La couverture, une danse de souris

bords couverture souris

. Je me retrouve enfin, c’est quelque chose qui se tient à l’intérieur comme une obstination peut-être. Je clopine toujours et j’ai dévarié la hanche c’est perturbant ce que cela peut faire mal. Hier alors que j’aurais du sortir et faire la navette avec deux puis quatre enfants, ils sont tous partis sans moi ou venus à moi sans que je ne passe la porte d’entrée. L’amie formidable s’est arrangée pour me laisser ses enfants sans que je bouge et sans que j’ai non plus à emmener le mien. Je prends soin et l’on m’aide, de ce pied déchiré et de la hanche qui s’est légèrement mise de côté, un peu déboitée, un peu pas trop à sa place, douloureuse. C’est toute une lecture du monde à travers la douleur, un prisme décalé, intéressant, aussi, malgré. Il s’agit de décoder en fonction d’elle, à travers elle, ce que je peux traverser, ce que je peux vivre. Et moi je lui réponds tout, je peux tout et nous faisons ainsi, un test de tout, et je danse sur les sourires – les contraintes retirées, que reste-t-il d’autre ? – je m’emporte dans ce que je peux saisir comme l’insaisissable, parce qu’il n’est pas possible d’être morcelée et en cela je les ai bien compris, mes rêves, je ne vais pas rester dans les perspectives tronquées, n’être que vaguement reliée. Délivrée, en somme, de ce qui m’est interdit : j’arrange toujours tout, l’Univers s’en mêlant, l’amie se glissant dans mes journées – elle revient pour un thé aujourd’hui, elle a cessé d’avoir peur de ma douleur, elle aussi la contourne et c’est tellement, tellement apaisant.

 


 

. Et puis j’ai terminé de coudre la couverture de souris dans un bien-être intense parce que cette possibilité de créer est immensément merveilleuse, nécessaire, magique pour ma santé et le bonheur qui en découle. Elle est beaucoup par là et sera envoyée pour être choyée par un enfant qui danse – qu’on ne me demande pas pourquoi je vois la danse autour de cette couverture.

. Je découvre Asli Erdogan, suite à son emprisonnement en Turquie, je cherche ses livres mais le seul que j’ai trouvé dans ma médiathèque est « Les oiseaux de bois ». Je cherche « Sortie », si quelqu’un a une piste ou peut me le prêter ? Ou ses autres qu’elle a écrit, je souhaite tout découvrir, je ressens comme un appel de son écriture, parce que je crois, vraiment, je voudrais écrire aussi bien que cette Dame.

 

« D’un sommeil interminable tu te réveilles à l’obscurité, à ton destin où tu es en retard »

« Tu as appris de ta mère (..) à devenir femme, à partir sans laisser de traces comme un chat qui s’apprête à mourir, à s’effacer »

Asli Erdogan

 

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