Aujourd’hui une consigne



 

Profite bien, il a dit ça avec son beau sourire d’homme qui me fait craquer. Je me suis installée dans le canapé avec mon quatrième livre en deux jours – dont deux expédiés – et mon second livre de Anne-Laure Bondoux de la journée. J’ai lu La vie comme elle vient avec un petit pincement, enchainé avec Les larmes le l’assassin et enchaîné est le mot, je suis bouleversée, ne peut plus le poser, et je profite de cette histoire superbe comme on se noie : je m’accroche aux pages.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui une consigne
 
 

Ici, personne n’arrivait jamais par hasard. Car ici, c ‘était le bout du monde, ce sud extrême du Chili qui fait de la dentelle dans les eaux froides du Pacifique. Sur cette terre, tout était si dur, si désolé, si malmené par le vent que même les pierres semblaient souffrir.
Les voyageurs qui parvenaient jusque-là s’étonnaient de trouver une habitation. Ils descendaient le chemin et frappaient à la porte pour demander l’hospitalité d’une nuit. Le plus souvent, il s’agissait d’un scientifique, d’un géologue avec sa boîte à cailloux, ou d’un astronome en quête de nuit noire. Parfois, c’était un poète. De temps en temps, un marchand d’aventure en repérage.
Chaque visite, par sa rareté, prenait une allure d’évènement. La femme Poloverdo, mains tremblantes, servait à boire avec une cruche ébréchée. L’homme, lui, se forçait à dire deux mots à l’étranger, pour ne pas paraître trop rustre. Mais il était rustre tout de même, et la femme versait le vin à côté du verre, et le vent sifflait tant sous les fenêtres disjointes qu’on croyait entendre hurler les loups.

Anne-Laure Bondoux – Les larmes de l’assassin

 
 



 
 

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