Pensine

Bilan du mois d’avril


 
 

Bilan personnel

Je suis passée sous les quarante printemps avec la sensation lourde d’une incapacité à revenir en arrière : mon corps me trahit, tout le temps. Les muscles lâchent ce qu’ils tiennent jusqu’aux organes jusqu’à la répétition jusqu’à la nausée. C’est sa manière de me dire que je dois me reposer, je ne faisais pourtant rien de particulier, je vivais. Cet agacement, la maladie. Cet agacement.

Je ne lisais plus, éreintée de simplement ouvrir les yeux. Les livres me sont revenus, doucement, avec bien du regret dans le choix de mes lectures. Je cherchais quelque chose qui se lise facilement – ceci pour ne pas relire vingt fois la même phrase -, mais tout de même parfois il y a des livres qu’on devrait s’éviter. Depuis, j’en ai découvert un absolument magnifique et je me sens mieux, apaisée dans cette poésie superbe.

mouche plante avril

Ce fut un mois sous le signe du voyage : dans le Périgord que je n’ai pas pris le temps de relater, dans le Gard, dans les Landes en passant par tous les départements possiblesil me reste la dernière journée à poser ici -, dans la région parisienne – un séjour un brin asthmatique. Je m’aperçois seulement en cet instant la raison de la chute de mon corps et des organes à sa suite, il est évident que j’ai beaucoup voyagé, que ce fut trop, toute cette voiture – parce que tout de même juste avant toute cette route, j’étais à Montpellier.
Un mois où j’ai écouté mon désir de voyage, pas suffisamment ma fatigue. Sans doute.

Un mois où j’ai fui. Les crises de panique, les crises de Prince, les douleurs, moi. Je me suis fuie autant qu’il était possible de le faire puisque je ne pouvais plus faire face. J’ai l’impression de m’être un peu retrouvée, comme sur un malentendu, en débroussaillant tout autre chose que ce que je fuyais – encore que. Depuis je fais des rêves étranges dans lesquels ma mère veut me tuer dans le noir, ou alors je suis dans un monde sublimé et sensuel où tout est possible mais où je trouve un enfant recroquevillé dans un angle – je n’ai nul besoin d’une psychanalyse.

Un mois où j’ai tenté de supprimer tant et tant, j’en ai formaté mon PC, perdu quelques identifiants sur le chemin. Je suis repartie neuve, avec la sensation de vouloir avancer et de ne pas savoir comment m’y prendre. Quelqu’un le sait-il.
L’aspect esthétique de mon blog a changé –j’ai tout cassé pour ça, tout cassé pendant une heure et plus. J’ai eu la sensation que pour repartir, je devais tout casser. C’est peut-être cela, que je dois faire. Me briser jusqu’au bout, jusqu’au mur. Me briser, abandonner les morceaux, renaître.

Je me suis plongée dans un mois de thés, offerts par tant de belles personnes qu’elles sont toutes un peu ici, avec moi dans la chaleur et le silence, autour de mes tasses. J’ai une pensée selon la boite, aux jours avec Lui ou un colis reçu, c’est absolument impressionnant, tout ce qu’on peut ressentir en humant une odeur de thé.
Dimanche je le buvais avec Elle, dans un charmant salon de thé aux murs fatigués. Je vois sens le propriétaire des lieux cheveux blancs, il souhaiterait tellement boire un thé avec nous je crois ; je ressens un attachement envers lui et un besoin de l’aider si fort, nous avons dû, tous les trois, nous connaître dans une vie si ancienne que nous l’avons presque oublié.

Ce dimanche encore bien sûr parce que je vis toujours mille choses en moi lorsque nous nous rencontrons, Elle m’a dégagé la voie ou serait-ce la voix, une énergie qui s’est remise à circuler, l’écriture s’est débloquée dans son histoire, mon corps rêve ce que le cerveau ne lui permet pas.

Et puis ce dont j’évite tant de parler sur les réseaux tant chacun n’en peut plus de ce naufrage, je suis allée voter au premier tour, cette farce qu’on a tenté de nous faire avaler comme une évidence. Finalement davantage encore pantomime. Pour rien, je veux dire pour ce résultat. De quelle sagesse avons-nous manqué ? Que peut-on trouver dans les mots, pour se rassurer, que dirons-nous à nos enfants de ce futur qui s’annonce sans joie, ni pour l’humain ni pour la planète ? Mais qu’est-ce que vous avez dans les médias, les réseaux pour vous permettre une telle pornographie, une telle nausée à en enterrer le bon sens ? Croyez-vous donc qu’on en soit là sans vous, qui vomissez votre bêtise et à vous étonner ensuite d’un tel second tour ?
Je peux me permettre dimanche, de ne pas voter. M’abstenir. Je suis blanche, pas le moins du monde aisée mais pas à la rue, mariée à un homme, femme. Je ne crains rien, moi. Sinon d’être un peu plus écrasée en tant que femme, sans être dans la moindre minorité pour autant. Je ne vais pas me faire insulter dans la rue. Ni menacer de mort. Je peux voter blanc – Ah ! blanc comme ma peau – ou m’abstenir, et c’est si difficile pour moi quand je comprends tellement ce vote, de faire autre chose, de passer par un vote utile quand je m’étais promis que non, plus jamais. J’en ai une envie brûlante tant ça m’écorche de voter Macron. Je sais bien que dimanche, je ne vais plus pouvoir louvoyer, la contradiction violente qui m’étreint va sombrer face au bon sens. J’ai encore quelques jours où je peux me dire que je vais m’en tenir à mes valeurs. Laissez-moi rêver.

Oui. Ce mois d’avril aura été éprouvant, par bien des aspects. Je ne suis pas fâchée de l’avoir quitté – parce que je l’ai quitté, n’est-ce pas..?

 
 

Bilan musical
 


 

Bilan littéraire

Livres lus ce mois: 8
Le plus aimé (quelle écriture !) : Murmures à la jeunesse
Indifférence totale (pourquoi a-t-il été écrit ?) : Jeanne sans domicile fixe
Ennui-agacement : 24 heures de trop et Une vie en échange (me suis obstinée..)
Le plus léger (apprécié) : La mélodie des jours
Jeunesse (très bon) lu avec Prince : Le loup des sables, encore !
Bien-être (pour les herboristes, très bon) : La bible des plantes qui soignent

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

8 commentaires

  • Marie Kléber

    Oui avril est derrière nous – il parait qu’en mai tout est plus léger. Je l’espère pour toi en tous cas.
    Ecouter son corps devient essentiel pour moi ou alors la fatigue l’emporte et je ne me sens plus moi. Mais je comprends aussi ces envies de vivre, de découvrir, d’aller plus loin, plus haut.
    Certaines de tes lectures me tentent.
    Belle fin de semaine et joli mois de Mai, avec des sourires et des rires.

    • Dame Ambre

      Espérons ! J’avoue que le vote qui s’approche est loin d’être léger, du coup je doute un peu de ce mois frisquet et grisâtre..

      De voir ce qu’une personne peut faire, et ce que moi j’arrive à faire, c’est déprimant parfois :/

      Ah, je te conseillerais « la mélodie des jours », il devrait te plaire 🙂
      Douce fin de semaine à toi aussi 🙂

  • Cléa Cassia

    J’ai rattrapé progressivement tous les messages que tu avais posté entre mars et avril -j’avais pris un sacré retard.
    (Joyeux anniversaire en retard !)
    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire tes aventures en voiture et avec la tente de toit, dont je ne connaissais pas l’existence et qui m’a émerveillée.

    Par contre, je suis plus triste de lire que ton corps fait des siennes, j’espère que tu vas pouvoir te reposer et voir une amélioration rapidement.

