Aujourd’hui prouve que le sol remue


Nous avons vacillé de vent, les murs et les papiers, le sol et les poussières. Les fenêtres ondulaient et les rideaux volaient, l’air courait d’une ouverture à une autre. Les arbres se courbaient, les portes claquaient dans nos sursauts. Il fallait le vivre encore, alors j’ai bousculé les jouets dans un même mouvement, nous avons trié, empilé, jeté, mis de côté. La pièce s’est mise à respirer comme une terre qui se soulève et laisse apparaître ses racines : elle disait le séisme et pourtant il y avait ce chant final, un apaisement certain dans l’air du monde, parental, sans aucun doute.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui prouve que le sol remue


On croit que, lorsqu’une chose finit, une autre recommence tout de suite. Non. Entre les deux, c’est la pagaille.

(…)

Hiroshima se recouvrit de fleurs. Ce n’étaient partout que bleuets et glaïeuls, et volubilis et belles-d’un-jour qui renaissaient des cendres avec une extraordinaire vigueur, inconnue jusque-là chez les fleurs.
Marguerite Duras – Hiroshima mon amour

fleur blanche Aujourd'hui prouve que le sol remue
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J’avais envie voilà, des deux citations, des deux extraits. Je n’ai pas lu le livre, je ne l’ai pas trouvé. Je crois, je ne l’avais pas cherché. Il est étrange parfois de passer autant à côté de ce que l’on souhaite. Je le dévorerai bientôt, sans doute entre Léonora Miano et George R. R. Martin. Je lis moins ces temps, il me semble que d’avoir voulu m’approcher d’un livre en anglais, cela m’a fait ça, ralentir. Je n’ai jamais vécu cela. Je lis comme on dévore, je lis je m’immerge je m’absente, je vis les personnages de l’intérieur. Mais en anglais ? Je peine. Je m’obstine pourtant, il n’est pas dit que je n’irai pas au bout des 764 pages. J’imagine qu’il me faudrait la même opiniâtreté pour la correction de mon manuscrit, je n’y suis pas.

Le chat me manque, toujours. A jamais sans doute. Comme ma belle minette avant lui. Je fais mon chemin, la tristesse reflue. De légères vagues, par instants, submergent les terres, et puis les fleurs. Doucement, les fleurs.
Je reviens.
 
 

10 commentaires sur “10”

  1. J’ai lu tous les George RR Martin en anglais, je les ai dévorés, au début c’était un peu dur c’est vrai mais une fois que j’étais dedans je n’en suis plus sortie. C’est une belle aventure.

    1. Oh la la ! Et c’étaient tes premiers livres en anglais ?
      Je ressens, pour le peu que j’arrive à avancer, à quel point cela n’a rien à voir avec l’écriture que j’ai lu en français (quelle traduction lamentable).

      1. Non c’est n’était pas les premiers mais peut-être bien les plus gros.
        Oui l’anglais a une autre saveur il me semble. Quoique le peu que j’en ai entendu à la télé m’avait l’air pas si mal notamment pour les noms de lieux. Cela dit il me semble qu’il a été retraduit en cours de route.
        De mon côté une fois que j’ai découvert une oeuvre en version originale il m’est impossible de revenir à la version française.

        1. Les plus gros, tu m’étonnes ^^
          Je crois effectivement, que cela s’est arrangé ensuite. Les noms étaient bien traduits, le souci était surtout sur la qualité d’écriture : elle était fade. Comme si un peu l’auteur écrivait mal. Cela a fait râler nombre de fans ^^

          1. Oui ! Mais il faut se rappeler que le premier tome date des années 90, et à l’époque il a dû être traduit comme n’importe quel bouquin sans savoir qu’il deviendrait une référence, donc pas avec une attention particulière

              1. Je suis tout à fait d’accord. Mais de part mon métier et mes conditions de travail, j’ai compris qu’on ne devait jamais juger trop sévèrement une traduction sans savoir les conditions dans lesquelles elle a été demandée et le tarif auquel elle a été payée. Les délais sont souvent ridiculement court et il est impossible de faire vraiment du bon travail en travaillant dans l’urgence.

                1. Je sais, et je comprends. Je persiste (forcément ^^) dans le « je n’aimerais pas être traduite ainsi », mais en effet c’est ce qui est autour qui est (plus que généralement) en cause. Tout métier devrait se faire dans des conditions décentes..

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