Pensine

Ne plus rien savoir de ce que je sais pourtant

chaton blanc tire langue

℘.  Elle a dit je sais comme si un secret avait été éventé, elle a dit je sais par Blanche que vous dormez tous ensemble et j’ai éclaté de rire à cause de la victoire qu’elle y mettait et de la tension qu’elle en avait. Malgré tout je n’ai pas compris quand elle m’a dit qu’elle ne voulait pas chez elle, j’ai pensé qu’elle ne voulait pas des enfants dormant dans la même chambre, je ne saisissais pas le souci et j’ai dû me faire expliquer ses propos une seconde fois : elle ne veut pas dormir avec eux. Si je ne l’ai pas vu, c’est que je ne l’avais pas envisagé une seconde. Cette histoire de cododo sur le tard ne se vit qu’entre nous, et qui concerne un besoin intense de Prince. Il n’y a pas de place pour des grands-parents, dans ma tête. J’ai d’ailleurs testé le terrain chez les enfants, qui ne l’ont pas envisagé non plus.
J’ai entendu son inquiétude, très légitime, je ne l’avais simplement pas pensé comme chemin possible.
Toujours est-il que peut-être, nous allons avoir nos première vacances de parents, si Hibou se le sent. Pour l’instant, il est un peu tendu à l’idée d’y aller sans nous.

℘.  Je crois que je ne sais plus écrire sur mon blog, je n’aime plus aucun des thèmes, installés ou non. Je fuis l’espace. Je crois aussi, ne plus savoir écrire, peut-être que je fuis l’intérieur de ce qui pourrait me bouleverser, je n’en peux plus peut-être, de travailler sur moi. Je fuis la sociabilité, également – je viens d’éviter trente familles inconnues lors d’un pique-nique pour parler de la création d’une école alternative, suite à une crise d’angoisse monumentale. Je ne sais plus ce dont j’ai besoin. Sinon que je souhaite terminer cet abécédaire qui est en train d’avoir jusqu’à ma manière d’écrire. Je suis si proche et pourtant si loin…

℘.  Les chatons grandissent, grossissent, ouvrent les yeux sur leur mère ou la couverture que je leur ai sacrifiée. Nous commençons sérieusement à nous demander si la chatte sait chasser. D’abord parce qu’il faudra bien quelqu’un pour l’apprendre aux petits, surtout parce qu’elle semble avoir très faim et véritablement compter sur nous pour le faire à sa place – d’ailleurs, ne riez pas, mais LeChat lui a rapporté un oiseau mort d’un impact contre une voiture, à côté de chez nous. Je me questionne sur la légitimité de nous croire sains d’esprit, mais bien plus encore sur l’avenir que nous pensions sans le moindre poil à l’horizon. Parce qu’il faut bien l’avouer, nous continuons de nous penser sans chats, alors que nous en hébergeons cinq. La pertinence de tout cela m’échappe.

℘.  J’ai partagé mon premier livre – non pas le mien, je n’ai pas de livre – ça ne se dit pas, ça ne se fait pas je sais pourtant je reste heureuse de l’avoir fait. Madame Duras je pense, ne m’en tiendra pas rigueur – et puis finalement, faites comme si je n’avais rien dit.

℘.  Ce que je n’écris pas de moi, je l’invente. Des enfances vagabondes et survoltées se lancent sous mes doigts. J’en suis tellement absente qu’il me semble que rien ne s’écrit juste. L’injustesse donc, de la chose, se pose sous cette musique-là. L’abécédaire progresse, je suis sur la fin. Ce qu’il ne vaudra pas de beauté, l’éditeur, peut-être, ne le saura pas – car comment lui dire que je peux écrire mieux, mais sombre.

 
 

 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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