Pensine

Spasme

 


 
 

le chemin de la feuille seule et rouge


 
Une idée après l’autre, je mets en place mon chemin, mes projets. Je tiens l’aiguille, je couds, j’écris, je colorie, je range, je lis, j’ai froid j’ai froid j’ai froid. C’est effrayant ce froid alors que le soleil fait de si belles percées, les bouillottes continuent de me réchauffer et je me démène avec mon fil d’oxygène pour entrave journalière quand il y a peu encore je ne l’avais que la nuit. Je déroule la migraine, j’en ferme les yeux, je ne sais plus si je dois être assise ou allongée puisque les cervicales légèrement désaxées grignotent de toute façon le port de tête. C’est dans la voiture que j’ai compris finalement ce qui se jouait, les mains posées sur mes genoux et mon corps crispé dans la douleur, mes mains ces fichues mains incapables de tenir la tablette pour nous mener au milieu des volcans. Mes mains au repos, qui hurlaient le travail de ces derniers jours. Évidemment, à quoi donc pensais-je ? Je pensais à de meilleurs jours, à mes créations et ce qui me fait moi, ce qui fuse dans ma tête que mon corps refuse. Le cerveau qui pédale et le corps qui reste agrippé au sol. Je suis tellement fatiguée.

Je vais prendre tout mon temps. Je continue, je ne m’arrête pas, je vais m’obstiner parce que je sais que c’est ce que je veux faire. Je me demande un peu, au loin, si ce n’est pas de la prétention, un orgueil qui me déplumera. Je ne peux imaginer continuer ainsi à ne pas faire ce que je souhaite vraiment, je ne peux que regarder plus loin et si ma tête va plus vite je m’y ferai, et si mon corps reste sur place il avancera même s’il ne le sait pas. Il y a la chaleur, l’oxygène, le déni et la volonté. Avec ça, je suis parée.

Je peux même annoncer que je n’ai pratiquement plus de retard dans mes mails.
Et plus de doigts.

Je demande. Combien faut-il d’aiguilles pour un tissu, de froid dans les mains pour se réchauffer, de kilomètres avalés pour poser ses mains. Je peux quoi contre ce que je suis. Et ce vacarme là, cette dissonance là de toute cette douleur dans la tête, elle se pose quand chez quelqu’un d’autre elle se balance quand dans une autre tête, l’emprisonnement dans un rocher une montagne, l’emprisonnement et je passe entre, je suis dedans et ne veux pas le savoir. Ne le sais pas. C’est continuer toutes les routes la valse lente imprimée dans le corps à l’envie. L’obstination contre son torse enveloppant et chaud.

C’est un chemin tout de même que cette vie, un drôle, un étonnant. Un « impossible de faire autrement ».

Mais qu’est-ce qu’on fait là ?
 
 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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