Il suffit d'un mot

L’épaisseur du silence et quelques questions


chat peluche questions Un peu floue..
 


 
 

Comme j’aime beaucoup répondre aux questions que l’on me pose, Euphrosyne m’a taguée. ; voici 11 choses sur moi que je n’aurais potentiellement pas encore dites – liste que j’ai exactement réécrite sept fois en quatre jours :

1. J’aime, avec une force d’une intensité qui me laisse parfois rêveuse, caresser un chat qui est en train de se lécher, qu’il me regarde, blasé, recommence à se nettoyer, et le caresser de nouveau.. je joue avec les griffes, je le sais.

2. Je me suis acheté un cadeau pour Noël (en fait, deux). Et puis je l’ai rapporté (en fait, les deux), je me suis faite rembourser. Je n’ai aucun regret l’objet n’était finalement pas tant adapté ; je réalise essentiellement le côté symptomatique de ce que représente noël pour moi. Je vais tenter de voir ce que je souhaite vraiment, me faire une liste peut-être, me l’offrir même si cela vient un peu en retrait de noël puisque la date sera dépassée. M’approprier la fête.

3. J’ai peur d’écrire. Il me semble me faire manger par cette angoisse de la mauvaise écriture, cette profonde terreur que si j’écris ce sera forcément sans relief, que je perds mon temps, que le monde entier perdra sa patience et me signifiera l’inutilité de ce que j’ai tenté de faire. Après un mois et douze jours à tourner autour de mon roman avec cette évidence que je ne sais rien faire de bien, je le reprends en forçant les encoignures. L’immobilisme pourrait bien être pire qu’un mauvais roman, je crois ?

4. J’aime mes enfants. Je n’en peux plus de mes enfants. Je veux des vacances de maman, je veux du silence, je veux mourir de ce rôle qui fait de moi une femme au foyer institutrice sans avenir. Je suis en dépression – pré-noël, pré-maison-en-construction, post-contrôle-ief, post-rupture-d’activité, solitude-frigorifiée.

5. Cette année je n’ai envoyé aucun colis à qui que ce soit, la faute à l’épuisement, la dépression latente, le manque de temps. Cette année, je reçois des colis, de superbes colis et je m’en veux du coup, de n’avoir rien fait.

6. Il y a un mois et onze jours, je me suis retrouvée dans le viseur d’une mitraillette, à Saint Denis, il faisait soleil et la vie était douce. J’ai arrêté de marcher, Blanche a arrêté de marcher. Nous avons regardé le viseur, nous avons regardé la mitraillette, nous avons regardé le CRS et l’arme s’est baissée. C’est là que j’ai stressé.

7. Lorsque je suis fatiguée, je ne détache pas les sons. Si une personne me parle, j’entends quelque chose de complètement incompréhensible, une sorte de magma grouillant indéfinissable. Je peux faire répéter et avoir le même souci encore et encore. C’est compliqué, mais surtout agaçant – pour moi, sans aucun doute pour l’autre aussi.

8. J’ai perdu le désir d’écrire ici tant il me semble que 1) il n’y a rien à raconter d’autre que je-suis-mère-au-foyer et que 2) la seule envie que j’ai est de broyer du noir. Je m’abstiens, donc. Comme usée des mots.

9. J’ai repris l’écriture, sur papier. Ceci expliquant peut-être mieux encore, le point précédent.

10. Pour palier à cette incapacité ou impossibilité de trouver une activité qui m’éloigne de chez moi, j’ai décidé de me rendre régulièrement dans un salon de thé très nouvellement ouvert sur ma ville, avec mon ordinateur, et y écrire – le salon de thé se devra d’être à la hauteur de mes espoirs.

11. J’ai perdu un cadeau de noël, pour Prince. Égaré quelque part dans la maison, impossible à retrouver, je l’avais encore le 23 décembre. J’ai renversé toutes les étagères, il est introuvable.
 

