robe Samedi j’ai découvert une ville piétonne, Clermont Ferrand. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, à rien sans aucun doute, un vrai rien, j’ai ma ville épouvantable en exemple et peut-être, un peu, dans ma frustration j’ai inclus les villes autour de moi, même la plus grande. J’avais tort, c’était inévitable d’avoir tort mais ainsi ce qui était beau c’est que je ne pouvais être déçue, je ne pouvais qu’être enchantée. J’ai trouvé enfin de quoi changer mes affreux vêtements – enfin juste un peu, ce qu’il fallait de ce style là et j’ai un haut vert magnifique, un salon de thé choisi par défaut parce que je m’écroulais de douleur dont l’intérieur banal et un thé pas extra du tout, cache des pâtisseries maison à se damner – c’est fou de cuisiner ainsi, c’est fou, une boutique de jeux avec un vendeur particulièrement juste dans son rapport au client, sympathique, en retrait et de très bons conseils. Je ne peux pas dire que j’ai découvert davantage de cette ville, pressées que nous étions avec Blanche de discuter. Nous y retournerons puisque pour avoir un salon de thé il nous faut fuir ma ville. C’était une escapade, sans enfants, sans soucis, c’était un souffle nouveau dans tout mon corps dont j’ai gardé un calme tel que j’ai pu amortir un virage ans ma relation avec mes petits loups, leur redonner la main sur leur relation frère/frère.

Il m’a dit elle est bleue ta main, là, elle a gonflé aussi et j’ai répondu sans doute parce que même en l’examinant de prêt je ne sais plus, je ne sais pas, n’était-elle pas déjà ainsi, déjà un peu bleue, déjà un peu gonflée, déjà trop présente. Je ne fais pas toujours attention aux hémorragies, elles apparaissent comme les douleurs, je n’ai aucune prise – que je lâche ce que je tiens avec une main bleue ou avec une main verte, quelle importance. Par précaution je maintiens la main serrée dans – dans quoi, une attèle, quelque chose qui serre, serre fort – dans une bande noire et grise, et j’ai constaté que ça tenait fort la douleur, qu’elle ne bougeait plus vraiment non plus, alors je fais tout avec une main serrée maintenue dans sa douleur et sa couleur. Je peux même coudre, si je fais les gestes doucement, si je ne me sers pas de la main gauche dont le pouce, là, s’est retourné en tirant une couverture sur mes épaules. On a dû repoussé mon rendez-vous, j’ai encaissé, pourtant bientôt forcément, peut-être avant mes vacances ? j’aurais des mitaines contenant mes articulations et cela ira, cela ira.

Nous refaisons le monde ou alors seulement le notre, parce que hein, que peut-on encore faire contre cette fièvre du gouvernement qui a oublié que le pouvoir détruisait tout et que rien ne leur appartenait réellement ? Je vous présente un projet de loi voulant interdire l’école à la maison et la pétition dans laquelle je ne crois pas – il faudrait sans doute pour cela encore croire qu’on peut être entendu et j’ai dépassé ce cap même si j’ai signé parce que parfois c’est pire de ne rien faire. Et moi qui m’inquiétait de quitter mon Auvergne et notre respectueux inspecteur académique pour le Sud où ils en sont à créer des collectifs d’ajournement tant la tension est grande entre l’Académie et les parents non respectés, alors que le gouvernement comptait simplement supprimer le droit d’avoir le choix. Ce monde, c’est quoi ce monde où la liberté est refusée, je me demande, je voudrais que cette gauche qui se prend pour l’extrême droite se taise, là, maintenant, et qu’on puisse vivre simplement nos vies, là, les uns à côté des autres. D’avoir une vie, Monsieur.1

Nous refaisons notre monde alors, avec des briques de notre future terre il semblerait bien, nous avons le terrain, nous avons les plans, nous avons l’architecte – enfin quand nous l’aurons contacté -, nous avons deux aides, nous avons l’envie, je n’ai pas l’énergie. LeChat se voit bien faire les briques, il dit que j’aurai un mari très musclé et ça nous fait rire, je l’aime comme il est et comme il sera cet homme. L’affaire prend des allures de vérité, de solide, elle en prend beaucoup de ces allures là, la maison se construit dans la tête en respectant le plus possible nos arbres, c’est qu’ils ont finalement rajouté 100 m² et deux escaliers elle a dit « ça n’a pas d’allure » alors elle a donné, encore, malgré nous malgré les non, pour que je puisse être de plain-pied, il y a un cerisier du Japon que nous tentons de sauver dans la construction, il y a un figuier, un amandier, un cognassier, un olivier, il y a de tout et nous contournons et pourtant nous en arracherons et avec on me prendra un peu de mes arbres, de ma respiration, de moi. J’imagine déjà ces murs créés de la terre, notre maison toute petite, les 9 m² par chambres, ma buanderie reliée par un panier depuis la salle de bain, la corde à linge avec poulie et tout ce plain-pied construit sur mes besoins. Nous y serons n’est-ce pas, nous y serons forcément là-bas et je réchaufferai mon corps sous le soleil du midi, j’écouterai les oiseaux en journée et les grenouilles le soir, et sans aucun doute je regretterai ma montagne de si grande beauté ; nous savons déjà que nous y viendront en vacances, parce que non c’est impossible, on ne se passe pas comme ça de l’Auvergne.

 

1 : paroles de Ter centre, Timm Dup
 
 
 

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