Pensine

Toute à l’existence

scarabée terre

Dès que je me suis penchée vers lui, il m’a regardée droit dans l’appareil et moi à travers lui je vivais un instant incroyable : la géante que j’étais l’intéressait. Et puis il s’est lassé, sans doute je n’étais pas mangeable. Vite, je l’ai photographié avant qu’il ne disparaisse dans les herbes autour, je l’ai raté une fois, deux fois, trois fois et puis je l’ai eu, je l’ai figé, vous n’y étiez pas là-haut sur les volcans, nous survolions l’Auvergne, nous regardions la neige de loin là-bas dans les hauteurs que je ne me risquerais pas à affronter parce que le froid, moi, vraiment, je ne l’aime pas ; alors j’étais dans cet instant là, présente, entière, à écouter les chants des oiseaux et à mitrailler un scarabée qui m’avait vue, de ses yeux, et qui avait estimé que je n’étais pas un danger.
Ce fut une belle rencontre.

scarabée face

scarabée part

Il est 21h, la nuit commence à tomber. Les enfants jouent dehors, dans la terre de notre mini jardin ils creusent des trous, ils pastouillent dans un semblant d’eau, il est 21h et nous n’avons pas envie de les faire rentrer, de les coucher, de les priver de ce bonheur d’être à l’air libre, dans cette tiédeur qui s’est installé comme un soir d’été. La journée au milieu des volcans et du soleil de la montagne nous a apporté une forme de sérénité propre à ceux qui voyagent le nez toujours en l’air – enfin le mien de nez se promène surtout au ras du sol, à observer les insectes et les fleurs. Dans la voiture, je profitais comme un lézard de la chaleur accumulée sur le plastic noir, je chauffais mes mains, je les apaisais, je chassais la douleur. J’aime ces instants-là, emplis de sens pour mon existence, j’aime cette merveilleuse sensation d’être pleinement intégrée dans mon corps et dans le temps. Je m’estime pleinement heureuse, pleinement chanceuse. De pouvoir vivre.

insecte fleur violette

papillon bleute p

auvergne neige printemps

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

12 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *