juger de son instruction. Enfin, Ambre : tout se passera bien. Tu es super, LeChat se débrouille très bien aussi et Prince apprend hyper vite. Phobie ou pas, il va bien s’en sortir !

        Je lisais Science et Vie Junior autour de mes dix ans. C’est peut-être un peu trop difficile pour lui ou ce n’est pas du tout ce qui pourrait l’intéresser ?

        1. Que mes peurs et soucis ne deviennent pas tes peurs surtout ^^ »

          Déménager ? Changer de pays tu veux dire ? On y a pensé, mais les pays en faveur de l’IEF ne sont pas légion. S’il parlait de changer de département, cela ne sert pas à grand chose (sauf à fuir une région particulièrement contre l’IEF, il y en a en effet et je suis au moins rassurée de ne pas être du côté de Créteil, par exemple :/ )

          Ah oui, je m’étais dit qu’il fallait qu’on teste et j’ai oublié, merci. Je viens de regarder sur le site de ma médiathèque, ils en ont 18. C’est toujours ça, si ça lui plait 🙂

  3. Coucou, je viens de découvrir ton blog et je pense sincèrement que le choix de l ief est tout à fait adapté à ton enfant, toi seule et lui même peuvent le savoir. Ici, on a fait un essai d’école en GS pour mon fils cette année, j’avais choisi une école aux méthodes Freinet, bilingue occitane, les enfants s’occupent du potager, … l’école de rêve ! Mais pour mon fils ça ne s’est pas bien passé, malgré les enfants adorables qui venaient vers lui, les instits et atsem adorables et repectueuses du rythme de chacun, mon fils a développé une phobie scolaire. C’était des crises de paniques arrivés à la grille de l’école. La goutte d’eau qui m’a poussée à l ief, fut lorsque la directrice m à proposé de le passer en MS parce qu’il n’était pas très doué en pâte à modeler et occitan, ce qui l empêcherait de passer au CP l’année suivante. En effet la pâte à modeler ne l’intéresse plus depuis ses 2 ans, a 4 ans et demi il voulait apprendre l’espace, connaissait les planètes de notre système solaire, aujourd’hui à 5 ans et 1 mois il sait lire à peu près tout et compter et calculer jusqu’aux milliers, l’écriture va moins vite cependant, je respecte son rythme, on finit tous par acquérir les connaissances !
    Il n’est pas encore soumis à l’obligation scolaire, ça sera pour l’année prochaine. Mais le passage de l’examinateur m’inquiète déjà, car comme toi, difficile de garder des traces écrites du travail fait, il préfère le travail à l’oral, ou sur un support effaçable. Du coup je pense l’inscrire avec les cours académique pour pouvoir montrer que l’on cherche à suivre un programme et avoir un soutien supplémentaire, mais l’idée de l’inspection reste stressante.

    La revue Science et vie Junior peut être une bonne idée pour ton petit loup 🙂 je lisais ça gamine c’était mieux que l’école !

    1. Oh, c’est une école du style les Calandrettes ? Nous en avions visité une lorsque nous habitions dans le Sud, mais à l’inverse de toi l’équipe nous avait mal reçu lors de la visite. On nous avait regardé de bas en haut : pas assez riche, pas assez bien habillé (je suis un peu bohème, je crois), nous avions très très mal vécu la visite et avions abandonné l’idée dans la foulée, de mettre Prince là-bas. Mais sinon je te rejoins, c’était un peu une école de rêve 🙂
      Je suis toujours effarée par ce genre de discours « il ne sait pas colorier sans dépasser, il rêve au lieu d’écouter » ou comme là « il n’est pas doué en pâte à modeler ». C’est fou, vraiment. Ça n’a l’air de venir à l’idée de personne que l’enfant n’est simplement pas intéressé -_- Tu as eu bien raison de le retirer, là au moins son rythme est respecté. En effet pour l’écriture pas de souci, ça viendra quand il trouvera son intérêt. Prince savait tout ça à 4 ans et un jour il a refusé lecture et écriture, pouf… il a repris à 6 ans finalement, avec l’école et maintenant il lit du matin au soir 🙂 Les enfants ont un rythme qui leur est propre.

      Si ton enfant a du mal avec l’écriture comme le mien, tu risques deux soucis en l’inscrivant à un cours : payer pour rien (et ça coute cher) et induire l’inspecteur en erreur (l’enfant suit un cours qu’il refuse, c’est compliqué..). On a le droit d’être dans l’informel comme le formel, profites-en pour suivre ce qu’il veut lui peut-être ? Éveillé et doué comme il est, il saura te guider. Ici comme tu as pu le lire, nous faisons un mixe formel/informel et je suis sa passion des animaux pour tout l’apprentissage. Sur internet, il y a beaucoup de fiches faites par des enseignants, et je pioche dedans pour avoir des traces écrites (un peu de lui pour remplir quelques trous laissé tu vois), ou tiens par exemple sur les planètes puisque c’est ce qu’il aime : http://laclassedeowin.eklablog.com/cartes-de-nomenclature-la-structure-de-la-terre-a109061536
      Et ça, ça te fait un support papier à montrer. Et aussi, de ton côté tu devras noter ce que tu fais chaque jour pour garder une trace et pouvoir le montrer.

      Maintenant, on en reparlera quand l’inspecteur sera passé ^^ » Si ça se trouve je vais déchanter. Mais je me sers beaucoup de ces supports là, et Prince adore ça.

      Sciences et vie Junior, je ne l’ai pas trouvée à la médiathèque figure-toi 🙁 Je retenterai..

