Enfants - école à la maison

Quand l’instit déborde

hibou ecrit ardoise craie
J’ai effacé avec Photoshop rapidement, pour qu’on ne voit pas son prénom 😉

 
Par le biais de circonstances étonnantes, nous connaissons désormais l’inspecteur qui va normalement venir le 21 mars chez nous. J’en ai profité pour chercher sa photo sur le net : un visage connu est moins effrayant. L’homme de notre circonscription a l’air d’être aimable, relativement ouvert de manière générale – je ne connais pas sa position sur l’IEF et ça peut tout changer bien sûr. Nous l’avons appris par une maman qui vient de le rencontrer suite à ses plaintes pour son propre enfant (et deux retraits d’enfant en cours d’année). C’est donc cet homme qui désormais, s’occupe de comprendre ce qu’il se passe du côté de la maitresse maltraitante de la maternelle proche de chez nous. Il y aurait beaucoup à dire et pas seulement sur elle, mais c’est un début et il faut dire qu’elle va de plus en plus loin dans la maltraitance. L’élément déclencheur s’étant passé pour une fois devant témoins (d’autres parents), je suppose que cela a aidé à la prise en charge de ce qu’il se passe là-bas.

J’ai peu à dire sur elle. Prince faisait son possible pour surmonter sa phobie scolaire et sociale, il revenait de très loin et elle a fait de très gros effort avec lui. Nous nous sommes déplacés quand elle a voulu mettre du scotch sur la bouche des enfants – ce à quoi elle avait répondu « Je ne peux pas faire autrement » et il fallait y lire la dépression et le sentiment d’être dépassée. Nous avions été écouté, elle avais mis trois mois avant de se resservir de l’idée – n’y lire que mon ironie de parent dépassé par une institutrice dans la toute puissance de ses fonctions.. Nous avons surveillé de prêt, et ce qui nous choquait nous ne choquant pas forcément les autres parents, nous nous sommes occupés uniquement de notre enfant. Il y aurait pourtant eu de quoi signaler bien des comportements de la dame. Par exemple, un enfant qu’elle juge moche est surnommé « l’affreux », il perd son prénom, son identité et devient juste « l’affreux ». Seulement quand on parlait de ces choses, il y avait toujours une personne pour répondre « oh, on n’en meurt pas hein ». Même dans mon entourage, j’ai eu ces réponses là. Et c’est vrai, on continue de respirer, mais il n’y a personne pour s’occuper des parties mortes sous les coups des mots, il n’y a personne puisqu’on y survit à toutes ces morts.

Vous êtes-vous demandé quel adulte vous seriez, si toutes les parties de vous étaient vivantes ?

Moi je me le demande. Souvent. Je ne sais pas répondre et il n’y a plus rien à faire sur ce qui est fait. On peut par contre changer ça pour nos enfants. Ne pas tolérer les insultes, les punitions traumatisantes, les claques, les coups physiques, les hurlements terrorisants, les menaces, les mises en poubelle – ceci n’étant pas une image, l’instit en question le faisait, et celle de CP l’année dernière en menaçait les enfants.

Il serait temps que l’Éducation Nationale prenne ses responsabilités. Parce que pour l’instant, les seuls recours que les parents ont sont le retrait de l’école (pour une autre privée) et/ou l’IEF. Mais pour tous ceux qui n’en ont pas les moyens/la possibilité, on fait quoi ? Il y a trop d’enfants pour une seule personne : l’instit (seule et en détresse) qui hurle sur l’enfant qui a fait pipi dans la classe cela pourrait être évité, un enfant de trois ans oublié dans le couloir c’est juste inadmissible, l’instit qui prend son premier poste et est complètement largué par un manque certain de préparation (son diplôme tout neuf ne l’ayant en rien préparé à ça), cela ne devrait jamais se produire.

Cette institutrice là, ce n’est pas la pire qu’on ai eu. C’est la première, celle à cause de qui le comportement de Prince a changé au point d’avoir vu trois psys différents, qui fut un cauchemar (au sens propre). Celle-là est connue de l’EN, de toutes les écoles de la ville, à un énorme dossier et… instruit toujours. Quand la maltraitance devient le premier métier, et que personne ne fait rien, je considère les responsables supérieurs comme autant responsables que celle qui frappe et humilie.
Pour exemple, ce fait à lire, puis le résultat. C’est ce qu’il se passe, sans même aller au procès, avec les instits maltraitants : l’EN sait, les collègues savent, les parents savent, et rien.

Là où je veux en venir, c’est qu’avant même d’en arriver à ces situations critiques, il manque des ressources essentielles –hors dérapage de personne qui devrait être en psychiatrie, comme la première instit de mon fils – au niveau de l’enseignement des futurs enseignants. Où est la formation pour éviter les dérapages, pour y faire face lorsque ça leur arrive ? Où est la formation pour faire face aux échecs ? Où est la formation pour identifier ce qui relève de la violence psychologique, et les moyens à mettre en œuvre pour en sortir ? Où est la formation pour apprendre à gérer une classe et ses conflits, pour apprendre à gérer ses propres peurs, ses doutes, ses dérapages ? Où est la formation pour gérer les émotions des enfants, de l’enseignant ?

En attendant, il y a des instits formidables qui font un boulot dingue et parmi eux beaucoup sont en dépression. Cela pourrait être évité, ça aussi. L’instit de notre école maternelle qui se retrouve avec une enquête, je lui souhaite de se remettre en question. Cela fait longtemps que j’ai compris que l’enquête elle-même ne mènerait nulle part alors j’espère qu’elle, elle va prendre conscience de ce qu’elle fait, de ce qu’elle détruit chez les enfants, de toutes les parts mortes qu’elle enseigne au rythme des lettres de l’alphabet.
Je lui souhaite de trouver les morceaux qui sont morts en elle.
Se soigner, tous, prendre soin de nos parts mortes, les réparer : c’est ce qui amorcera le changement.
 
 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

4 commentaires

  • David Hasselhoff

    La formation sert à des personnes capables dans l’absolu d’enseigner. Même formée, l’institutrice dont tu parles n’est visiblement pas capable d’enseigner et n’aurait pas dû être engagée.

    Mais l’Education nationale manque d’effectifs : à force de maltraiter les enseignants en les payant mal, en les accusant de tous les maux, et prenant systématiquement la défense des élèves et parents même lorsque l’élève est en tort, effectivement, les bons enseignants partent et il ne reste plus que des tocards pour les remplacer.

    Ce n’est pas pour rien que je prône une revalorisation du statut d’enseignant lié à une véritable sélection des dits enseignants ; cela doit être fonction que l’on mérite, pas le dernier recours avant le chômage…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *