Aujourd’hui présentation de


Elle a mon origine ma naissance ma terre, et c’est sa grâce sans doute qui m’attire ; ou alors est-ce sa légère couleur parme mêlée de noir et de blanc ? Ou encore le voyage qu’elle appelle dans ses traits griffonnés.. La Dame m’a chuchoté une joie discrète, toute à la confection je m’étonnais de la rapidité de mes doigts, du fil, et de ce mot qui tournait de pétillance et semblait ne pas m’appartenir, joie.
Je présente le tissu – enfin sa Dame -, bien plus que la création que j’en ai tirée, et pourtant elles sont là, joyeuses et douces, parfaites.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui présentation de
 


– A quelle heure vous avez votre coucher de soleil par ici ?
– En général, on arrive à le caser entre le jour et la nuit.

Terry Pratchett – Mortimer


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Je suis dans la répétition du froissement, du mouvement impossible. Les doigts se courbent grandement, cherchent une position étonnante, je les sens les effleure, je prends soin de ne pas les bouger trop vite. J’attentionise les phalanges. Est-ce la portée du regard trop focalisée ? Me suis-je détournée. Ou alors ce sont les mots que je n’écris pas, d’être partagée je me sépare, je prends deux routes magnifiques et différentes, je deviens deux – je rejoins alors la jumelle.
Le plus souvent je ne sais pas ce que mon corps veut dire, quand il se met à l’envers du désiré, en vigilance inversée. Je me suis levée, non j’ai amorcé le geste, et puis, quoi. Le genou est parti dans la direction opposée de mon corps, de mon idée, la jambe vers la gauche le genou vers la droite. Je ne sais pas avancer tout droit, je prends deux chemins dans l’instant, et je me perds sur un claquement – mais qu’est-ce qui crève, encore. Je n’y ai pas prêté grande attention une fois la douleur partie, était-ce un tort, dois-je vraiment faire cas de tout ce qui lâche, se déchire, se froisse ? Un petit bleu, deux petits bleus, trois petits bleus sont finalement apparus dans la soirée, je ne posais plus la jambe, et malgré mes huiles aujourd’hui il y a toute une difficulté de déplacement, un manque d’air soudain quand. Je suis clouée dans le lit sur la chaise aux béquilles à la souffrance, et c’est si pénible le clou le marteau la douleur, les épines s’enfoncent sur la fin de journée : il est toujours plus difficile d’y rester debout. Je ne me souviendrais pas ce soir, j’endormirai mes rêves avec la feuille chanvrée, me dissoudrai dans l’odeur si particulière, concentrée et intacte – je ne m’envole pas, quel déplaisir c’en est parfois. M’envoler puis écrire de là, voilà qui serait charmant.

 
 

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5 commentaires sur “5”

  1. J’aime beaucoup Camélia Jordana, son timbre de voix m’a toujours beaucoup séduite.
    Je ne connaissais pas cette chanson, elle va bien à sa voix.

    « tout ce qui lâche », ça ferait un joli titre de livre ou de film.

    J’espère que le genou va mieux, c’est pénible ces choses-là…

        1. Je ne la connais pas je vais chercher merci 🙂
          Non j’attends que ça passe 🙂 Avec tous mes problèmes articulaires et musculaires, je serais greffée à la salle d’attente du médecin ^^ » Là il me semble que ça s’améliore.

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