      1. Coucou !
        Oui exacte c’était une Calandrette ! J’en avais visité une première où je m’étais sentie jugée probablement d’apparance « trop pauvre » comme tu dis, c’était e nville, fréquentée par des enfants de médecins, d’avocats… la seconde était dans un petit village, parfaitement reçue et vraiment une communauté adorable et sans jugements, à l’inverse de la première une majorité des parents venait en sarouel ou camion aménagé 😉

        Tout à fait, les gens ont tendances à oublier que nous avons tous un rythme propre à chacun, des coup de mou, baisse de motivation, ou tout simplement pas intéressé, et l’inverse! Les enfants aussi ont le droit d’avoir des périodes hautes ou basses et des avis 😉

        Figure toi que depuis mon commentaire il y a 10 jours, l’écriture s’est débloquée ! Il a eu l’envie d’écrire sur cahier, en s’appliquant, grâce à un cours… d’anglais ! Parfois la motivation débarque là ou on ne l’attend pas ! ^^ Du coup je pense prendre le programme des cours académiques pour le formel, sans que l’on s’empêche d’avancer dans « l’informel » que l’on pratique habituellement. J’attendrai ton article sur le passage de l’examinateur pour, espérons, me rassurer ! 😉
        Merci pour le blog que tu as mis en lien, j’ai regardé, le contenu est interressant ! Pour Sciences et Vie Junior tu peux éventuellement voir sur leboncoin ou ebay si quelqu’un n’en vend pas un lot ! 🙂

        1. Quelle bonne nouvelle pour l’écriture ! Comme quoi, toujours leur faire confiance à ces petits, les choses arrivent quand ils en ressentent le besoin ^^
          Oui je te dirai pour l’inspecteur. Je ferai bientôt un article sur les nouveaux livres que je me suis procuré, qui semblent être parfait dans ses besoins.
          Oh exact, je regarderai merci ! Je n’y ai même pas pensé.

  4. Question toute simple : tu t’es penchée sur la pédagogie Freinet ? On part des besoins et des envies de l’élève pour qu’il devienne acteur de ses apprentissages (donc chacun son rythme). Dans le principe, ce n’est pas l’instit’ qui apprend à l’élève, c’est l’élève qui apprend grâce au soutien fourni par l’instit’. Ça a l’air beau sur le papier, mais ça peut aussi l’être dans les classes… Il y a un certain nombre de techniques que chacun peut adapter à ses élèves, à sa propre personnalité ; beaucoup d’outils publiés (éditions PEMF et Odilon) ; des instits passionnés (et humains), des groupes de travail départementaux et un mouvement national. Après, ce type de pédagogie peut bien fonctionner avec un groupe d’élèves (émulation), alors pour 2 enfants à la maison, difficile de se prononcer, leur personnalité peut jouer un grand rôle…
    Tu es dans quel département ? Il y a peut-être une école Freinet près de chez toi, que tu pourrais contacter pour éventuellement te joindre à leurs réunions de travail. Ou te rendre à un stage de formation/autoformation/réflexion (il y en a souvent pendant les vacances scolaires). J’ai déjà vu des parents venir en stage et on leur a réservé un bon accueil 😉

    1. Oui je connais bien, j’adore cette méthode (j’ai déploré que ce ne soit pas fait dans notre ville, ni autour non plus). Du coup non, ça répond à ta question : rien vers chez nous, j’avais déjà cherché. Mais c’est ce que j’ai tenté d’établir à la maison, nous avons fonctionné un peu comme ça, avec un apprentissage sur le rythme, en suivant les demandes et les passions, etc.
      Et on s’est planté. Ça fonctionne pas trop mal avec Hibou, mais pas pour Prince. Ça nous a demandé longtemps pour nous en apercevoir. Un élément déclencheur hier nous a fait prendre conscience qu’en fait Prince a un léger fonctionnement autiste (sans l’être par contre, c’est certain) qui est peut-être en lien avec sa surdouance supposée : il a un besoin de cadres énormes. Donc, je vais tout recadrer et pour un temps on va faire uniquement du formel (j’ai trouvé chez Hachette, des livres qui traitent le programme en parallèle du monde des animaux : c’est sa passion, ça tombe bien. Je vais pouvoir allier les deux, sans m’épuiser sans cesse à chercher sur le net).
      Et puis… on va voir ce que ça donne. Si on se gamèle encore, il retournera à l’école. Nous sommes épuisés et on a des limites ; on a craqué hier, nous sommes donc dans l’urgence de trouver une solution.

      1. Ok, ce n’est peut-être pas une pédagogie qui fonctionne avec lui, tous les élèves n’y sont pas réceptifs, tout dépend des personnalités, des blocages, etc. Comme avec la péda traditionnelle. Ceci dit, la PF n’est pas une pédagogie sans cadre ou avec un cadre « faible ». Même si les élèves sont mis en position de choisir beaucoup de choses, les temps de travail restent des temps de travail 😉
        Même si ça ne répond pas à tes besoins immédiats de solution, peut-être trouveras-tu des éléments enrichissants dans un stage régional (peut-être aussi pour mieux expliquer ton travail et ta vision des choses à l’inspecteur) ? Sur le site de l’ICEM, il doit y avoir une liste des stages (sans doute cet été désormais, peut-être à Pâques) ou alors tu peux contacter le support pour qu’ils te mettent en contact avec le groupe départemental le plus proche de chez toi.
        J’espère que tu trouveras des pistes pour tes loulous 😉 Et pour vous 2 aussi, histoire que vous puissiez un peu souffler.

        1. Oui je pense que le temps de travail n’était pas suffisamment clair, et je compte y remédier 🙂
          Merci pour tes idées, je verrai ce qui est faisable en effet !
          Je l’espère également, je mise beaucoup sur les changements que nous mettons en place actuellement ^^

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