    « J’ai eu la sensation que pour repartir, je devais tout casser. » C’est rigolo, moi aussi je prévois de tout casser sur mon blog, et même de changer le nom. Je suis à un tournant et il me paraît impossible de continuer avec les vieilles bases. J’ai envie de tout casser, de réorganiser, de garder les bons éléments et jeter les inutiles. Tout casser et reconstruire, différemment. Du changement et du renouveau, sans oublier les fondements.

    Concernant dimanche, mon premier instinct a été de ne pas aller voter. Puis, une fois le message des entrailles passées, et leur dégoût estompé, le cerveau et ses réflexions a pris le dessus et s’est fait une raison, j’ai hiérarchisé les priorités. Ma conscience m’empêche de me reposer sur mon voisin pour une décision si importante. À chacun sa décision en face de ses convictions et/ou priorités.

    Ces deux dernières semaines ont été assez lourdes, le poids des élections est étouffant, tout le monde paraît en apnée, les griffes sorties, prêt à donner un coup à la moindre alerte. Moi y compris, parfois.
    J’attends de mai de l’apaisement et du repos.

    Au plaisir de te lire,

    Cléa

    • Dame Ambre

      Merci ^^ Quelle constance, qu’avoir voulu rattraper ! Ah ça me fait penser que j’ai le dernier jour de notre voyage à relater 🙂

      Pour ton blog, j’ai des soucis d’affichage qui m’empêchent souvent de lire tes posts : les photos sont trop lourdes, et mettent trop de temps à s’afficher (du coup je suis en train de lire et soudain ça se décale parce qu’une photo s’affiche). Tu vois l’idée ?
      Pour l’exemple, je viens de regarder le poids de la photo sur ton dernier article, elle fait 211 ko, elle devrait être entre 15 et 40 max (dans tous les cas, ne pas dépasser 100 ko, même si c’est déjà beaucoup trop). (pardon, je ne veux pas t’embêter bien sûr, j’en profite juste pour te parler de ça).

      J’avoue, si j’avais dû voter dans la foulée, je posais un vote blanc (ou m’abstenait). Les deux semaines, ça aide à faire passer la pilule :/

      Doux we Dame 🙂

  • Cléa Cassia

    J’avoue que je ne m’étais absolument jamais posé la question du poids de mes photos sur mon blog, vu que ma connexion est très bonne je n’ai pas de problème chez moi.
    Il n’y a pas de risque de perdre en qualité ?
    Comment fais-tu pour les réduire ?
    Tu fais bien de me le signaler, je ferai attention pour les prochaines

    • Dame Ambre

      Avec plaisir 🙂 Ici j’ai une connexion dite de montagne : je suis en ville, mais mal desservie. J’ai une bonne connexion tant que c’est léger et.. qu’elle est là ^^’

      Oui on perd en qualité, maintenant je dirais qu’il faut le voir autrement : on pose sur les blogs une qualité pour le web, pas une qualité pour être imprimée. Du coup, tant que ça reste une bonne qualité pour les yeux le reste n’a pas d’importance : l’affichage rapide et léger doit être privilégié. D’autant qu’un téléphone n’a pas un débit fou, et qu’il faut penser à ses lecteurs-là aussi 🙂

      Je passe par un logiciel d’images. J’ai Photoshop par habitude, tu as Gimp qui est gratuit et libre. Là, on doit faire deux choses : d’abord, réduire la photo à la taille réelle de l’affichage sur ton blog. Si ton blog ne dépasse pas 800px de large, ça sert à rien d’avoir une immense photo qui dépasse, puisque ton blog redimensionne automatiquement (mais charge une graaande photo, et c’est donc plus lourd). Donc bonne dimension (actuellement, ton thème installé ne dépasse pas 721px de large 🙂 ). Ensuite, tu dois l’enregistrer sous format web (pas « enregistrer sous », le web). Et là, tu peux jouer avec la qualité photo, la descendre autant que tu peux tout en étant contente du rendu netteté 🙂 . Selon ma photo, je vais jusqu’à 40ko (c’est pas bien uh uh, mais je veux quand même qu’on voit pas les pixels :p )

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