Aujourd’hui un défile de


Exceptionnellement, un concert.
Une dédicace spéciale pour Blanche
(même si ce sera moins intéressant parfois, musicalement ; je n’ai pas tout aimé)

 


J’ai défilé les pages dans la lumière déclinante, je ne décrochais plus des corps, de la féminité, de la douleur aussi de l’autre sexe, il me semble j’embrassais jusqu’aux mots et pourtant je suis mariée, mariée à l’homme merveilleux qui partage mes nuits, je m’offrais cet écho de jouissance, un chemin de possible qui n’est pas, il n’était que lecture, je ne suis même pas attirée, j’ai défilé les pages les mots les gestes sans savoir si peut-être, une autre vie, j’aurais.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui un défile de


(..) je pensais à l’instant où, me quittant à quelques rues de la maison, Masasi m’avait serrée contre elle, s’était lovée contre moi, je ne sais pas décrire ce que j’ai ressenti, une paix joyeuse qui m’a donné envie d’enfouir mon nez dans le creux de son cou, de lui lécher la peau, je me suis, je ne sais pourquoi, imaginée, visualisée en train d’exécuter ces gestes, j’en ai été troublée, nous sommes convenues de nous revoir, l’avons fait, plus souvent que je ne l’aurais cru possible, (..) la première fois que nous avons fait l’amour j’ai joui dans un sanglot, heureuse de n’être pas passée à côté de moi-même, de m’être rencontrée, frissonnant à la pensée que cela aurait pu ne pas se produire (..). Ce que j’ai à te dire aujourd’hui…c’est que j’ai trouvé ma tranquillité, « ma personne », au coin d’une rue, là où la ville débouche sur le quartier des femmes sauvages, ce lieudit Vieux Pays, et, du fond du cœur, je voudrais que tu connaisses cela, mon ami, toi aussi, un jour, je voudrais que tu n’aies pas assassiné tes possibles.
Léonora Miano – Crépuscule du tourment

fleur deux chemins Aujourd'hui un défile de

 
 

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