La rumeur du monde tient dans les mains

Atelier d’écriture

 
Le texte est venu d’une certaine manière, a pris une autre tournure à la dernière minute… Les enfants criaient leur joie de vivre dans mes oreilles avec leur rollers à leurs pieds et je crois que cela a participé fortement au résultat. Ça et puis cette envie en ce moment, d’apprendre.
Ma participation là-bas.
 

jeux enfants fontaine mains
 
 

Il lui demande de venir tous les jours, je le sais parce qu’il l’a dit à Cloé et qu’elle me l’a répété. Alors chaque après-midi ils profitent du soleil et de l’eau des fontaines. Il part jouer avec ma fille et Elle, Elle le regarde s’envoler comme un moineau avant de se mettre en retrait un peu, avec un livre. Je ne sais pas comment c’est possible mais ce n’est jamais le même bouquin. Peut-être qu’Elle s’ennuie sur celui de la veille et qu’Elle en prend un autre pour tester. Il n’est pas humainement possible, avec un enfant, de lire un livre par jour. Si… ? Celui d’aujourd’hui a une couverture étonnante, grise, hésitante dans ses teintes : une clarté, une silhouette qui semble tout à la fois prête à s’élancer sur le seuil de la rue ou à repartir dans l’autre sens et claquer une porte invisible. Étonnante, parce que je me sens un peu comme ça face à Elle. Elle est dansante, cette couverture, elle ne sait pas comment parler au monde. Et puis il y a ces mains là qui tiennent le livre, petites et douces, silencieuses…

J’aime ces instants hors du temps, cette course dans mes journées qui s’arrête lorsque j’amène Cloé jouer dans les fontaines. Tout en moi se repose, s’apaise. Je me permet d’observer, de prendre le temps, d’être présent en moi et à ce qu’il se passe autour de moi. C’est comme ça que je l’ai repérée. Elle était la seule à ne pas crier sur son môme, elle lui faisait juste un signe de la main parfois et moi je me suis retrouvé pris dans cette voix invisible qui se construisait par dessus les cris des autres. Le silence se remarque plus facilement que le bruit, ou alors peut-être que j’y suis particulièrement sensible ; je la sens vibrer dans ses gestes. Je suis là et je me sens entier comme si elle tenait tous les secrets entre ses doigts. Elle m’a montré sans le savoir, l’équilibre des sons qu’elle dessinait entre les voix. C’est réconfortant, apaisant tout ce qu’elle dit en silence pendant que le monde bruisse. C’est à cela que nous sommes liés, à tout ce qui se dit en filigrane dans les silences. Toute notre identité est dans l’écoute de ce qui se tisse lorsque nous ne parlons pas.

Ce soir les enfants se sont donnés la main au moment où je prenais une photo. Je la tirerai sur papier et j’irai la lui montrer, c’est une bonne manière d’entrer en contact avec une personne non ? Je crois que cette fois, je vais oser parler à la maman qui change de livres tous les jours. Pour lui demander tout de même si vraiment, elle a le temps de lire autant, et si elle sourit je glisserai un accepteriez-vous de boire un café avec moi ? Enfin, en substance. Je crois que j’ai appris les bons gestes, je n’ai plus qu’à oser.

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2 thoughts on “La rumeur du monde tient dans les mains

  1. J’espère que tu es allée la voir et que tu lui as parlé et que vous êtes amie parce que…
    Cette femme, c’était presque moi !!!

    Enfin… Si je ne prends pas les choses trop personnellement, je dirais simplement que « j’aime beaucoup ce texte et qu’il me parle, vraiment. »




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