Voici les réponses aux questions posées par Euphrosyne :

1- Comment as-tu choisi ta plateforme de blog ?
Après beaucoup de tâtonnement ! J’ai démarré sur 20six.fr en 2003, j’avais entre 300 et 400 visites par jour lorsque j’en suis partie en 2007 sans laisser d’adresse derrière moi. Et là.. la débandade. J’ai testé TOUTES les plateformes et elles avaient toutes d’énormes défauts, overblog a eu ma préférence jusqu’à un plantage terrible de leur part qui m’a fait perdre beaucoup trop. J’ai commencé à chercher une solution « main dans le cambouis », j’ai découvert wordpress et je suis tombée dans le html avec plaisir.

2- Tu as déjà rencontré un.e ami.e blogueur\se « en vrai » ?
Oh oui ! Deux personnes sont volontairement non listées. Mis à part cet écart j’en oublierai sans doute, je m’en excuse d’avance :
La marquise de Carabas, une amitié qui dure depuis quinze ans – en vrai je l’ai connue sur un forum, et il se trouve que c’est elle qui m’a fait découvrir l’univers bloguesque.
– Un couple de deux blogueurs, Feul et LN, blogs qui ont entre-temps disparu.
Heure Bleue une vétérane des blogs. Je suis touchée de voir qu’elle a conservé une photo que j’avais faite de la devanture d’une boutique sur Montpellier, où son nom m’était apparu au détour d’une rue.
– Alone, demoiselle assez impressionnante, finalement perdue de vue.
– Leny, très belle demoiselle, perdue de vue lorsqu’elle est devenue maman.
Fabrice Tarrin, connaissance de Blanche, particulièrement sympathique et.. particulièrement particulier. Quelques rencontres autour de tartes au citron meringué plus tard, nos chemins se sont séparés.
Laurel, rencontrée par l’intermédiaire de Fabrice. Je n’ai pas accroché avec la personnalité de la demoiselle, et réciproquement.
– Une demoiselle papillon avec qui je suis devenue très amie, dont la particularité de retrait m’a fait prendre un chemin autre.
– Un jeune homme un peu largué dans une vie assez compliquée, très chouette, que j’ai perdu de vue depuis.
Nahi et Augustine, rencontrées ensemble, avec leurs familles respectives – et des macarons, c’est important les macarons.
Céline, rencontrée elle aussi avec sa famille pour quelques jours de partage, douceur et bien-être.

3- Comment auraient pu s’appeler tes enfants ?
Il n’y a pas eu de changement, les prénoms étaient déjà là, c’était les leurs.
La fille que je n’ai pas eue aurait dû s’appeler Ligéia. Mais bien avant de songer aux enfants, je voulais l’appeler Ambre (et j’ai tenu les premiers temps d’internet avec le pseudo erbma et puis cela m’est devenu insupportable, Ambre me correspondait bien trop et j’ai fini par changer mon pseudo en ce que j’étais moi, profondément).

4- Quelle est ta recette préférée ?
La tarte au citron meringuée et les biscuits de noël alsacien (160g farine, 100g poudre d’amande, 40g sucre, mélanger, 100g beurre ; former des demi-lunes, cuire à 200° 12-15 minutes, rouler les biscuits sortant du four, dans du sucre glace)

5- Qu’est-ce que tu as demandé pour Noël ?
Absolument rien, je n’ai jamais rien demandé pour noël, je ne sais pas cette coutume ; même enfant, on ne me demandait pas. Nous discutons avec mon mari, chaque année, de ce que nous souhaitons : surprise, discuté, en commun, dans notre coin… Cette année, nous avons décidé de nous faire un cadeau commun sur mon idée d’avoir enfin du vrai son pour écouter notre musique. Il y a deux ans, nous avions récupéré sur donnons.org, des baffles de très bonne qualité sans jamais trouver l’ampli. Nous en trouvé un pas trop couteux, et c’est donc notre noël.

