Je le dis beaucoup sur plusieurs heures, ça va, il se prononce en demi-teinte avec la douceur des soupirs. Le corps réapprend à se mouvoir, j’aime ces instants où la vie s’installe en demi-vérité-mensonge-réalité. Je ne m’étire pas encore comme les chats, une certaine douleur en présence empêche les grands mouvements – oh ce cou que je ne peux bouger correctement sans souffrir. Pourtant toute une lumière me revient, entre chaque vertèbre l’apaisement se cherche. Demain alors, je reprends une vie, en demi-douleur sans en dire mot . il faut bien taire le vide, la perte de sens et de soi.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui demi-vérité

 


Excusez-moi… C’est difficile à dire… Ici les mots ne changent pas de forme mais de sens… de fonction… Vous voyez, ils n’ont plus de sens à eux, ils renvoient à d’autres mots qu’on ne connaît pas, qu’on n’a jamais lus ni entendus… dont on n’a jamais vu la forme mais dont on ressent… dont on soupçonne… la place vide en soi… ou dans l’univers…
Marguerite Duras


racines arrachées mêlées
ܟ

Je n’en dis rien de ce thème, je tourne autour comme pour beaucoup de ces autres mots que j’écris un peu chaque jour et qui ne vont au fond de rien. C’est cela finalement, cette demi-vérité, c’est tout ce qui se dit dans l’ombre de ce qui est tu, cet ensemble de silences légèrement avancé, cette peine que je ressens à me sentir si loin, sans accroche, seule face à la multitude. Ce déséquilibre devant les apparences..
 
 

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