soir nuit temps orageux

J’ouvre les yeux plusieurs fois dans la nuit. L’obscurité me réveille. Ou alors c’est un enfant, un cri dans le noir, un gémissement. Il parle dans son sommeil, il dit arrête papa je veux tu vois bien laisse-moi, il fait de grandes phrases qui bousculent la nuit et ça me fait ouvrir les yeux, oui c’est cela, l’obscurité qui m’a réveillée et le besoin de respirer la nuit. Je me lève, sans marcher sur aucun corps, me prends les pieds dans un jouet – et c’est finalement marcher sur un autre corps, une autre idée des rêves tant que l’on reste dans le noir total. J’ouvre le volet. Il grince, il avertit qui ? Il grince et le jardin se fige, c’est certain. La nuit, tout se fige. Je me demande, est-ce que je grince moi, est-ce que ça coince sur les virgules ou alors sur les lettres, il faut bien que ce soit quelque part que ça grince en moi pour que plus rien ne s’écrive. Peut-être que je ne sais plus le sens, dis comment ça se fait une phrase ? Une histoire. Je ne sais plus. Je suis à la fenêtre et je ne sais plus. Derrière-moi les enfants, celui qui parle, celui qui ronfle, et puis mon chat de mari en contre-pointe du ronflement de son plus jeune fils. J’attends de savoir, c’est quoi la joie, enfin le lumineux, c’est quoi si je ne sais pas l’écrire ? La nuit je la sais, je la sens, en moi autour, elle se pose, elle se dit. Mais la pleine lumière ? J’attends le vent, qu’il s’engouffre. Là. Par le volet ouvert, par la fenêtre, sous mon tee-shirt de nuit, j’attends la violence de la bourrasque qui me rendra à moi.

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