Pensine

Un nouveau talent, alors

fleur blanche fond herbes mouvantes

Je ne participe jamais à un concours qui demande de liker et partager, je considère cela comme du racket. Je ne participe finalement que rarement à un concours, parce qu’ils le demandent presque tous et puis il faut vraiment que je sois enthousiasmée. Que j’en ai envie, ou besoin. Je ne participe pas à ce qui ne me parle pas, à ce dont je n’ai pas besoin.

Un jour comme ça, parce qu’il ne fallait pas liker ni relayer, j’ai participé à celui de Céline et j’ai gagné son livre ! Cela me surprend toujours, lorsque je suis tirée au sort ^^

Ce concours là, si l’on peut dire que ça en est un, j’ai failli ne pas participer – je ne suis jamais gagnante sur ces choses de grandes ampleur, c’est pour les autres. Et puis tout de même, @Aevole avait pris la peine de me le signaler, je pouvais bien prendre la peine de participer : ça s’est joué à pas grand chose, finalement. Ça m’a pris quelques heures pour rédiger 5 lignes où je remercie pour l’opportunité, je signale mon point faible en écriture et donc pourquoi cela serait formidable que je puisse être de cet atelier d’écriture. Cinq lignes. Et une sixième où je précise que je voudrais être hébergée – sans réfléchir d’ailleurs, l’habitude, j’ai pas l’argent pour un hôtel alors j’ai fait la demande d’être logée.

Et j’ai reçu un mail.
Je l’ai relu dix fois.
Si je l’avais eu en main tel un courrier papier, je l’aurais retourné dans tous les sens.

Il m’aura fallu échanger quelques mails avec la personne chargée de gérer les candidats, pour me dire que ça y était, que c’était vrai, que dans dix jours je serai à Chambéry à participer à l’atelier d’écriture des Nouveaux Talents. Quelques mails pour être certaine que je ne rêvais pas, qu’ils ne s’étaient pas trompés, que c’était bien réel, cette aventure-là.
Quelques mails aussi, pour m’apercevoir que je ne peux pas y aller en train, que l’oxygène est trop lourd à transporter, que je ne peux pas, comme me le suggère la dame, dormir avec une autre personne dans une chambre d’hôtel, sous peine de l’empêcher de dormir – c’est qu’il fait un bruit terrible. Quelques mails et beaucoup de recherche, sous l’impulsion de LeChat qui a décidé de partir en vacances – il a fait des nuits au noir qui vont financer la chose, qu’est-ce que ça tombe bien, et la veille de ses vacances justement, c’était fait pour moi, non ? -, il a décidé de m’accompagner là-bas. Quelques mails, pour m’assurer que la nouvelle logistique ne bouleversait pas trop leurs arrangements – j’étais tellement désolée de m’être si peu projetée.

J’en tremble encore un peu.
J’en vacille, à certains moments de la journée.

J’exulte aussi, je me bats entre panique totale et enchantement. Il y a en moi une check-list de choses à faire dans cette vie là et je sens profondément que cela en fait partie. Oh ce n’est pas uniquement le fait de tester le principe de l’atelier d’écriture encadré par un auteur, non, les racines sont plus éloignées encore, ce que cela me dit, c’est ce que je vais oser : rencontrer onze autres personnes, devoir être sociable, me rendre en Savoie, avancer sur le chemin d’écrivain.

Hier mon mari répondait à Prince qui demandait pourquoi nous avions emporté mon ordinateur « pour que maman écrive son roman ». Cette phrase m’avait électrisée, c’était… poser une réalité sur ce que j’essaye de faire.

Il y a de la magie entre le monde et moi, en ce moment. Je ne sais plus où donner de la tête, je me sens submergée de choses géniales et merveilleuses, refaire de la photo m’a galvanisée, je souhaiterais reprendre le dessin je sens dans mes doigts comme cela me démange, j’écris, je couds et je vais vous dire… je trouve mes journées vides, je n’arrive pas à m’organiser pour en faire plus, je n’y arrive pas aussi parce que mon corps met ses barrières, je le sais, oui, c’est certain.. Je crois, vraiment je crois, que si je n’avais pas cette maladie, je serais partout à créer milles choses.

