C’est quoi pour vous la douleur

Je voudrais figer les instants dans toutes les fenêtres. Saisis dans leur friabilité, leur respiration hachée. Une éternité sans vie . je suppose c’est long, une humanité de douleur déchirée.

Je pleure. Je suis traversée . transpercée. Je ne résiste plus, c’est si . particulier. Dans la nuit j’ai hurlé sur ma cheville déplacée dans un mouvement, un sursaut d’éveil arraché. Il me semble parfois que je vais en crever, je vais tomber là sur un trottoir et je vais en crever. Le temps est plus lent, dans la douleur. Je ne sais plus bien si je suis à l’étroit ou si le monde est trop vaste, si j’ai mal de me perdre ou d’être enfermée. Je me cogne à l’incohérence de souffrir. Si le monde ressentait mes points de rupture, si vous étiez atteint, tous, chacun, à vous frapper contre les murs ou à sauter de toutes les fenêtres juste pour que ça cesse, il me semble que l’humanité ne survivrait pas. J’ai manqué rire en lisant certains aujourd’hui, j’ai manqué pleuré sur tout ce que vous ne savez pas, la souffrance vous ne savez pas. Ceux qui savent, vous survivez comment . comment.
Instant après instant. On tient combien de temps, instant après instant.
Ce n’est pas seulement que je vais en crever, c’est que je le souhaite. Une fin. Un mur, un mur où lorsqu’on se jette dessus tout se fige, un mur contre lequel s’imprime la souffrance. L’écrire a-t-il un sens.

Je vais vous faire semblant, de toute façon je n’en finis pas de faire semblant, de dire ça va, c’est à peu près, j’ai mal, je ne pourrais jamais vous retransmettre. Je vais me lisser jusqu’à disparaitre la torture . la solitude y est infinie. Je voudrais me taire. Ne plus pleurer. Ne plus . rien.