Il suffit d'un mot

La pagaille de toutes les arrivées

hibou ecrit


Sans l’avoir prémédité, j’ai lâché mon pc avec l’idée que j’y passais beaucoup trop de temps. Le temps a filé sur des moments atypiques que je n’avais pas vécu depuis longtemps : une richesse ailleurs, simplement. Je livre ce vrac d’une réalité floue où il me semble n’avoir rien fait sinon déplacé une pagaille monstrueuse – une réponse intéressante pour bien des aspects, à tous ses objets qui refusent d’avoir une place. Je me suis gonflée de ce qu’il y a peu j’aurais appelé « imposture » et j’ai agi comme si j’étais à l’abri de la moindre rechute d’angoisse. Car je le suis n’est-ce pas, je le suis.

J’ai trouvé puis créé le loto des alphas ; j’ai imprimé en noir et blanc c’est mon seul regret, découpé, solidifié avec du papier Canson de différentes couleurs et les trois enfants se sont bien amusés – était-ce d’avoir repris un travail indirect avec lui ? Hibou s’est soudain mis à écrire « il est interdit d’entrer dans la salle de jeu » à sa manière mais avec de véritables lettres et il l’a scotché sur la porte. Je me suis plongée dans le livre « Notes de chevet » et l’humour de cette femme éclaire mon regard encore davantage sur ce joyau et sur toute une époque qui m’était jusqu’alors inconnue. L’envie de dessiner m’a tenaillé et quelques coups de crayons plus tard j’avais un style inconnu de moi sur le papier – il semble que je sois autant une éponge en dessin qu’en lecture/écriture. Je ne me sentais pas à l’aise et j’ai commencé à ranger ce coin si catastrophique. J’ai déplacé mes machines, évacué des tissus, fais la poussière, épinglé deux de mes dessins juste dans un coin – il faut se pencher pour les voir. D’une couture exclusive, cette table s’est ouverte pour laisser la place à la lecture de cet énorme ouvrage, aux quelques livres de dessins et à mes crayons. Je me sens soudain « chez moi » dans un coin qui me ressemble un petit peu plus. J’ai observé mon bureau et j’ai fait de même : j’ai épousseté, jeté un papier ou deux, déplacé des petits tas et des carnets. J’ai comblé la place par des livres de méditation, de yoga et de toute ma pile en retard. Puisque je ne peux apporter la bibliothèque dans le salon – elle est dans notre chambre – j’ai fait venir les livres dont j’avais besoin visuellement à mes côtés. Ce n’est pas encore tout à fait ça, c’est bancal mais j’améliore. J’ai besoin d’une certaine cohérence entre ce que je suis, ce que je ressens, ce vers quoi je tends, et mon environnement. Dis comme ça c’est d’une telle évidence bien sûr… Mais jusque là, il n’y avait pas en moi la place pour que j’en fasse à côté.
Depuis, une odeur de cèdre entêtante s’est installée. Je réinvente tout mon être dans cet espace olfactif.
Je me coule dans une sensation particulière, un flottement imprécis. Je crois que j’informe ma maison que je m’installe en moi.

 

Hibou, 4ans, en prévision des jeux dans une asso :
_ Maman tu sais, je voudrais un ami. Un vrai ami.

 
 

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