Aujourd’hui ce qui a été le plus court


Je crois bien que ça a duré une éternité, au moins quinze minutes. Peut-être seize. C’est court, c’est long, je voulais être ailleurs et nous ne partions pas. L’asociabilité qui est mienne est souvent difficile à vivre, je n’ai même pas réussi à dire bonjour à la moitié des collègues de mon mari, alors je l’ai dit mais de loin et j’ai stressé comme une folle de tous ces visages tournés vers moi. Il faut bien l’être, pour avoir peur de douze personnes, je suppose. J’ai fui ce court instant au goût d’éternité, j’ai fui et tremblé. Folie.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui ce qui a été le plus court

Je crois que c’est ça, un artiste. Je crois que c’est quelqu’un qui a son corps ici et son âme là-bas, et qui cherche à remplir l’espace entre les deux en y jetant de la peinture, de l’encre ou même du silence.
Christian Bobin – L’Épuisement

mante religieuse Aujourd'hui ce qui a été le plus court
22 juillet 2017 – elle me surveille

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Hier je disais que je n’aimais pas cuisiner, et j’ai manqué d’exactitude. J’aime. La répétition de l’acte m’est difficile, son obligation également. Mais cuisiner, j’aime. Bien sûr. Cette après-midi j’ai préparé un gâteau à l’amande en mêlant deux recettes trouvées sur internet et voilà précisant ce qui m’est si plaisant : m’inspirer, faire à ma manière. Et nous régaler, cela va sans dire. Je ne sais pas imaginer la cuisine autrement qu’à l’inspiration. Nous l’avons mangé trop vite, alors il n’y a pas de photo.

Nous nous sommes rendus à la médiathèque, juste avant l’épreuve sociale à l’entreprise de LeChat. Sur notre route, nous traversons un pont aux eaux largement énervées en période de pluie. Et ces temps souvent, il pleut. Suffisamment pour que la Couze est un niveau respectable. Sur les berges, mon regard a été attiré par un mouvement et j’ai découvert avec joie qu’elles abritaient des ragondins, je n’aurais jamais pensé cela possible en pleine ville. Nous avons observé longtemps l’un deux prenant un bain rafraîchissant – la chaleur nous essorait. Ce fut un instant magique, répété sur le retour où nous en avons découvert deux.. ah que mon appareil photo me manque, dans ces cas !

 
 

4 commentaires sur “4”

  1. J’aime beaucoup l’extrait de Christian Bobin que tu nous proposes. Il est très beau, et sonne très juste. Et, à vue de pixel, il te sied comme une tournure sur mesure.

    Ces petits moments privilégiés où l’on surprend la vie sauvage là où on ne l’attend pas, c’est toujours incroyablement doux et poétique, je trouve. Je crois que la dernière fois que cela m’était arrivé, il s’agissait d’un héron, en plein parc de région parisienne, un samedi matin.

    Je me permets de t’envoyer une brassée d’ondes positives – même si, il est vrai, cela peut paraître incongru venant d’une inconnue.

  2. Je te remercie beaucoup.. je me sens très appelée par cette citation, elle fait écho en moi, tellement !

    Oh ! Un héron dans Paris mais quelle merveille !

    Merci Dame, je prends la brassée, les ondes et le positif <3 (rien d'incongru, je t'assure 🙂 )

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