Aujourd’hui juste un seul mot


 

Enfant.
D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui juste un seul mot


– On fait quoi ? questionna la petite (4ans).
– Tu peux jouer, répondit Sauveur en lui désignant la table basse, les crayons de couleur et les caisses en plastique.
– Ah ! J’ai son iPad dans mon sac, intervint la maman, sur le ton de « où avais-je la tête ? ».
– Son iPad ? Pour quoi faire ?
– Elle va s’occuper pendant que nous parlerons, répondit madame Foucard, un peu surprise de devoir mettre les points sur les « i ».
– Il s’agit de jouer, pas de s’occuper.

Sauveur et fils, Saison 3 – Marie-Aude Murail



hibou court Aujourd'hui juste un seul mot

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Le mot du jour aurait aussi pu être, explosion. De joie, de cris, de jeux. Mais il aurait été un peu limitatif, vous auriez pu penser que c’était moi, que j’avais explosé, que je me retrouvais être en colère. Je n’en suis pas encore là, je suis même à l’opposé, un peu euphorique de tout ce qui me traverse d’idées. Non, il s’agit désespérément des enfants, pas de moi.
Hibou est revenu de chez ses grands-parents, avec des bonheurs et des tensions à partager généreusement. Dans un sanglot-soupir, il a lâché que les câlins lui avaient manqué, et que dans la nuit avec les yeux grands ouverts, il faisait drôlement noir. Ça avait l’air bien inquiétant, la nuit, dans le noir, sans câlin. Il est arrivé en disant non à tout ce qu’il pouvait, compliquant une situation où LeChat, épuisé par huit heures de route aller et retour sur la même journée, n’avait plus de patience et rêvait de s’allonger, d’enfants qui ne faisait pas d’histoires, et d’un repas déjà prêt (qui ne l’était pas davantage que nos enfants n’étaient conciliants, j’ai bien cru que la soirée tournerait mal). L’explosion a bien eu lieu, pour chacun d’eux, et c’est finalement redescendu avec un câlin à chacun – il faut savoir être généreux, avec les câlins.


Il a failli être sanglot.
J’ai relevé la tête des deux livres de Marie-Aude Murail et je ne me sentais pas très bien de ce qu’elle a remué, l’air de rien dans le dernier tome de Sauveur. Superbes livres que je vous conseille fortement, ne passez pas à côté de ces pépites.. Moi, je suis désespérément accro à cette histoire de psy et tous ces enfants et parents qui se débattent avec le réel, et je voudrais vraiment que la suite soit encore à lire, et non déjà lue – oui absolument, je suis désespérée, je vais devoir me trouver d’autres livres. Et afin de rompre correctement avec cette belle lecture, il me semble bien que je vais me diriger vers le livre de Jacques Mesrine – ne cherchez pas, ce type m’a fascinée longtemps.


Il aurait aussi bien pu être coupure.
Pour toutes les fois où internet se sauve – dans la montagne et sous une cascade, peut-être, au vu de la chaleur. Juste comme ça, sans prévenir, pouf. Ce n’était déjà pas forcément brillant avant, et depuis une dizaine de jours c’est intenable, la connexion ne tient pas et je perds ma patience sur la musique qui se tait soudainement. Savoir que bientôt nous aurons la fibre ne m’aide pas forcément dans la patience de la chose, est-il possible que la technologie m’ait à ce point attrapée par les nerfs, que je m’agace ainsi ? Je n’en suis pas forcément fière. Je réfléchis à une manière d’être moins connectée, davantage ancrée dans le présent – je me leurre, sans doute.
 
 

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