Il suffit d'un mot

Tous ces instants de vie

Prince bebe 2008 instants de vie
Prince – 16 mai 2008

Je ne sais plus quoi dire. Je me dis que voilà, les douleurs, l’épuisement, la fatigue, je le dis et puis c’est pareil finalement, toujours pareil. Qu’est-ce que je pourrais dire qui ne soit pas déjà ici, quelque part, sur le blog.

L’épuisement il vient, il s’arrache sur tout, il s’attrape en rangeant balayant lavant deux chambres d’enfants, il assomme en rentrant dans la voiture pour la médiathèque – et j’ai croisé la voisine et avec toute la fatigue sur mon visage tout blanc, je me sentais mal de la croiser, je voudrais tant juste, un miroir qui me mente -, et puis il prend aux tripes sur des sculptures atroces d’une exposition sur l’esclavage en plein milieu de la médiathèque avec des cicatrices et un bras coupé salement et puis ces chaines, il achève sur toutes les questions soulevées et l’angoisse soudaine maman ce sont de vrais humains ? et j’ai un peu lancé une malédiction à mots couverts –on ne sait jamais avec les malédictions, la portée qu’elles peuvent avoir – je n’ai pas compris ce que faisait tout ça au milieu de jeunes enfants,… il frigorifie tous les membres. L’épuisement m’arrache à tout. Mais si vous saviez tout ce que j’ai pu faire aujourd’hui – enfin il me semble, enfin je crois je ressens la journée si bien remplie de tout. J’ai même tenté la pince à pression, je me suis amusée à en poser une, c’était un jeu, c’était beaucoup de joie qu’appuyer sur une pastille orange et puis forcément les doigts, les doigts… les doigts. J’ai posé ce jeu amusant dans les mains de mon mari, je regrettais tout de même, voyez. Parce que c’est amusant, oui.
Dans leur chambre, le sol trempé refuse de sécher et ce n’est pas la fenêtre ouverte qui aidera, pas avec cette pluie et toute cette humidité en suspens. Les traces de gouttes resteront peut-être, toujours plus jolies que la boue récoltée ces jours-ci.
Là-bas j’ai cherché des livres de couture, pour la – oh je crois que compter serait un affront – je dois arrêter de rêver à ce que je pourrais trouver, et puis finalement au rayon enfant j’en ai trouvé un amusant, pour créer des… insectes. Un livre étonnant qui m’amusera sans doute, dès que j’aurai terminé ma commande – je pourrais le dire au pluriel mais en réalité elles vont être décalées dans le temps, les autres.

Rien que je n’ai déjà dit. Je me demande si je ne vieillis pas, à radoter comme ça. Je veux dire vraiment vieillir, avec ce corps qui me fait croire que. Est-ce qu’on choisi d’être ? Oui forcément, on choisit avec ce qui est imposé.

Ce soir j’ai le cadeau de LeChat a emballer parce que je m’y suis prise dix fois trop tard alors que j’avais tout mon temps lorsqu’il travaillait, et je le ferai pendant que je ferai ceux de Prince, en douce. Dimanche, c’est l’anniversaire de mon amoureux, lundi celui de Prince – à une douzaine d’heure près cela s’est joué, à une douzaine… Je me souviens comme je me disais qu’il fallait tenir et ce qui est beau c’est que c’est ainsi que c’est arrivé. Nous regardions un film en amoureux, mon ventre tendu de contractions depuis quatre mois, nous regardions ce film, très beau et puis les noms sont arrivé, le générique s’est déroulé et le travail a commencé. Mon corps avait estimé, visiblement, que la journée de mon mari s’arrêtait là. Douze heures après cette première réelle contraction, Prince naissait tranquillement après 20 minutes de travail. Il m’offrait, dans le carnage du suivi de la grossesse – où le gynéco m’avait promis que je ne m’attacherais pas à mon enfant, où il mêlait abus de pouvoir et bêtise parce que je lui refusais le toucher vaginal et l’horreur du suivi en maternité où mon si petit à faillit mourir dans mes bras – par pure incompétence et nonchalance médicale, oui lors de cet accouchement il m’offrait cette parenthèse douce, merveilleuse et incroyable : j’avais mis au monde un enfant qui avait accompagné chacun de mes mouvements : nous avions œuvré ensemble. J’ai découvert ce jour-là qu’un accouchement se vivait à deux, depuis l’intérieur de mon corps.

Est-ce qu’on sait, les nuits sans sommeil qui viennent ? Je crois que nous pourrions le savoir, cela n’y changerait rien. Ils sont beaux, ces enfants… Toutes les difficultés que nous rencontrons avec Prince ne sont rien quand je l’observe, quand il sourit, quand il vit. Avec son frère, ils ont cet incroyable souffle de vie, quoi qu’il advienne ils en sont en plein centre. Hibou met ses poings fermés l’un contre l’autre, les bras bien parallèles et il danse, je n’ai aucune idée d’où il a pris cette idée de faire ainsi bouger son corps à 4 ans, il bouge fait un autre geste naturellement, remet ses bras et balance à gauche-haut à droite-bas et inversement, en rythme. C’est beau à voir, il fait complètement craquer – ah si je pouvais le filmer….

Oui peut-être, je ne parle pas suffisamment d’eux et de leur extraordinaire vitalité.
C’était cela, qu’il me restait à dire.

2 Comments:

  1. Les enfants ont tant de vie en eux qu’ils nous en transmettent un peu, même quand on y croit pas plus que ça. Une parenthèse de tendresse, de douceur, au milieu du reste, pour nous rappeler l’origine, le début, leur corps tout chaud contre le nôtre.
    Plein de douces pensées de Paris.

    1. Oui.. parfois on se laisse submerger par le quotidien et on manque de recul très vite ! Mais je savoure leur corps tout chaud à chaque câlin <3

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