Est-ce que je ne l’ai pas déjà dite, la solitude inévitable

givre bleu pic solitudece que l’on trouve sur un parking lorsqu’on a froid

 
 

Je lui ai dit, je me sens seule. Et aussitôt j’ai ajouté que c’était faux, je me sentais seule oui et c’était dans l’immensité des autres que j’étais là, dans ma solitude. J’ai manqué pleuré, j’ai manqué le rendez-vous avec ma solitude ; j’ai éloigné l’émotion je ne saurais pas dire pourquoi. Par pudeur sans doute, parce que c’est un peu particulier, de moi à moi, à l’intérieur, ce qui me brûle depuis que je suis enfant. J’ai cette sensation aigüe de l’existence qui me rend unique à mon propre regard ; cette prise de conscience d’être seul, uniquement face à nous-mêmes, que nous avons en nous, est une immense souffrance. Un immense cadeau, aussi. Mon retrait de la vie toute en vitesse où je devais tout savoir, je le vis comme un joyau, est-ce que cela peut s’expliquer, est-ce que quelqu’un sait ? Je me sens infiniment petite et pourtant là, je m’entends, un peu. C’est comme se retrouver miraculeusement, alors qu’on était perdu au milieu d’une foule. Être son propre miroir, peut-être.
J’ai ralenti et tout est douceur, je continue comme de ralentir et ne savait pas cela possible, de ralentir ce qui est ralenti. Je suis là à ne plus savoir les jours, je vis l’extérieur comme une douce parenthèse, nécessaire et délicate.
Je suis dans ma solitude et dans l’autre aussi, dans cette chance que j’ai, dans toutes ces amitiés, ce n’est pas facile cela, à expliquer, la solitude et la rencontre de l’autre en même temps, la vie précieuse depuis chez moi, je ne suis pas certaine de savoir dire ce qu’elle a de présence et d’inexistence dans le même temps. Je commence à me sentir mieux, ce n’est pas encore tout à fait parfait, cela ne le sera peut-être pas ou alors quand je serai bouddhiste et avec des cheveux tous très blancs, peut-être qu’un jour je saurai, qu’un jour je serai.
Je lui ai dit, un peu tout ça et en même temps rien d’autre que le silence qui m’accompagne.
Ce que j’aime chez cet homme, c’est sa faculté à me comprendre même lorsqu’il ne sait pas toujours, et puis là il savait, c’est d’autant plus précieux. Je sais chaque jour pourquoi je l’ai demandé en mariage, et puis ou alors surtout, je sais pourquoi il a dit oui.

 
 

Hibou, bientôt 5 ans :
_ Maman je t’aimerai toujours. Même si t’es pas là, que t’es pas dans la même pièce, mon amour pour toi passera à travers les autres.

 
 


 

J’ai répondu sur le petit chat curieux, à la personne par ici qui m’avait posé une question – que j’ai failli ne pas voir parce que j’avais oublié, déjà, pardon, j’hiberne, et qu’il ne me notifie pas, aussi. Alors, dites, une autre curiosité qui vous viendrait ? – je trépigne à peine.

 
 
 

Dame Ambre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement.

(Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

D'autres mots d'hier et d'avant avant-hier

9 Comments

  1. Quelle belle déclaration d’Hibou ! C’est adorable.

    La question de chat curieux, c’était moi ! La case anonyme était cochée sans que je puisse l’enlever.
    Merci d’y avoir répondu, je trouve tout cela très intéressant 🙂 ça illustre parfaitement le lien qui t’unit à ta famille.

    1. Il m’a fait fondre 🙂

      Merci pour la question, c’était chouette d’y répondre 😀
      Effectivement, il faut s’inscrire pour que ce ne soit plus anonyme (dommage). Je me dis qu’il reste l’option de dire son nom après la question, si l’anonymat embête trop ^^

  2. C’est vrai tu as une belle façon de dire, te dire, t’écrire. Entre les lignes on te comprend un peu mieux.
    Hibou, j’aime ce surnom, c’est celui qu’à choisi ma soeur pour mon petit garçon. J’aime ses mots. Les mots des enfants sont souvent magiques. Ils disent tout simplement.

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