Il suffit d'un mot

Je ne sais pas très bien quels humains nous sommes

paysage brume foret quels humains nous sommes

 

Je ne sais pas très bien, pas toujours, pas vraiment, quel jour nous sommes. Sais-tu, tout passe, tout est saisi de cette urgence à être et je ne sais plus, je me dis en vie lorsque j’apprends Alep, alors que je ressens une contradiction dans le monde à être humain, en vie, respecté, une contradiction à être là quand il existe les bombes, les guerres, les attentats, une contradiction dans l’existence de nos vies et la mort offerte au bout d’une arme juste parce qu’on peut le faire. Je ne sais pas très bien. Pas toujours. Pas vraiment. Quels humains nous sommes. Quelle est notre part d’humanité, quelle est celle des politiciens qui se battent pour un morceau de présidence, de pouvoir, d’argent et ne parlent pas d’Alep, pas un mot, pas d’accueil bras ouvert pour les réfugiés. Quelle part de notre humanité nous laissons mourir avec les enfants de Syrie.
Je ne sais pas très bien.

Je ne comprends pas vraiment. Les gens, l’amitié, les humains. Les rapports entre les humains. Entre les amis. Je viens de fermer une porte, une désillusion qui m’a fait écrire tellement que j’ai passé l’article en privé pour ne surtout pas avoir de réponse, qu’on ne me dise surtout pas que, surtout. Je ne sais pas très bien, un peu mais pas vraiment, ce que je refuse de dire tout haut, c’est intéressant, évidemment c’est intéressant cet éloignement de votre regard sur ce que je dis. Une histoire d’équilibre, que je ne saisis pas, pas très bien, pas vraiment, peut-être davantage maintenant que je travaille, creuse ce qui n’est pas à sa place – une histoire de se creuser soi-même, un peu. Creuser, l’humain, sans aucun doute creuser l’humain, l’humanité, creuser ce qui fait de nous des êtres pensants, aimants.

Je ne comprends tellement pas le monde, je me retire. Ma tension n’est pas très bonne – la Doc qui l’a signalé, elle a grimacé un peu -, je fais tant de choses que mon corps s’est arrêté un peu avant, il me regarde faire. Il est temps que ce soit moi, qui le regarde. Je me retire, en méditation. En douceur pour moi, en douceur pour ce qui m’entoure.
Quelque part, en moi, loin, c’est un intérieur où la sécurité m’enveloppe et où je voudrais y emmener le monde, mettre en sécurité, le monde.
Entourer ce qu’il reste d’humanité.

 

 

 

 

5 Comments:

  1. Il y a les humains qui luttent, aiment, partagent et les autres dont le coeur est gangréné par la folie. Je suis en colère face aux seconds et je garde l’espoir en pensant aux premiers. Pour ceux qui sont entre les deux, je prie.

  2. Parfois j’essaye de m’imaginer toutes les ficelles qui relient les conflits avec les pays, tous les desseins cachés, économiques surtout, tout ce qu’on nous présente comme tel et qui en fait renferme plein d’autres motifs indicibles, et ces jours là c’est le vertige.
    Je me suis coupée des actualités pour cette raison, depuis cette été suivre les infos, ça me faisait déprimer et rager, en alternance. Mais aujourd’hui j’ai vu Alep de partout, et j’ai entendu la chronique de Nicole Ferroni, alors je suis allée voir, et mon coeur a saigné.
    Qu’il y en ait encore qui osent dire que les Syriens rentrent chez eux… Personne ne s’imaginerait vivre dans un tel cauchemar.

    Pour ce qui est de l’amitié, la déception est un sentiment horrible et oppressant. C’est une variable à prendre en compte dans nos relations, hélas.

    Bonne soirée, Dame, j’espère que tu trouveras du réconfort, en toi ou en les tiens.

    1. Je m’en suis coupée également mais certaines choses ont trop d’ampleur, me/nous parviennent. Comme Alep. Je n’ai plus de télévision et je n’écoute pas la radio (hormis des podcasts d’émissions), cela limite pas mal, heureusement..
      J’espère qu’un jour l’humanité se relèvera de toutes ces atrocités.
      Merci Dame, j’ai passé une journée étonnante d’amitié où je ne l’attendais pas (j’avais fermé la porte, mais certaines se rouvrent n’est-ce pas, elles ne nous attendent pas).
      Douce soirée à toi 🙂

  3. accepter d’*être* là, ici, au monde même si on ne le comprend pas………l’essentiel n’est-il pas de témoigner de la Vie pour qu’elle produise un jour ce que nous lui envoyons……nous créons le monde à chaque instant……à notre image

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