#366 réels

Aujourd’hui comme si vous l’aviez vécue avec quelqu’un d’autre, mais qui ?


Il y a peu de journées que je passe en ma compagnie. La plupart des nuits je ne suis pas là. Petite, les instituteurs notaient On ne l’entends pas, est toujours dans la lune ; je n’ai jamais su comment ils savaient même si finalement la lune, elle était dépassée depuis longtemps. Alors évidemment je passe complètement à côté des gens. Aujourd’hui j’ai revu une connaissance-copine-quelque-chose pas vue depuis plus d’un an, et bien je ne voulais pas être là. Alors. Je n’ai pas été là. On s’est dit bonjour et nous nous sommes quittées, elle sur le banc et moi au bord du monde.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui comme si vous l’aviez vécue avec quelqu’un d’autre, mais qui ?

 


De nos jours le meurtre va plus vite que le son : de nos nuits, il nous semble qu’il est trop tard pour demeurer ici vivantes, on n’existe plus vivant ici.
Hélène Cixous – L’Heure de Clarice Lispector

 

insecte bleu rouge Aujourd'hui comme si vous l'aviez vécue avec quelqu'un d'autre, mais qui ?
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J’ai inhumainement mal dans le corps et puis cela s’échappe sans raison, avec mes idées, avec mes envies, pendant quelque temps indéfinissable. Je me reviens comme si je m’étais oubliée, la souffrance évanouie et la mémoire vieille. Je contemple un vide étrange où la douleur n’est plus. Alors je tiens mes listes je tiens les mots, je me souviens que je survis et qu’il y a dans ce fait une chance incommensurable : je peux en témoigner, même si trop souvent je ne sais plus qui je suis, je peux me tenir sur des virgules et un jour me souvenir, bien plus tard, que j’aime être la personne que je suis.

 
 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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