Et dans dix jours, je serai ailleurs, avec des mots, avec des personnes, avec mon moi écrivain.

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

16 commentaires

  • Céline Dehors

    J’ai vu la nouvelle sur Twitter. Je comprends ton excitation ! Toi, écrivain, c’est super ! Bien sûr bien sûr, pas que écrivain : et peintre, et photographe et couturière, mais toi écrivain quand même ! J’espère que cet atelier va débloquer ton écriture, un certain lâcher prise peut-être ?, enfin ce qui te permettras d’écrire ton roman. « Ton roman » la formulation me dérange un peu personnellement, comme s’il n’y en aurait pas d’autres. Comme si c’était lui et pas un autre. Ca met un peu la pression… même si l’idée est grande. Un peu trop grande pour moi je crois. Qu’en penses-tu ?
    Enfin. Je suis heureuse pour toi. J’espère te lire bientôt, autrement qu’ici.

    • Dame Ambre

      Je crois que pour chaque livre (partons du principe que j’en écrirai d’autres) il s’agira de « mon » roman. non qu’il éclipsera les autres, juste qu’il sera celui à écrire, dans un moment donné, puisque le précédent aura été écrit, terminé, validé. Tu vois ? Je le ressens ainsi. Du coup à sa manière, ce sera lui et pas un autre 🙂 (ou alors plusieurs autres, si j’en écris plusieurs à la fois (parce que je dois le reconnaitre, je vais dans tous les sens).
      Enfin voilà 🙂
      J’espère aussi que cela me débloquera. Je pars en me disant que de toute façon ce sera un cours d’écriture, des conseils et des idées de travail, qu’il m’en faudra d’autres sans doute dans la vie, et que celui-ci arrive là, maintenant, et qu’il m’apportera ce qu’il devra. C’es excitant ^^ (bon, et angoissant 😛 )

      • Céline Dehors

        Angoissant ? Pour les 11 autres, autres et pourtant sélectionnés comme toi. Ecrivains comme toi. Et l’animateur de l’atelier… Tu devras surement leurs montrer ton travail, le lire, et écouter les leurs. C’est extrêmement enrichissant.

        J’avais gagné un concours il y a plusieurs années, j’ai participé à un voyage avec les autres lauréats. Oh ! Je ne saurai pas te dire combien je me suis sentie différente des autres participants au voyage, au point de remettre en question mon droit d’être là. Ils étaient tous si cultivés, si au courant de l’écriture, si philosophes. Et moi, rien du tout.
        Il y eut un atelier d’écriture. Toute ma naïveté et mon innocence ont été mises à nu et j’ai appris là-bas qu’on pouvait « travailler » pour écrire. J’ai été très impressionnée. « Travailler » pour écrire, je ne sais toujours pas le faire mais j’ai vu des êtres intelligents le faire avec brio et je peux te dire que c’était très intéressant.

        Je te souhaite de trouver dans ce voyage tout ce dont tu as besoin aujourd’hui pour écrire. Ton roman d’aujourd’hui. Qu’il soit unique ou siamois 🙂

        • Dame Ambre

          Ah si je pouvais raisonner mon angoisse.. Enfin là tout de suite, ça va bien, je me sens pour l’instant comme sur le point de découvrir une nouvelle planète ^^ Je retrouverai l’angoisse la veille ou le jour même (ou pas, j’ai le droit de me surprendre !). Mais je ressens cela, l’impression de ne pas être à ma place et que ça éclatera là-bas de manière flagrante (et puis je me raisonne et me dis qu’on est tous censé être au même point un peu, qu’on y va pour apprendre).
          Je l’espère, j’y compte bien même, m’enrichir là-bas 🙂
          Roman siamois.. j’adore l’expression ^^

