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Les quatre-vingt onze centimètres de Skhizein

 
La sensation de se tenir à côté de soi est particulière. Je ne me sens pas à côté de moi, je me sens à côté de ce qu’on attend de moi et à côté des autres. La nuance est sans doute là, je suis saine d’esprit, juste décalée. De quatre-vingt onze centimètres. Je me sens là le plus souvent, à côté de ce qui fait la vie des gens. Des petits pas sur la droite, jamais à gauche et je ne sais pas pourquoi mais c’est ainsi. Je me sens à côté et si j’en ai souffert énormément, il m’aura fallu beaucoup d’années de travail et une rencontre déterminante pour me comprendre et m’accepter entièrement – j’y travaille toujours et je commence à me sentir stable sur mes bases.

La vidéo « Skhizein » m’a bouleversée dans cette justesse décalée justement. Il s’agit avant tout de troubles psychologiques touchant certaines personnes, « une sur cent » dit Henri. Et si je ne suis pas concernée par cette folie-là – bien que je l’ai touchée du doigt -, je perçois au jour le jour l’incompréhension de l’entourage et la sensation de décalage.
Maintenant je vais pouvoir dire « Je suis décalée de quatre-vingt onze centimètres ». Juste parce que ça me parle tellement.

« On ne précise jamais aux gens de combien ils sont fait. On dit juste qu’ils ont perdu la boussole, qu’ils sont à côté de la plaque, paumés quoi. Alors un peu plus un peu moins, finalement… à quoi peut servir de savoir ? De savoir de combien de centimètres on s’est éloigné. »
 

Skhizein – Prix du Meilleur Film d’Animation francophone SACD au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, 2009

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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