Dans la folie de l’écrire

 


 
 
montagne chambery nuage l'écrire

 

C’est étrange ce poids que traine cette année, cette année où il se passe tout et où elle donne l’impression qu’il ne se passe rien. Je me sens dans une extrême lenteur, engourdie, ailleurs. Est-ce seulement moi ?
Je m’éloigne d’ici sans savoir exactement pourquoi, peut-être pour y être davantage, plus en profondeur lorsque j’y reviendrai pleinement. Lorsque j’aurai tout dit, lorsque j’aurai suffisamment abandonné de moi dans cette écriture étrange. Parce que je le sais bien, je crie ailleurs alors ici j’ai moins ce besoin de m’y déposer. Je commence à me dire que l’éditeur, celui à qui je vais envoyer cet appel à texte, ne le recevra pas forcément à la mesure de ce que j’écris, les mots sont tellement extrêmes, ai-je seulement le droit de l’écrire – et pourtant oui, évidemment. Je dois avoir sans doute, en moi, cette terreur que l’éditeur me dise que cela ne ressemble à rien et qu’il me renvoie à une solitude plus grande qui me dévorerait.
Je suis toute dans ces textes, entièrement, dans chaque virgule, j’ai peur de me blesser dans ce que j’offre de. [et la pudeur m’a fait effacer le dernier mot]
Je ne doute pas de ce que j’écris, je doute de tout ce qui m’entoure, de tout ce qui fait le reste de ce qui existe autour de moi, je vais jusqu’à douter de l’autre, des existences, je ne sors pas suffisamment mais le puis-je tant que je ne l’ai pas terminé.. Je suis dans cette solitude autour des mots, la solitude que le fait d’écrire induit.
Je suis dans la nécessité d’écrire, et elle me rend sauvage.

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