  • Pidiaime

    C’est super ! Je suis ravie pour toi. Même si, oui, ça implique d’être sociable (bouuuh) je suis comme toi convaincue que ce genre d’atelier peut être extrêmement enrichissant. C’est le moment de confronter ton écriture aux yeux réellement extérieurs 🙂

    « Je crois, vraiment je crois, que si je n’avais pas cette maladie, je serais partout à créer milles choses.  »
    Tu sais, sans vouloir me comparer, je n’ai pas de maladie, et je ne suis pas plus partout à créer milles choses. Peut être un peu plus que toi, c’est vrai. Mais quand la créativité nous ronge de toutes parts, on n’a jamais le temps de rien faire. J’ai des dizaines de projets en cours, et je suis tellement frustrée de ne pas pouvoir leur accorder à tous le temps qu’ils méritent. J’ai l’impression de sans cesse devoir courir après le temps. Certains jours, j’accepte que je ne peux pas tout faire, malgré toutes mes envies. Il faut faire des choix dans les activités. Cela demande une reconsidération de ses priorités en permanence.
    Alors, tu peux créer le plus possible, et te réjouir de ce que tu crées, même si ça te semblera toujours insuffisant. Pour les esprits multipotentiels, le monde et la vie sont une source inépuisable de curiosités, et nous n’en avons jamais assez de les tester… 🙂

    Bon séjour à Chambéry !

    • Dame Ambre

      C’est complètement possible que ma sensation serait la même ^^’ Mais.. quand je vois le temps que me prend chaque chose, les doigts que je dois laisser reposer entre chaque petite couture.. Je connais les temps de couture des choses, je mets le triple au minimum juste parce que je dois m’arrêter. Et ça m’énerve, même si je l’accepte parallèlement. Je fais avec, c’est comme ça. J’ai juste conscience qu’avec un autre corps, je produirais beaucoup. Mais oui, complètement, je savoure ce que je fais, je me réjouis, j’ai la chance de pouvoir déjà faire tout ça 🙂 (« esprit multipotentiel », c’est ça !)

      • Pidiaime

        La multipotentialité est un concept développé par Emilie Wapnick. Les esprits qui ne peuvent s’arrêter à une seule passion. Qui ne savent pas toujours quoi faire de leur vie parce qu’ils s’intéressent à tout et ne peuvent choisir.
        Je me reconnais dans certaines de ses idées 🙂
        si le sujet t’intéresse, elle en parle dans un Ted Talk (https://www.ted.com/talks/emilie_wapnick_why_some_of_us_don_t_have_one_true_calling) et sur son blog (http://puttylike.com/) mais c’est en anglais.
        J’en avais déjà parlé à Céline d’ailleurs, qui me semble être elle aussi un esprit multipotentiel !

        Je comprends ta frustration pour la couture. Ne pas renoncer, là est la vraie victoire et la satisfaction de son travail. Parce qu’on sait qu’on y a mis une part de nous, de notre volonté, de notre persévérance.

  • Marie Kléber

    Quelle formidable opportunité!
    Une belle façon de sortir de sa zone de confort et d’apprivoiser ses craintes. Toucher du doigt son rêve et se donner les moyens de rêver davantage, de progresser.
    Je te souhaite un bon séjour rempli de découvertes et de plaisir.

    • Dame Ambre

      Voilà, c’est le terme que je cherchais hier : sortir de ma zone de confort. Et par extension c’est cela oui, je vais me donner les moyens de progresser 🙂 Inestimable, d’avoir été choisie… !
      Merci <3

  • ptitedelph

    C’est génial ! Je me doute à quel point tu dois être excitée comme une puce 🙂 Tout se passera bien, entre personnes passionnées des mots il ne peut pas en être autrement. J’espère que tu nous raconteras 😉 Bisous et profite de chaque instant là-bas

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