Aujourd’hui féminité


Une photo étrange. Comme mes journées.

 

Je suis dans une féminité qui sort du silence. Elle apparait en m’effleurant alors j’effleure mon corps et celui de l’homme que j’aime, elle survient sans que je m’y attende et me laisse démunie dans cette joie infime que je n’ose laisser apparaitre. Est-il véritable, ce corps qui se réveille d’une si vieille oppression l’est-il quand j’ai intimement cru que je resterais marquée ma vie entière, abimée et sans pouvoir me relier à mon corps. Et pourtant, cette féminité, cet éveil aux sens. Une certaine liberté sur la pointe des pieds.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides
 
 

J’aurais voulu avoir le temps de me dire davantage. Je pensais ce matin, que j’avais toute la journée du monde et puis j’ai écouté, ressenti, et parlé de choses auxquelles je ne m’attendais pas, je ne m’y attends jamais. La confiance en la personne que je suis se dirige avec tranquillité vers celle que je deviens, et je ne savais même pas que j’en étais là, que je pouvais, que je m’ouvrais.
Mon fils va franchir la porte et bientôt je vais devoir abandonner les mots, et cette fois encore ne pas me dévoiler, ne pas pouvoir en dire davantage, et je ressens une frustration de plus en plus grande à n’avoir ni le temps de répondre à tous les mails que je reçois – oh, quoi, une dizaine par jour entre les réponses qui se croisent et les attentes qui se créent – j’essaye, j’essaye mais même moi je ne suis plus à jour avec moi-même, je n’y arrive plus. Je devais relire les micro-nouvelles aujourd’hui, terminer la biographie, choisir la photo et cela m’attend, je suis en retard. Je n’ai même pas l’impression que la vie va trop vite, je ne me sens pas courir. Je fais les choses les unes après les autres et je m’écroule d’épuisement quand la maladie le demande, je fais des malaises sous la douche quand je fais semblant de ne pas comprendre, je fais les dérives et les exigences, les sourires et les câlins, je fais ce que je peux : je reste frustrée de ce petit temps pour moi.
Quelque chose sans doute, qu’il me faudrait mettre en place mieux, ou différemment.
Parce que tout me le dit : je peux écrire.
Je suis publiée, après tout. Je suis publiée, ce n’est pas gros, pas grand chose, allez c’est quoi, 26 micro-nouvelles retenues et un contrat. Je suis publiée et extatique, évidemment.
(et l’enfant est rentré)
 
 

8 commentaires sur “8”

  1. Bravo pour la publication! :)))
    Je trouve que tu écris avec délicatesse, finesse… Tes mots et tes photos m’émeuvent, me touchent….
    Vivement le livre alors!

    1. J’espère aussi ! J’avais pour projet de le publier moi-même si je n’étais pas prise, avec mes dessins ou alors mes photos, il aurait été beau : il a finalement un autre destin.

  2. Ouiii ! Félicitations 🙂
    Quelle joie à savourer.

    Pas facile de tout mener de front, effectivement. Il faudrait te réserver un créneau dans la semaine, sans personne pour te déranger, pour que tu te consacres entièrement à ton activité d’auteur. Une heure ou deux, mais bien employées, du temps de qualité 🙂

    J’ai hâte aussi de découvrir ce livre et d’en savoir plus.

    Prends soin de toi !

    1. Ah j’avais réussi à le mettre en place.. et puis la vie, les gens, mes fatigues ont fait que j’ai abandonné ce créneau sans même le réaliser. Cela reviendra quand je serai plus en forme, je pense.
      Merci 🙂

  3. Bravo pour ces mots et cette belle nouvelle! Pas facile de trouver ce temps pour soi surtout avec des enfants. Chaque minute est précieuse. Chaque minute compte.
    Je suis certaine que cet autre destin sera fabuleux!
    Belle et douce journée.

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