6- Qu’est-ce que tu feras « mieux » en 2017 ?
– La patience, je vais tenter de l’être davantage
– L’écriture, je le pose en intention
– Arriver à conserver une sortie/une activité/quelque chose qui ne soit qu’à moi et qui me fasse sortir de la maison.

7- Quel est ton style littéraire favori ?
Avant je t’aurais répondu la SF ou la fantasy, maintenant je ne suis plus certaine. Je crois que désormais, avant le genre, je cherche un style d’écriture qui va me renverser, du coup je peux le rencontrer un peu partout au gré de mes lectures.

8- Comment protèges-tu notre planète ?
Tri des poubelles, cup, lingettes lavables et chiffons, éponge en tissu, récupération de vêtements/jouets/trucs dont on a besoin, savon sec ou lavage à l’eau, récupération d’eau de la baignoire (pour les wc, la machine à laver et le jardin), extinction de toutes les lampes et interrupteurs inutiles, ampoules LED, lessive de cendres, suppression de tous les mails inutiles (et autres comptes, nettoyage régulier de twitter et autres, etc), suppression d’achat avec de l’huile de palme, sacs plastiques remplacés par des tissus, compost…

9- De quelle couleur sont tes chaussettes (ou tes collants ?)
Là tout de suite, gris clair et gris foncé en rayures. Ma préférence allant au rayé rouge noir.

10- Quel est ton pire défaut ?
Mon impatience, j’aurais dit il y a peu… Il me semble que finalement, il s’agit de ma disponibilité auprès des autres : ça leur fait croire que je ne n’ai pas besoin d’être écoutée. Maintenant, mon pire défaut est peut-être de toujours vouloir rencontrer l’autre en profondeur. Ce besoin de comprendre l’autre est viscéral, je ne sais pas faire autrement et souvent, j’en souffre – parce que l’autre fuit.

11- Qu’est-ce que tu vas faire juste après avoir terminé ton billet ?
Des muffins amande chocolat. Et puis lire.

 
 
 

4 Comments:

  1. Marie Kléber

    J’ai aimé te lire, reprendre le chemin d’ici et apprendre davantage sur toi.
    Rencontrer l’autre en profondeur – j’attends ça et je n’arrive pas à survoler. Je n’arrive pas à croiser des vies sans engagement en retour. J’ai du mal à accepter que c’est comme ça que le monde fonctionne aujourd’hui. Alors j’alterne, je me fais violence un peu parfois.
    Je te souhaite de reprendre le chemin de l’écriture. Je suis certaine que tes mots sont beaux et se conjuguent parfaitement. J’aimerais le lire un jour. Te lire autrement que sur un blog. Te lire en profondeur.
    Douce journée et belle fin d’année 2016.

    1. J’ai tant essayé de me faire violence, de me suradapter, je me suis perdue sans que cela fonctionne avec l’autre pour autant. L’énergie demandée était trop, pour moi, finalement..
      Un jour peut-être une écriture à lire, j’espère, j’y travaille 🙂 Merci <3

  2. Merci Ambre de tes réponses et de te dévoiler ainsi.
    Je suis d’accord : l’immobilisme est pire qu’un mauvais roman. Surtout quand l’écriture est à ce point vitale… Je crois avoir déjà publié un billet de blog dans ce sens. N’empêche, détester ce qu’on écrit est une violence contre soi. Alors il faut trouver le juste équilibre ou des exercices un peu distancés (comme répondre à des questions de blogueurs 😉 pour retrouver les mots.
    Je te souhaite d’aller mieux (de mieux en mieux).

    1. Avec plaisir 🙂
      Oui absolument.. je voudrais tellement plus de légereté da ns ce que j’écris et c’est comme si je n’étais pas capable de cela, c’est dur. J’y travaille.
      Je vais mieux depuis mon hibernation, je me recentre et c’est doux 🙂
      Douce et belle année Dame 🙂

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