Voyage

Petite abeille entièrement là – Auvergne

Je n’avais plus photographié depuis novembre, je n’étais plus sortie vraiment ou alors jamais longtemps : le froid me faisait rentrer dans la maison ou dans la voiture et la promenade s’arrêtait là, pour moi. Le mois de mai est arrivé, me confinant toujours chez moi, le froid la pluie le temps toujours me repoussant…
Hier nous avons bravé le vent froid par moment, le soleil surplombant les milliers de fleurs qui avaient, enfin, envahi les pâturages. Mon appareil photo m’a semblé pesé trois tonnes – la joie aussi, pèse son poids. Le vent fouettait, couchant les fleurs, les plantes, les insectes. L’un d’eux que je photographiais s’est retrouvé flouté, le vent m’ayant déstabilisée, avant de se faire balayer – il venait d’apprendre à voler. J’aime cet instant où se sont couchées ses antennes avant de disparaitre dans les herbes.

insecte

insecte antennes

Nous étions un peu avant les Gorges de la Monne (63), un petit passage quelque part sous des fils barbelés – rare est la promenade qui ne passe pas sous des barbelés. Prince nous a dit « J’ai aimé cette sortie, d’habitude on marche beaucoup là c’était un peu comme si on apprenait un lieu » et il avait raison, on se l’est approprié. Nous y avons pris notre goûter, ils ont escaladé des rochers, joué aux chevaliers avec des branches d’arbre, et pendant ce temps je m’étais assise : j’ai photographié depuis moi, ce qui m’entourait, submergée par la richesse de ce qui m’entourait.

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Je me suis amusée à suivre une abeille, ses ailes bruissaient bruyamment dans le silence de la campagne. Elle allait d’une fleur à l’autre, butinait, se posait, repartait et finalement je me suis lassée avant elle : les positions que j’avais, le souffle que je retenais, la tension pour ne pas bouger – parce que je fais tout sans pied -, la lourdeur de l’appareil, ont eu raison de la passion ; j’ai du laisser l’insecte faire sa vie sans moi. Mais quel beau moment ce fut !

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Je vais de nouveau avoir des photos à poser sur mes prochains articles, des jolies, des étonnantes – certaines semblent être de la peinture. Je me sentais revivre, j’étais au soleil, le vent malmenait ce que je cherchais à figer, des insectes venaient me voir par erreur, je découvrais je riais j’étais là. Complètement, entièrement là.

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L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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