feuille-vert


 
Une goutte d’eau. La première goutte a voltigé jusqu’à moi suite à un gant mouillé et froid posé dans son dos – il m’embêtait alors… – et puis une goutte et puis des gouttes et puis des rires et puis une flaque et comme des enfants nous n’avons fait attention à rien et là soudain j’ai posé mon pied et je suis partie en arrière, comme ça, l’air de rien le pied a glissé. Je n’ai pensé à rien. Je me suis juste sentie dans la chute et déjà je n’y étais plus. Il y a eu l’avant et l’après, comme si le choc lui-même n’avait existé qu’un cours laps de temps – ce qui est juste, finalement. Et la douleur qui déchire.
Je m’en tire particulièrement bien. Des bleus, des courbatures, une mauvaise nuit et la médecin a parlé de trois semaines pour se remettre d’une chute sur le coccyx – LeChat lui a expliqué la chute et posé la question. Côté bleus, ils sont, entre autre, étonnamment dispersés à des endroits où je ne me suis pas cognée, cette maladie parfois a des répercussions étranges. Je sens dans mon corps ce qui dans le dos n’est pas à l’exacte place, m’asseoir n’est pas des plus évident et dormir est une torture. Mais cela passera, c’est l’important à retenir. Je suis certaine qu’il n’y a rien de fêlé ni de cassé, ce ne sont pas ces douleurs là.
Hibou a été le plus marqué par cet accident, nous avons du beaucoup discuter pour que son stress redescende. LeChat a craqué émotionnellement deux heures après. Les accidents, ils arrivent à grande vitesse, si grande qu’on ne peut rien anticiper.

La fatigue me rend un peu triste, la fatigue de la douleur, la fatigue du corps malmené. Ce sont des couches infinies de fatigue et de douleurs qui se superposent à m’en perdre. Je n’y lâche rien, je constate.

Ce matin LeChat se rendait chez la médecin, pour Hibou qui s’est plaint d’avoir mal aux oreilles. Une fois il y a dix jours, une fois mercredi dernier. Et puis il nous a semblé constater une légère perte auditive – maintenant nous y sommes très attentif – alors nous avons pris rendez-vous, et hier soir je l’ai trouvé un peu chaud. Six jours d’attente plus tard – une médecin formidable, par conséquent très demandée -, elle lui trouve sans surprise des otites, une confirmation d’allergie sur sa peau, et quarante de fièvre. L’enfant s’est déplacé en trottinette, court, s’amuse, vit sa vie, en rentrant il file jouer dans le jardin. Avec son joli quarante qui lui colle à la peau.

Mon plus jeune fils est mon opposé, résistant à la douleur, à la fièvre, aux chutes dont il se relève en riant et en courant. Il ne se laisse arrêter par rien, tomber ne sert qu’à regarder le sol d’un peu plus proche, il repart il cavale il bondit. Ce n’est pas quarante de fièvre qui vont l’arrêter – je me demande à côté de combien d’autres quarante de fièvre nous sommes passés, et pourtant il nous faudra bien nous, être plus attentif à ce que dit son corps en sourdine.
Il m’impressionne de résistance, quand j’ai la sensation de chuter en permanence.

 
 

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